[L1 - 36ème journée] Un mercredi soir sous la pluie

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C’est donc fait ! Après la Coupe de la Ligue, Marseille est allé au bout des similitudes du Bordeaux de l’an passé en décrochant le titre de champion de France. En faisant mieux même puisqu’ils joueront deux rencontres pour du beurre. Dommage pour les supporters, ils devront faire la fête sous la pluie ce soir… et aller bosser demain. Ou pas ! Pour cette review de la 36ème journée, j’ai décidé de soulager les supporters des dix-neuf autres équipes : aucun mot sur le nouveau champion. De toute façon, j’avais déjà tout dit dimanche soir (pour le constater, cliquer ici).

Je vais commencer par un petit retour sur mon craquage « pronostic » de fin d’après-midi. Je m’étais pourtant bien dit qu’il fallait que je laisse ça aux experts du Bistrot des Pronos. Le bilan est en effet catastrophique avec un pauvre 3,5/10. La virgule s’explique par mon incapacité à choisir entre le 1 ou le N pour le match Lorient/Monaco. Bon allez, on n’est pas à ça près : 3/10 donc. Moche, très moche. En plus, j’ai eu bon sur un match dont tout le monde se foutait : Lens-Grenoble. Sinon, je n’ai plus qu’à en vouloir à mort aux Bordelais et aux Rennais pour ne pas avoir su convertir leurs opportunités au bon moment. En revanche, je remercie chaleureusement l’Olympique Lyonnais et le LOSC qui ont tenu leur rang dans la course au podium… Même si ils fossoient indirectement ma précédente annonce d’Auxerre en Ligue des Champions. Après celle du titre, je sais. Que voulez-vous, les pronos, c’est pas mon truc ! Pour vous marrer, ma brêve du jour.

OM, OL, LOSC, le bon tiercé ?

Je ne vais pas recommencer mon mea culpa sur l’AJA sur le podium, je viens de le faire. Après cette 36ème journée, la donne a salement changé. La victoire de Lyon sur les Bourguignons a complètement relancé les courses aux deuxième et troisième place. Avec son match en retard face à Monaco, l’OL est aujourd’hui le mieux placé pour aller chercher la place de dauphin de l’autre Olympique. Pour le prochain championnat et les envolées de nos grands médias favoris, ce serait l’idéal. J’imagine déjà Grégoire Margotton nous teaser son « Olimpico » un ou deux mois à l’avance en commentant un PSG/Sochaux comptant pour la course au maintien. Pour les fans du mercato (mercatix pour les intimes), ce serait tout aussi énorme ; les deux clubs seraient souvent présentés comme étant sur les mêmes dossiers pendant l’été, histoire de faire monter la rivalité avant l’heure. Tout bénef pour le journaliste sportif !

En revanche pour un autre type de fan de football, la deuxième place de l’OL ne serait pas forcément la meilleure chose qui puisse arriver. Ce gars-là, c’est le féru de chiffres, de statistiques et donc de… coefficient UEFA ! On réfléchit deux petites secondes pour s’en persuader. Que ce soit Lille ou Auxerre qui accrochent la troisième place, ces deux équipes ne seront pas têtes de série lors du tour préliminaire et auront donc des chances énormes de tomber sur un gros morceau (bien que certains soient absents du prochain plateau). Lyon troisième, c’est à première vue l’assurance d’avoir une équipe expérimentée et qui sera taillée pour réussir son entrée dans la Ligue des Champions la saison prochaine. Et par conséquent, l’assurance d’avoir trois équipes françaises à suivre lors de la prochaine phase de poules de la Grande Coupe. C’est intelligent hein ? Et puis les journalistes trouveront un moyen de monter en épingle la rivalité OL/OM quoi qu’il arrive alors bon…

