Getafe 2-3 Real Madrid, l’analyse de l’importance de Di Maria

Après l’Angleterre qui ne s’est jamais vraiment arrêtée, l’Espagne est le second grand championnat européen à avoir repris ses droits. Dimanche en fin d’après-midi, le Barça a disposé non sans difficulté de Levante sur sa propre pelouse du Nou Camp (2-1). Les Catalans ont mis ainsi la pression sur leur rival madrilène, l’obligeant à l’emporter à Getafe pour ne pas se laisser distancer. Non sans se faire peur pendant quelques minutes, les hommes de Mourinho ont rempli leur objectif. Et parmi eux, un joueur est clairement sorti du lot : Angel Di Maria, le néo-galactique arrivé sur la pointe des pieds cet été.

Les formations :

– Pas de surprise dans les rangs de Getafe, Michel reconduit le 4-2-3-1 qui restait sur une série de quatre victoires consécutives avant ce match. Le gardien Codina est protégé par une défense composée de gauche à droite par Mané, Rafa, Cata Diaz et Miguel Torres. Devant eux, on retrouve le récupérateur Boateng et le maître à jouer Parejo chargé de distribuer les ballons à un quatuor d’attaque qui regroupe Miku en pointe soutenu par Manu et encadré par Pedro Rios et Gavilan.

– Côté Mourinho et Real, pas de surprise non plus. Tout le monde est là, excepté Higuain évidemment… Même Kaka prend place sur le banc de touche pour la première fois depuis plusieurs mois. Autant le dire tout de suite, il est rentré dans le dernier quart d’heure, le plus compliqué pour les Madrilènes. Bref, le Real est comme souvent organisé en 4-2-3-1 : Casillas dans les buts ; une défense Arbeloa, Ramos, Raul Albiol et Marcelo ; un duo Xabi Alonso, Lass Diarra à la récup ; Özil dans l’axe, Ronaldo et Di Maria sur les ailes et Benzema en pointe.

Les premières minutes :

Ceux qui ont déjà vu le tableau des scores savent d’ores et déjà que le Real a fait la différence dans le premier quart-temps de la rencontre grâce à des buts de Ronaldo (11e, pen) et de Özil. Je vais particulièrement insister sur cette période car c’est à ce moment-là que le Real a montré le plus de choses. Et notamment Di Maria. Commençons par les premiers mouvements offensifs réussis par les Madrilènes. Ils sont très largement dus au comportement des latéraux de Getafe qui tentent de bloquer assez haut leurs adversaires directs dans le couloir. Dès la 3ème minute de jeu, le Real réussit un mouvement d’école qui met Ronaldo sur orbite depuis son aile gauche.

On explique rapidement le schéma, qui ne s’est pas forcément très souvent reproduit mais qui était si parfait qu’il m’a marqué. Le ballon part de Marcelo qui voit des déplacements conjoints de Benzema et de Ronaldo : le premier entraîneur son défenseur central sur l’aile tandis que le second fait rentrer le latéral à l’intérieur, permettant la passe. Benzema reçoit le ballon et remet en une touche dans la course de Ronaldo qui a pris la profondeur et se retrouve lancé vers la surface adverse. Il faudra une bonne compensation du stoppeur droit et un manque de soutien côté madrilène pour mettre un terme à cette action.

La rampe de lancement Di Maria :

Comme je l’ai évoqué plus haut, ce match a été l’occasion pour moi de découvrir le vrai jeu du Real, celui qui avait été complètement étouffé par le Barça le 29 novembre dernier. Lors de ce match, Di Maria s’était complètement sacrifié défensivement pour s’occuper du cas de Daniel Alves (voir l’analyse) ; dans l’entrejeu, le principal relais chargé d’alimenter les attaquants (Özil) s’était fait écrasé par le pressing des Catalans (et le poids de l’enjeu certainement aussi). La rencontre de ce lundi soir face à Getafe m’a permis de comprendre toute l’importance de l’Argentin dans le système mis en place par Mourinho. Car le Real possède alors une rampe de lancement supplémentaire de l’unique solution Özil. La preuve avec ce schéma de la phase de préparation madrilène avec Di Maria au coeur du jeu.

– On commence par la ligne des défenseurs : un grand classique utilisé par le rival barcelonais. Un milieu de terrain (Xabi Alonso) décroche entre les deux défenseurs centraux qui s’écartent pour couvrir les montées des latéraux qui prennent place à hauteur du milieu de terrain.

