L’OL à deux contre onze

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Mais où va l’Olympique Lyonnais ? Aucune victoire et dix buts encaissés sur les quatre derniers matchs de championnat, l’OL laisse les Girondins de Bordeaux prendre le large au sommet de la Ligue 1. Malgré un très grand Lisandro et un Lloris qui a retardé l’échéance, c’est le collectif lyonnais qui a explosé sur la pelouse du Stadium Nord Villeneuve d’Ascq ce dimanche soir. Et pourtant, la majorité du onze du LOSC était de la leçon reçue à Valence en milieu de semaine. Retour sur le grand match de cette 16ème journée de Ligue 1.

De la déroute de Mestalla, ils sont en effet huit lillois présents au coup d’envoi de la rencontre. Conservant son 4-3-3 habituel, Rudi Garcia fait entrer Debuchy, Vandam et Obraniak remplacent respectivement Emerson, Béria et Hazard. Comme face à Valence, les Nordistes démarrent la rencontre pied au plancher, Balmont, Mavuba et Cabaye se jetant comme des morts de faim sur le porteur de balle lyonnais. Et comme face à Valence, ils se font prendre sur le côté droit de leur défense au bout de seulement deux minutes de jeu : Gomis, qui travaille en soutien de Lisandro, s’extirpe du pressing et sert Kallström qui lance Lisandro dans la surface. L’Argentin ne se fait pas prier et ouvre le score pour l’OL. Les souvenirs de Mestalla réapparaissent dans les esprits lillois qui abandonnent leur esprit conquérant habituel. Dans l’entrejeu, le quatuor lyonnais, très axial, encadrent sans souci le trio lillois.

Il faut attendre une dizaine de minutes pour voir le LOSC ressortir la tête de l’eau. Sans doute mis en confiance par les errements de la défense lyonnaise sur les prises de profondeur de Gervinho, le bloc lillois fait reculer et étouffe son adversaire. Dans l’engagement, Balmont et Cabaye explosent littéralement Makoun, Pjanic et Kallström ; devant, les trois attaquants lillois ont constamment un temps d’avance sur la défense lyonnaise. Plus vifs, plus agressifs et tout simplement mieux en place, les hommes de Rudi Garcia prennent le match en main et ne le lâcheront pas de sitôt. Lyon s’en remet au talent de Lloris pour conserver son avantage et au travail de Gomis et Lisandro sur la charnière centrale lilloise pour souffler un peu. Sur l’un de ses longs ballons, Gomis obtient un coup-franc. Pjanic le frappe, Obraniak le repousse de la main. Penalty. Lisandro s’offre le doublé. 2-0 pour l’OL. Pour le KO ?

Et non ! Sentiment d’injustice ou véritables certitudes dans leur jeu, les Nordistes repartent à l’abordage malgré ce second coup de poignard du meilleur joueur de l’OL. Pas plus serein qu’à 1-0 en sa faveur, le bloc lyonnais craque trois minutes après le 2-0 sur une petite faute de main de Lloris, irrégulier depuis le début de la partie. La rencontre se hache : dépassés dans l’axe, les Lyonnais multiplient les fautes et ce n’est pas un hasard si Makoun récolte le premier avertissement de la rencontre. Aux alentours de la demi-heure de jeu, l’intensité des débats baisse quelque peu mais le LOSC ne laisse pas à l’OL la moindre chance de reprendre la main, malgré le score. Les problèmes défensifs lyonnais sont flagrants : Boumsong et Cris ne se complètent absolument pas, Réveillère est dépassé à chaque accélération et l’on voit Govou venir fermer un centre au second poteau alors qu’Obraniak arrivait seul dans la surface.

