Hommage tactique à : la Corée du Sud

En attendant que le Japon se casse les dents sur le football paraguayen (ou pas), le premier représentant asiatique de ces huitièmes de finale a quitté le Mondial samedi après une défaite face à l’Uruguay. Si je ne reviendrai pas sur les problèmes défensifs de la Corée du Sud, ceux qui lui ont coûté son élimination avec le manque de grand talent devant le but, je vais m’intéresser au travail de préparation et de construction des attaques des Sud-Coréens. Vous allez voir, c’est très intéressant.

Sur la feuille :

Comme d’habitude avec les zooms sur les projets de jeu (ou du moins une facette ici), on va commencer par prendre connaissance de l’organisation de base de la Corée du Sud. Celle que les commentateurs déduisent avec leur grand savoir lorsqu’ils découvrent la feuille de match. Rien de notable à souligner ici, plus classique tu meurs. La Corée présente le schéma en vogue depuis le début du Mondial, celui qui permet avant tout de conserver une grosse solidité défensive avec son fameux bloc de six rendu célèbre au printemps par l’Inter de José Mourinho.

Ci-dessus (merci à NoVuvuzela.com, site du réseau Panenka.fr), vous retrouvez donc le schéma de base de la formation sud-coréenne avec tous les clichés du 4-2-3-1 de base : la pointe très travailleuse qui se jette sur tous les ballons (Park Chu-Young de Monaco), le milieu/attaquant de soutien en relation directe avec le premier cite (Kim Jae-Sung), les faux ailiers plus travailleurs dans l’entrejeu qu’explosifs dans leurs couloirs (Park Ji-Sung et Lee Chung-Yong), le tout devant un duo chargé de stabiliser l’équipe en se livrant un minimum sur le plan offensif. Car vous allez le voir, tout vient des côtés !

L’animation :

Vous l’avez constaté, si le schéma de certaines sélections sud-américaines peut déjà vous aiguiller sur des surprises au niveau du jeu (la défense à trois uruguayenne par exemple), l’Asiatique la joue à l’européenne sur le papier. Dans les faits, beaucoup moins. En Europe, et en France en particulier d’ailleurs, beaucoup se font l’écho d’un principe de base dans l’animation d’un schéma à deux milieux de terrain (faussement) dits « défensifs » : un pur récupérateur doit être associé à un vrai milieu relayeur : le fameux duo numéro 6 / numéro 8. Le premier assure ses transmissions dans la latéralité, le second cherche des solutions de passe vers l’avant pour franchir la première ligne adverse.

Et bien ce principe ne semble pas avoir franchi l’Oural puisque les Sud-Coréens procèdent différemment. Et d’une manière bien plus enthousiasmante si je peux me permettre de donner mon avis (c’est mon blog quand même, ndla). Jung-Woo et Sung-Yong ne prennent aucun risque lorsqu’il s’agit de distribuer les ballons. L’un comme l’autre, ils se contentent de servir leurs partenaires présents non pas aux avants-postes mais à côté d’eux. S’il est logique de les voir allonger lorsque la Corée doit ressortir de sa moitié de terrain, une fois l’équipe en phase de préparation dans l’entrejeu, les deux hommes réduisent les risques de perte de balle dans l’axe à un minimum. Et il le faut bien car l’accélération qu’ils n’apportent pas eux-mêmes, ce sont les latéraux qui s’en chargent.

En effet, à l’inverse de nos deux axiaux qui ne cherchent à jouer que dans la latéralité, les joueurs de couloir de la Corée du Sud sont ceux qui donnent l’impulsion à toutes les attaques. Que ce soit par un rush balle au pied (les ailiers en général) ou une passe cassant la première ligne adverse pour chercher un attaquant (les latéraux), tout passe par les côtés. Lorsque la Corée a le temps de préparer son attaque, celle-ci passe par les deux axiaux… Qui écartent sur les latéraux venus à leur hauteur… Ces derniers cherchent soit l’avant-centre qui a pris la profondeur dans un couloir, soit leur ailier qui est rentré dans l’axe pour jouer les points de fixation… Quand le ballon leur revient, on est déjà dans la finition de l’action (là où les Sud-Coréens pêchent d’ailleurs).

Ce fut bref mais je pense que vous l’avez compris : les Sud-Coréens nous ont prouvé sur ce Mondial qu’il était possible de produire du jeu malgré la présence de deux milieux de terrain que l’on qualifiera de prudent sur la pelouse. En donnant le pouvoir offensif aux joueurs de couloir, ils ont apporté un vrai vent de fraîcheur à ce Mondial sur le plan tactique. Malgré les huit buts encaissés, ça valait bien un petit hommage non ? D’ailleurs, concernant les problèmes défensifs, ce n’est pas difficile à expliquer : les quatre « axiaux défensifs » ne couvrent pas les couloirs vu que les deux milieux restent dans leur rond central pour jouer les relais d’un côté à l’autre et réagir au plus vite en cas de perte de balle. Du coup, si ça passe : ça casse.

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1 réponse

  1. Jeux de foot dit :

    On peut produire du jeu quand on a des cannes et des mobilettes sur le terrain . Ce qui n’est pas le cas de la France et de ses 2 milieux défensifs ;)

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