Bon, et moi dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense ? Au moment où la lutte était la plus indécise, je craignais de voir Marseille seul en C1 avec deux « seconds couteaux ». Lyon a fait le boulot très sérieusement pour se relancer et nous évitera une saison peut-être blanche au niveau européen (je vous renvoie encore à mon article sur l’OM de dimanche soir où j’évoque mes inquiétudes concernant le futur européen des Marseillais). Avec la fin de cycle qui se profile à Bordeaux après le départ de Laurent Blanc (question de temps), le fait que ce soit Lille qui prenne la dernière place est peut-être la meilleure chose possible pour le football français. Entre leur nouveau stade, le projet ambitieux autour de Rudi Garcia, leur centre de formation dernier cri (il paraît non ?) et surtout Eden Hazard encore au club pour une ou deux saisons, le LOSC a tout pour se faire enfin une place aux côtés des grosses équipes du championnat.

La Metz est dite !

Titre fait et refait mais toujours efficace lorsqu’il s’agit d’évoquer le bas du classement. Respectivement battus par Nancy et Saint-Etienne, Le Mans et Boulogne sur Mer rejoignent Grenoble dans l’ascenseur vers la Ligue 2. Un vrai coup d’arrêt pour les Manceaux mais qu’ils pourraient compenser par une remontée directe : le souffle du nouveau stade, du nouveau nom et toutes ces autres bêtises marketing. Et puis la ligne de défense uniquement physique, ça marche en L2… Boulogne retourne à sa place ; on verra s’ils réagissent comme Guingamp ou Châteauroux en leur temps, quelques saisons à la lutte pour remonter avant une plongée dans l’anonymat… Et une lente descente vers le National. Pour Grenoble, les Japonais aideront-ils ? Enfin, on s’en fiche un peu. Caen remonte, Brest aussi (je vais découvrir des reportages sur l’ancien dernier club du foot à papa !). Arles-Avignon aurait pu mais s’est raté à Châteauroux. On attend donc pour le dernier ticket.

Et voilà pour cette 36ème journée. Après le champion lors de la 35ème, les trois premiers et derniers sur la 36ème ; attendez-vous à du grand n’importe quoi pour les deux dernières reviews. Les équipes sans ambition, les équipes qui ont tout perdu, les équipes qui se sont ramassés, le ventre mou a des choses à nous dire, croyez-moi ! Ou pas, ça sera peut-être ennuyeux à mourir. Dans ce cas, au moins, vous éviterez des pages et des reportages sur la Canebière. A vous de voir.

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4 comments to [L1 - 36ème journée] Un mercredi soir sous la pluie

  • Deschamps, la victoire est en lui

    « La Dèche« . Rarement un surnom aura été si mal porté. Car Didier Deschamps ne porte pas vraiment la poisse. En tant que joueur, dans les clubs où il a évolué, comme en équipe de France, il a vécu un parcours quasi-parfait. Des titres comme s’il en pleuvait. Une sorte d’arbre à guirlandes de trophées. Un recordman de France, même.

    Deschamps n’a pas été un artiste du jeu, loin s’en faut. Il a été un demi défensif, comme on avait dans le temps tendance à désigner les tâcherons du ballon rond. Mais dans tous les métiers, les plus ingrats soient-ils, il y a toujours quelqu’un qui sort du lot. Qui brille en quelque sorte dans l’obscurité. Et s’il fallait désigner le milieu de terrain le plus altruiste, le plus combatif, le plus acharné de l’histoire du football français, c’est sans doute lui qui figurerait en haut de la liste.

    Mais Deschamps a aussi et surtout, à Nantes, à Marseille, à la Juventus et chez les Bleus, eu de l’influence sur ses camarades. Beaucoup. Au point d’en être le meneur, le chef, le capitaine naturellement, voire plus encore. Tout le monde sait désormais que la France possédait deux entraîneurs lors de la Coupe du monde 1998, Aimé Jacquet et son numéro 6.