35ème minute de jeu : Lille domine Lyon mais Rami et Chedjou ne résolvent pas le problème Lisandro. L’Argentin ressort de sa boîte et s’inspire du Valencien Mata pour inscrire son troisième but de la rencontre. Le LOSC prend enfin un coup derrière la tête. Erreurs techniques, mauvais choix, précipitations, les Lillois retrouvent leurs faiblesses entrevues à Valence pendant la semaine. L’énervement pointe à l’horizon : Chedjou sort quelques semelles et les fautes se multiplient. A la mi-temps, Lyon s’en sort comme la saison dernière, grâce à son gardien et son avant-centre. Pour le reste, c’est d’une pauvreté déplorable et le faux-rythme de la reprise n’y change rien. Même lorsque le tempo peut permettre un retour du collectif lyonnais, celui-ci en est incapable, la faute sans doute à une défense qui offre des brêches hallucinantes aux attaquants Lillois, constamment en supériorité numérique dans la surface de réparation de Lloris.

Sur un ballon en profondeur, Gervinho fausse compagnie à Boumsong et pique son ballon au-dessus de Lloris. Quatre minutes plus tard, le portier de l’équipe de France évite l’égalisation d’une magnifique horizontale. A l’approche de l’heure de jeu, Ederson remplace Gomis poste pour poste, en soutien de Lisandro. L’entrée du Brésilien soulage les autres milieux lyonnais qui, avec une solution supplémentaire, réussissent enfin à conserver le ballon sur quelques phases de passes courtes. De son côté, Garcia joue son va-tout (comme à Valence) : Hazard et de Melo prennent les places de Balmont et Frau. D’entrée, le Brésilien asseoit sa domination dans les airs sur Cris et Boumsong et oblige Lloris à s’employer sur un corner. Combinant plein axe, les deux hommes fixent les milieux défensifs lyonnais et décalent leurs joueurs de couloir. Debuchy en profite et déborde Gassama qui se jette désespérément. Penalty, transformé par Cabaye. 3-3.

Dans l’euphorie, Chedjou offre un ballon de 4-3 à Lisandro mais Landreau sauve les meubles. Le sérieux reprend ses droits dans les rangs du LOSC et l’OL reperd (définitivement) le fil au milieu de terrain. Hazard abandonne l’axe à Obraniak et va sur l’aile gauche pour tester le tendre Gassama. Sentant le danger, Puel remplace son latéral droit en faisant rentrer Clerc. Cette réponse, ponctuelle, ne change en rien les problèmes défensifs de l’OL. Makoun, Kallström et consorts sont constamment pris de vitesse par les remontées de balle des Lillois qui se créent plusieurs situations de quatre contre quatre face au back four lyonnais. Mais Lloris tient bon derrière. Et il le faut, car devant les Lyonnais ne réussissent à tenir le ballon qu’après des coups de pied arrêtés résultant de longs ballons. Impossible de sortir le ballon proprement. On arrive à la dernière minute de jeu, Hazard profite d’une erreur de Clerc pour filer au but et servir Gervinho qui offre la victoire aux siens.

Lyon s’incline après avoir encaissé un 3-0 en 45 minutes : deux individualités contre un collectif, au bout d’un moment, cela ne pouvait plus tenir. Dépassés dans tous les domaines, les Lyonnais peuvent s’inquiéter à une semaine de la réception de Bordeaux. Symbole des difficultés actuelles, la charnière centrale Cris-Boumsong me paraît salement orpheline de Toulalan en sentinelle : Makoun n’a ni le niveau physique et technique, ni la conscience tactique pour jouer à un poste aussi clé du bloc défensif. Au passage, si quelqu’un a réussi à déchiffrer le projet collectif de l’OL sur ce match, qu’il n’hésite pas à m’en faire part en commentant cet article. Côté Lillois, il faut relever l’excellent match du trio de l’entrejeu et les entrées utiles de Hazard et De Melo en deuxième période. Par contre, comme à Lyon, la défense Rami-Chedjou ne me paraît pas être un gage de sécurité mais d’un autre côté, ils n’affronteront pas Mata et Lisandro toutes les semaines.

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