Guardiola – Mourinho : les 5 premiers rounds

Samedi, Merengue et Blaugrana se retrouvent pour le troisième Clasico de la saison, le premier à très gros enjeu. Petit retour sur ce qui s’est passé depuis un an entre les deux formations, en revenant sur les affrontements tactiques opposant José Mourinho à Pep Guardiola.

Round 1, la Manita : Barcelone 5-0 Real Madrid (championnat)

Une démonstration mémorable. Après la rencontre, Mourinho aura ses mots pour la résumer : « Ils ont joué leur meilleur football, on a été mauvais. Il n’y a aucun regret à avoir. » Presque un euphémisme tant le 4-2-3-1 du Real a explosé face à un 4-3-3 catalan au sommet de sa forme. Ronaldo, Di Maria, Benzema et Özil complètement absents au pressing, le Barça s’est régalé pour lancer le jeu depuis le milieu de terrain. Bilan, une paire de récupérateurs madrilènes complètement dépassée par les courses verticales de Xavi, Iniesta et Messi et une Manita qui fait encore date dans l’histoire de la rivalité entre les deux formations. Guardiola par KO.

Round 2, Pepe en 6 : Real Madrid 1-1 Barcelone (championnat)

Avant de se retrouver en coupe (Coupe du Roi et Ligue des Champions), les deux formations doivent jouer leur second face-à-face en championnat. Mourinho abandonne son 4-2-3-1 pour un 4-3-3 et décide d’aligner Pepe dans l’entrejeu aux côtés de Xabi Alonso et Khedira. Plus agressifs grâce à l’entrée du Portugais, les milieux de terrain madrilènes évoluent plus haut sur le terrain.

Désormais, tous les Madrilènes travaillent ensemble pour gêner la relance du 4-3-3 catalan : Benzema face à Busquets, Iniesta face à Khedira, Xabi Alonso face à Xavi et Pepe qui partage son travail entre un pressing acharné afin de créer des deux-contre-un pour gagner les ballons et le suivi de Messi lorsque l’Argentin décroche pour aider ses milieux de terrain. Bien bloqué dans l’axe, le Barça réussit quand même à faire reculer son adversaire grâce à la qualité de Piqué qui, n’ayant pas d’adversaire direct face à lui, est capable de franchir le premier rideau et de remonter lui-même le ballon. Finalement, la roue tourne au retour des vestiaires avec l’expulsion de Albiol et un penalty transformé par Messi. Réduit à dix, le Real change ses plans et parvient à égaliser. Mourinho aux points.

Round 3, permutation : Barcelone 0-1 Real Madrid (Coupe du Roi)

Certainement satisfait de la prestation de ses hommes quelques jours plus tôt en championnat, Mourinho reconduit la même organisation mais décide d’intervertir les positions de Pepe et de Xabi Alonso. Désormais, le Portugais joue un cran plus haut et se retrouve au pressing sur Xavi tandis que l’Espagnol évolue en sentinelle, se chargeant de surveiller les déplacements de Messi.

Lors de leur précédent affrontement, le Real était forcé de reculer dès lors que l’un des défensifs du Barça tentait de franchir le premier rideau. Cette fois, Pepe est là pour se jeter sur eux dès lors qu’ils s’approchent de la ligne médiane. Sans solution verticale, les Catalans se retrouvent à écarter le jeu sur les côtés où ils se retrouvent ensuite enfermés par le bloc madrilène, omniprésent physiquement. Symboles de l’impuissance du Barça, Daniel Alves et Adriano jouent la plupart de leurs ballons en étant arrêtés et plusieurs longs ballons sont balancés vers l’avant par Piqué, Puyol ou Busquets.

Au retour des vestiaires, Guardiola comprendra d’ailleurs que ses joueurs ne gagneront peut-être pas la bataille de l’axe ce soir. Le Barça retrouve une formation en 4-3-3 plus classique, avec Messi et Pedro sur les côtés et Villa en pointe. Les spectateurs de Mestalla assistent alors à une reprise des classiques du Barça 2008/09 avec notamment les combinaisons de la triplette Messi-Xavi-Daniel Alves côté droit. Mais Casillas et la défense madrilène tiennent le choc. Finalement, la rencontre se décantera durant la prolongation sur un ballon gagné par Marcelo dans les pieds de Messi et qui finira sur la tête de Cristiano Ronaldo. Mourinho, aux points.

Round 4, des ailiers pour fixer : Real Madrid 0-2 Barcelone (Ligue des Champions)

« Por qué ? » demandera Mourinho après la rencontre. Après avoir perdu deux batailles, Guardiola revoit quelque peu ses plans pour répondre à l’omniprésence madrilène dans l’axe du terrain. Privé d’Iniesta et d’Adriano, l’entraîneur du Barça doit de toute façon innover. Il demande donc à Pedro et Villa d’évoluer très haut dans les couloirs, à hauteur de la défense madrilène. Ainsi, ils fixent les latéraux du Real qui ne peuvent pas se permettre de lâcher le marquage sous peine d’ouvrir tout le couloir aux deux attaquants catalans.

Les latéraux ne pouvant plus sortir au pressing devant la ligne de défense, Messi et Keita (remplaçant d’Iniesta) trouvent des espaces sur les côtés pour offrir des solutions à leurs deux rampes de lancement que sont Xavi et Busquets. Résultat, c’est un quatre contre trois sur toute la largeur du terrain qui se crée en faveur du Barça. Ligne par ligne, cela donne : Villa et Pedro qui fixent les défenseurs ayant l’habitude de soutenir le pressing ; Messi et Keita dont les déplacements dans la première moitié de terrain madrilène troublent le milieu à trois du Real… Qui, du coup, presse moins bien et libère Xavi ou Busquets.

Facilitée, la relance du Barça permet de dégager des situations de un-contre-un pour permettre à Messi de se lancer vers le but adverse. Villa et Pedro y vont aussi de leurs tentatives et leur tâche sera ensuite facilitée par l’expulsion de Pepe au retour des vestiaires. Le Real perd sa principale arme pour tenir haut sur le terrain et recule de plus en plus au fil des minutes. Jusqu’à la punition : Afellay pour Messi puis Messi pour un solo qui est resté dans les mémoires. Guardiola, par KO.

Round 5, Carvalho épargné : Barcelone 1-1 Real Madrid (Ligue des Champions)

Privé de Pepe, le Real retrouve son 4-2-3-1 habituel, soit le schéma avec lequel il avait encaissé une Manita lors de son dernier déplacement au Nou Camp. De son côté, Guardiola reconduit le même système qui a remporté lors du match précédent : deux rampes de lancement (Busquets, Xavi), deux créateurs (Messi, Iniesta) à la recherche d’espaces dans la première moitié du camp adverse et deux ailiers (Pedro, Villa) chargés de fixer les latéraux dans les couloirs.

Puisque ses latéraux ne peuvent plus sortir au pressing, Mourinho décide d’envoyer ses défenseurs centraux hors de la ligne de défense. Ainsi Ricardo Carvalho tente de suivre les décrochages de Messi pour l’empêcher de se retourner. Devant lui, Xabi Alonso peut alors évoluer plus haut et prendre Xavi ; Khedira s’occupe d’Iniesta et Kaka, de retour dans le onze, de Busquets. Malheureusement pour les Madrilènes, Carvalho reçoit très vite un carton jaune. Frôlant le rouge à plusieurs reprises, il pousse Mourinho à se réorganiser en 4-1-4-1. Au retour des vestiaires, le Real repartira dans la même configuration qu’au coup d’envoi mais l’ouverture du score du Barça mettra fin à leurs espoirs d’exploit. Ils sauveront néanmoins l’honneur par Marcelo. Match nul.

Quelles formations samedi ?

Avant de se retrouver ce week-end, les deux formations se sont affrontées en tout début de saison à l’occasion de la Supercoupe d’Espagne. Le Barça étant encore en rodage à cette époque, difficile de tirer des conclusions si ce n’est que l’écart entre les deux formations n’a jamais semblé être aussi mince depuis l’arrivée de Mourinho à Madrid. Seul Messi est encore apparu comme le facteur décisif faisant basculer la double confrontation en faveur des Catalans.

Samedi, un deuxième facteur sera forcément à prendre en compte : les trois points d’avance (et un match supplémentaire à jouer) du Real Madrid. Une situation qui devrait normalement pousser Mourinho à jouer la prudence en présentant un 4-3-3. Côté catalan, en considérant que Guardiola ne tente pas le diable en 3-4-3, il sera intéressant de savoir qui sera sacrifié dans l’entrejeu (Fabregas ?).

Pour approfondir :
Les analyses tactiques de tous les Clasico de la saison dernière

Article publié sur Eurosport.

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