    Qui pouvait donc mieux que Deschamps passer aussi lumineusement du rôle de joueur à celui d’entraîneur ? Combien de fois avait-il en tant que joueur décrypté la tactique adverse et remis en place ses dix partenaires pour changer le cours d’un match ? Retraité des crampons en 2001, la fonction de technicien était faite pour lui.

    Il choisit Monaco. Première saison délicate. Relations tendues avec le président Campora et avec quelques grandes gueules (Simone). L’échec n’est pas son truc, il le transforme en expérience pour rebondir. Avec sa méthode, faite à la fois de dialogue – quitte à enrober ses vérités de grosses ficelles – et de fermeté. Car une équipe qu’il dirige ne peut que lui appartenir pleinement, il le prouvera à Marseille. Dès sa deuxième année sur le rocher, il amène ses hommes sur le podium du Championnat, où ils resteront encore les deux fois suivantes. Puis c’est la finale de la Ligue des Champions en 2004. On n’a pas fait même aussi bien depuis dans l’hexagone. Pas mal pour un débutant.

    C’est ensuite le retour à la Juventus. Pas de pot, la Vieille Dame vient d’être reléguée après un immense scandale de corruption dans le Calcio, dans lequel elle a été très largement impliquée. Un titre tout de même, celui de la série B.

    Deschamps prend alors du recul tout en restant dans le milieu. Consultant. Sympa, des matches à observer et pas d’inscription au chômage. Et puis Marseille en 2009. Quelques premiers temps très très délicats dans un club où le volcan ne dort jamais. Il met les points sur les i. Il reste avec tous les pouvoirs sportifs ou il s’en va. On le prie de ne pas partir. Et il bosse. Il recrute, il écarte des joueurs. Il façonne, il construit son OM. Jusqu’au titre de champion de France de ce 5 mai 2010, suivant de quelques semaines la victoire en Coupe de la Ligue.

    Voilà, je cherchais le mot. Cet homme-là est un gagneur.ReplyQuote

  • Encore heureux quand on a ce parcours. Mais y’a des ombres à tout les tableaux. Au sien aussi.ReplyQuote

  • [...] Je vais plutôt terminer par la course à la deuxième place puisque cette 37ème journée a été celle des chamboulements. Accroché par Lens, Auxerre se laisse glisser à la troisième place mais conserve deux points d’avance sur l’OL, tenu en échec à Valenciennes. Dans le même temps, le voisin lillois a disposé du néo-champion marseillais dans un match à buts (je n’ai pas encore vu la vidéo ci-dessous pour parler de spectaculaire). Au passage, le 3-2 à la 90ème minute lors de la 37ème journée, ça réveille toujours quelques histoires pas très glorieuses. Personnellement, ça me fait marrer ce genre de coïncidence. Et ça a le don d’ennuyer Jean-Michel Aulas qui a bien explosé après le contre-performance de son équipe à Nungesser. Lille prend son destin en main concernant la deuxième place quelquesoit le résultat du prochain Lyon-Monaco. Parfait pour le football français, pour savoir pourquoi : rendez-vous la semaine dernière. [...]ReplyQuote

  • [...] Je vais plutôt terminer par la course à la deuxième place puisque cette 37ème journée a été celle des chamboulements. Accroché par Lens, Auxerre se laisse glisser à la troisième place mais conserve deux points d’avance sur l’OL, tenu en échec à Valenciennes. Dans le même temps, le voisin lillois a disposé du néo-champion marseillais dans un match à but. Au passage, le 3-2 à la 90ème minute lors de la 37ème journée, ça réveille toujours quelques histoires pas très glorieuses. Personnellement, ça me fait marrer ce genre de coïncidence. Et ça a le don d’ennuyer Jean-Michel Aulas qui a bien explosé après le contre-performance de son équipe à Nungesser. Lille prend son destin en main concernant la deuxième place quelquesoit le résultat du prochain Lyon-Monaco. Parfait pour le football français, pour savoir pourquoi : rendez-vous la semaine dernière. [...]ReplyQuote

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