Hanovre 3-1 Bayern Munich, l’analyse tactique

Une semaine après avoir été corrigeant par Dortmund sur sa propre pelouse, le Bayern jouait très gros du côté de Hanovre. Les joueurs de Mirco Slomka avait en effet profité du revers des Bavarois face au Borussia pour s’emparer de la troisième place le week-end dernier. Une semaine après, les voilà donc avec la possibilité de repousser le Bayern à cinq longueurs en cas de victoire. Mission accomplie grâce à des buts de Abdellaoue, Rausch et Pinto face à des Munichois auteurs d’un premier acte particulièrement catastrophique.

Les compositions :

Honneur à l’équipe qui reçoit, Mirco Slomka doit composer avec l’absence de Didier Ya Konan en attaque. Comme la semaine dernière, l’Ivoirien est remplacé par Jan Schlaudraff dans un 4-4-2 des plus classiques : Zieler – Cherundolo, Haggui, Pogatetz, Schulz – Stindl, Schmiedebach, Pinto, Rausch – Schlaudraff, Abdellaoue.

De son côté, Van Gaal devait lui aussi faire face à l’absence d’un cadre puisque Schweinsteiger manquait à l’appel au coup d’envoi. C’est Kroos qui en a profité pour rentrer dans le onze de départ : Kraft – Lahm, Tymoschuk, Breno, Badstuber – Kroos, Pranjic – Robben, Muller, Ribéry – Gomez.

Possession stérile :

Comme face au Borussia la semaine dernière, le Bayern met rapidement le pied sur le ballon. Les latéraux s’excentrent et l’un des deux milieux axiaux (Kroos le plus souvent) décroche pour conserver le surnombre dans la zone de ses défenseurs et y fluidifier la circulation de balle le ballon. Le but de la manoeuvre est d’étirer la première ligne de Hanovre pour pouvoir la traverser en une passe et toucher les attaquants dans les intervalles. Ils y trouveront notamment Muller dont le travail sera ensuite de libérer au plus vite vers ses ailiers pour leur offrir des situations de un-contre-un face à leur latéral.

Malheureusement pour les Bavarois, ce schéma ne va pas se reproduire très souvent. Hanovre est très bien en place et quadrille au milieux sa moitié de terrain. Les deux attaquants font les déplacements nécessaires pour gêner des défenseurs qui joueraient vers l’avant. Le milieu qui décroche est suivi de près par son adversaire direct qui vient l’empêcher de se retourner. Sur les côtés, les latéraux sont bien bloqués par les ailiers adverses et Robben et Ribéry sont suivis par leurs adversaires directs dans tous leurs déplacements. Même chose pour Gomez et Muller devant…

Largesses défensives :

Sans solution lorsqu’il est dans la moitié de terrain adverse, le Bayern est en plein mis en difficulté sur certaines phases de jeu. Lahm et surtout Badstuber se font en effet piégés à plusieurs reprises dans leur dos. Les joueurs de couloir de Hanovre effectuant des prises à deux sur Robben et Ribéry, les latéraux du Bayern, souhaitant mettre la pression, montent sur leur adversaire direct lorsque celui-ci récupère le ballon. De fait, ils libèrent l’espace dans leur dos. Pas de problème a priori, puisque l’ailier est devant eux…

… Oui mais cet espace libre, il va être comblé par le déplacement de l’attaquant (Schlaudraff dans le dos de Badstuber). Reste alors aux relanceurs le souci de sortir le ballon du couloir pour pouvoir atteindre ce dernier. Les deux milieux axiaux de Hanovre, Schmiedebach et Pinto, réalisent un très gros match à ce niveau en réussissant à se rendre toujours disponibles (il faut dire que Kroos et Pranjic ne sont pas des récupérateurs-nés). Leur qualité de passe aidant, le ballon ressort rapidement et il faut dès lors peupler la surface de réparation, ce que feront plutôt bien les offensifs du 96.

Mi-temps et reprise :

Petit rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi le match. Ces deux schémas nous amènent à une mi-temps où le Bayern est mené 1-0. Hanovre a marqué sur un lancement de jeu dans le dos de Lahm pour Rausch qui centre pour Abdellaoue qui trompe Kraft de volée. Cinq minutes après la reprise, Rausch ajoute un second but sur un corner rapidement joué. Le moment pour le Bayern d’avoir un petit sursaut d’orgueil.

Le réveil du Bayern :

Mené 2-0, le Bayern n’a plus d’autre choix que d’attaquer. L’animation change alors considérablement. Le ballon remonte désormais par les côtés grâce au duo ailier-latéral et les joueurs d’axe viennent offrir des points d’appui entre les lignes adverses pour permettre au ballon de revenir dans l’axe. Au lieu de se déplacer sur la largeur du terrain, Muller oscille désormais entre le milieu de terrain et la défense adverse. Kroos en fait de même et navigue entre les attaquants et les milieux adverses. De son côté, Pranjic reste le plus souvent au milieu et dézone parfois côté gauche pour permettre à Ribéry de rentrer vers l’intérieur.

Grâce à ces déplacements verticaux (Muller et Kroos), le Bayern réussit à créer des situations de surnombre au milieu de terrain face aux deux axiaux de Hanovre. Dès lors, les locaux vont subir pendant quelques minutes, le temps pour le Bayern de revenir à 2-1. Derrière, on verra Schmiedebach suivre à la trace Muller dans ses déplacements, n’hésitant pas à se joindre à la ligne de défense si nécessaire. Quasiment dans la foulée, Robben est pris au milieu de terrain par Pinto. Les milieux axiaux ne sont pas là pour ralentir le Portugais qui s’avance face à une défense qui recule. A 20 mètres, il allume et Kraft fait le reste. 3-1.

Conclusion :

La dernière demi-heure est du domaine de l’anecdotique. Van Gaal sort Kroos au profit de Klose et perd l’un des deux joueurs les plus dangereux pour la défense de Hanovre (vu sur les minutes précédentes). CInq minutes plus tard, Breno est exclu et achève les Bavarois qui n’ont plus aucun répondant. Hanovre s’impose et fait une très bonne impression, celle d’une équipe solide défensivement et surtout dotée de milieux et d’ailiers aussi travailleurs que justes à la relance. Une formation qui peut ressembler, sur certains aspects, à la référence allemande actuelle (Dortmund pour ceux qui ne suivent pas).

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *