Diarra : quel impact pour son retour en Bleu ?

Fort d’un premier mois fort réussi sous les couleurs de l’Olympique de Marseille, Lassana Diarra a honoré contre l’Arménie sa première cape en bleu depuis 5 ans. Pour son retour, l’ex-pilier de l’ère Domenech n’a pas été dépaysé. A la recherche d’un n°6 depuis son arrivée à la tête de la sélection, Didier Deschamps l’a utilisé comme Michel durant le mois de septembre : devant la défense, dans un système organisé en 4-1-4-1 en phase défensive.

Sur le plan individuel, Diarra a avant tout impressionné par sa performance défensive. Comme avec l’OM, il est allé au combat dans les duels, et avec beaucoup de réussite : 9 tacles réussis sur 10 tentés. A lui seul, il représente plus d’un tiers des tacles tentés par les Bleus dans ce match (10/28).

Son volume de jeu à la récupération a notamment permis à Matuidi et Cabaye d’aller chercher plus haut leurs adversaires. Revenu à une position de relayeur qui lui sied beaucoup plus, le milieu de terrain de Crystal Palace en a profité pour aller intercepter 7 ballons, tous au niveau du rond central ou dans la moitié de terrain adverse.

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Couverts par Diarra, Matuidi et Cabaye sortent haut afin de compléter le quadrillage de la moitié de terrain arménienne.

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A la retombée, Varane domine le secteur aérien, protégé par ses partenaires à vocation défensive, et renvoie le ballon. Quelques secondes plus tard, Griezmann s’appuie sur Benzema et file inscrire le premier but de la partie.

Au-delà du cas des deux milieux de terrain, c’est tout le bloc français qui a évolué plus haut qu’au Portugal ou lors du match face à la Serbie. Benzema, Valbuena et Griezmann se sont attachés à bloquer les solutions courtes se présentant au gardien arménien. Ils ont forcé ce dernier à jouer long, laissant ensuite Sagna, Varane ou Sakho faire la différence dans les airs… et Diarra ratisser à la retombée.

Même si ce n’était « que » l’Arménie, les Bleus se sont montrés rigoureux au moment de défendre. La présence de Diarra leur a permis de prendre une envergure supplémentaire à la récupération. Ils ont ainsi franchi un cap par rapport à leurs performances de ces derniers mois en terme d’intensité défensive.

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Pas assez vertical ? 

Si le retour de Diarra a été une franche réussite sur le plan défensif, le Marseillais a été plus discret balle au pied. Dans l’orientation du jeu, bien qu’il ait touché beaucoup de ballons (102 au total), il ne s’est pas montré au-dessus de ses prédécesseurs à ce poste de n°6 (notamment Schneiderlin, très intéressant contre la Serbie dans ce registre). Comme à l’OM, il a le plus souvent laissé la relance à ses partenaires les plus proches (Varane, Sakho, Matuidi, Cabaye).

Cette propension à chercher la solution courte aurait d’ailleurs pu lui coûter cher en début de partie (19e). Alors que Valbuena était disponible depuis quelques secondes, Diarra a mis trop de temps pour prendre en compte la solution offerte par le Lyonnais. Une laps de temps suffisant pour permettre à son adversaire direct de bloquer la ligne de passe et lancer ainsi la plus grosse occasion arménienne de la partie.

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Disponible depuis quelques secondes dans l’intervalle, Valbuena est servi trop tard par Diarra, qui voit sa passe interceptée. 

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A la retombée, il est devancé par le milieu arménien qui sert son partenaire dans l’axe.

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S’en suit un 3 contre 2 finalement mal négocié par les visiteurs.

Conclusion : Diarra, le n°6 de transition ? 

S’il n’a pas pesé sur les phases de jeu placé des Bleus, Diarra a tout de même joué vers l’avant plus d’une fois. S’appuyant sur son activité défensive, il a enchaîné à plusieurs reprises duel gagné et libération rapide du ballon, lançant ainsi des séquences de jeu rapides. Toujours à la recherche de « solutions » supplémentaires sur le plan tactique, Didier Deschamps a peut-être (re)trouvé avec Diarra le n°6 capable de permettre à son équipe de franchir un palier face aux « grandes nations ».

Dans des matchs où les Bleus n’auront pas forcément le ballon, son volume de jeu devant la défense et sa capacité à prendre les bonnes décisions « post-récupération » pourraient être des qualités intéressantes à associer à des joueurs excellant dans le jeu de transition (Pogba, Matuidi, Benzema, Griezmann). Les matchs de novembre, face à des sélections plus huppées (Allemagne, Angleterre), seront ainsi d’excellents tests pour considérer le futur en bleu du néo-Marseillais.

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3 réponses

  1. HyghlyXO dit :

    Merci.

  2. Franchini dit :

    Diarra a le profil technique, mais pas seulement : il a l’expérience (Real, Chelsea, Arsenal quand même…), l’aura (dixit les joueurs de l’Om) et même les médias dans sa poche ! Un super joueur avec la mentalité qu’il faut : une pépite pour Deschamps !

  1. 10 octobre 2015

    […] Diarra : quel impact pour son retour en Bleu ? (Florent Toniutti, Les Chroniques Tactiques, 09/10/2015) : un impact énorme, ce qu’il manquait à l’Équipe de France, malgré quelques pertes de balle dangereuses. Ce n’est pas annodin si Deschamps l’a laissé sur le terrain tout le match. Trop précieux. […]

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