– Maintenant, attaquons-nous au déplacement de Di Maria (flèche rouge). Celui-ci décroche pour offrir une solution au défenseur alors en possession du ballon. La présence du latéral madrilène assez haute dans le couloir fixe son adversaire direct (le latéral adverse) et celle de Diarra dans le rond central lui offre une solution courte si le milieu défensif adverse qui couvre la zone décide de le suivre. Dans le cas contraire, l’Argentin a tout le temps de se retourner et de se lancer vers le but.

– Pendant ce temps, l’autre joueur qui aurait pu lancer le jeu (Özil) se joint à la ligne d’attaque du coup formée de trois joueurs. Selon l’avancée de Di Maria, les déplacements ne seront évidemment pas les mêmes. Mais si celui-ci arrive lancé face au dernier rideau défensif, un petit déplacement de Benzema vers la gauche (flèche jaune) pourra ouvrir le chemin du but au joueur resté dans l’axe. C’est d’ailleurs ce mouvement qui permettra au Real d’inscrire son deuxième but. En revanche, la préparation diffère, les Madrilènes récupérant le ballon assez haut sur cette action pour bénéficier des espaces.

Bref, ce schéma présenté avec Di Maria en exemple peut aussi fonctionner avec des décrochages de Özil voire de Ronaldo. Il s’agissait simplement de vous montrer un exemple de passage de la phase de récupération du ballon à celle de la préparation de l’action. On ne va pas refaire le match plus d’un mois plus tard, mais si Mourinho trouve un autre moyen de défendre sur Alves que de sacrifier Di Maria, le Real aura peut-être plus de chances d’exister lors du prochain Clasico. Mais c’est une autre histoire.

La suite des évènements :

Alors que tout était bien parti pour les hommes de Mourinho, l’excellent Dani Parejo va relancer Getafe sur un exploit individuel (tous les buts à découvrir ici). Regonflés par cette égalisation après plusieurs minutes de flottement laissant craindre une fessée, les banlieusards de la capitale espagnole vont commencer à inquiéter le Real en insistant sur les côtés. Les latéraux profitent du repli limité de Ronaldo et Di Maria pour venir créer le surnombre dans le premier quart de terrain madrilène et combiner avec leur ailier et le milieu le plus proche (flèche orange et blanche).

« Action, réaction. » Le Real va répondre de différentes façons à ce type d’attaque. Di Maria (à droite) pousse son repli défensif jusqu’aux abords de la surface de Casillas pour couvrir les montées du très remuant Mané. Mais surtout, les latéraux madrilènes vont changer leur style de défense : plutôt que d’attendre le duel et risquer le surnombre avec la montée du latéral dans leur zone, Arbeloa et Marcelo choisissent de défendre en avançant en tentant d’intercepter les passes émanant des deux milieux de Getafe (Boateng et Parejo -tous deux excellents au passage-) vers leurs ailiers. Dans l’axe, Xabi Alonso et Lass Diarra surveillent respectivement les déplacements offensifs de Parejo et Manu… Tout en se permettant d’aller les chercher haut lorsque le Real est installé dans la moitié de terrain adverse.

Ce regain général d’agressivité va se sentir au cours d’une deuxième mi-temps beaucoup plus heurté et moins agréable à suivre. Arbeloa, Khedira (qui a remplacé Diarra à la mi-temps) et Di Maria reçoivent leurs cartons. Une minute après l’avertissement du dernier cité, Ronaldo plie la rencontre en étant à la conclusion d’un mouvement parfait ayant profité d’une mauvaise relance de Codina, le gardien adverse. Un cadeau qui n’a pas été de trop dans le dernier quart d’heure puisque les Madrilènes ont eu quelques soucis après l’expulsion d’Arbeloa, d’où la réduction du score. Mais l’essentiel est là : ils restent à deux points du Barça.

Conclusion :

Le Real a été quasi-injouable pendant une vingtaine de minutes : la défense solide, la maîtrise du ballon et les transitions entre les phases étaient parfaitement emmenés. Puis la machine s’est déréglé lorsque l’adversaire a décidé d’insister sur la faiblesse madrilène de la soirée : son repli défensif limité sur les côtés. Mais le regain d’agressivité de l’équipe combiné à l’exploitation des approximations de l’adversaire a suffit pour permettre à Mourinho et à ses hommes de conserver leur avantage. Désormais, place au test Villareal.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *