France 1-3 Etats-Unis (Mondial féminin), l’analyse tactique

Les Françaises ont fini par payer leur manque d’efficacité. Maîtresses au milieu de terrain pendant la majeure partie de la rencontre, elles ont tout tenté mais ont craqué dans le dernier quart d’heure, alors qu’elles faisaient tout pour prendre l’avantage. Les Etats-Unis ont su frapper au bon moment pour se qualifier pour leur troisième finale.

Les compositions :

On ne change pas une équipe qui franchit les tours. Bruno Bini reconduit neuf des onze joueuses qui ont éliminé l’Angleterre en quart de finale. Sapowicz fait son retour dans les buts et Meilleroux, de retour de blessure, récupère sa place en défense centrale : Sapowicz (1) – Lepailleur (11), Georges (4), Meilleroux (5), Bompastor (8) – Soubeyrand (6), Bussaglia (15) – Abily (10), Necib (14), Thiney (17) – Delie (18).

Dans l’autre camp, Pia Sandhage doit faire avec la suspension de Buehler, expulsée face au Brésil. Celle-ci est remplacée par Sauerbrunn qui s’installe aux côtés de la capitaine Rampone en défense centrale. Aucun autre changement n’est à signaler : Solo (1) – Krieger (11), Rampone (3), Sauerbrunn (4), Le Peilbet (6) – O’Reilly (9), Lloyd (10), Boxx (7), Cheney (12) – Rodriguez (8), Wambach (20).

Le match :

Décidées à ne pas laisser les Françaises s’emparer de la possession de balle, les Américaines démarrent la rencontre avec un bloc assez haut. Attaquantes et milieux de terrain impriment un gros pressing dans l’entrejeu pour gêner le duo Soubeyrand – Bussaglia, chargé de relayer vers le quatuor d’attaque. Mais rapidement, les Françaises trouvent la parade.

Pressing déjoué.
De manière à casser l’égalité numérique dans l’axe, les deux joueuses françaises excentrées (Abily, 10 et Thiney, 17) décrochent et rentrent dans l’axe pour proposer des solutions avec Bussaglia et Soubeyrand. N’étant pas suivies par leurs adversaires directs (les deux latérales américaines restent dans leurs couloirs), elles apportent le surnombre nécessaire dans l’entrejeu pour permettre aux Françaises de tenir le ballon. Positionnée légèrement plus haut, en soutien direct de Delie, Necib est la première joueuse recherchée par le quatuor de relance. Une fois servie face au jeu, c’est à la Lyonnaise ensuite de faire les bons choix en jouant avec Delie devant elle ou Thiney et Abily qui suivent évidemment les actions. Si besoin, Necib ou Delie peuvent aussi décrocher pour aller perturber le milieu américain. A l’instar de Thiney et Abily, elles ne sont pas suivies par leurs gardes du corps, la défense américaine restant alignée la plupart du temps.

Lepailleur / Bompastor.
Malheureusement pour les Françaises, la maîtrise rapidement gagnée au milieu de terrain ne les a pas empêchées de se retrouver menées au tableau d’affichage. En cause, un côté droit en difficulté face aux attaques américaines. Sur l’ouverture du score, O’Reilly (habituellement à droite) est lancée dans le dos de Lepailleur. L’Américaine dépose ensuite Georges pour centrer pour Cheney (habituellement à gauche). A plusieurs reprises, les Etats-Unis vont ensuite peser sur le flanc droit de la défense française où Lepailleur a du mal à se situer et où Georges du mal à compenser. Heureusement, la maîtrise grandissante des Françaises dans l’entrejeu pousse les Américaines à reculer. Celles-ci se retrouvent sur deux lignes de quatre dont la première tente toujours de mettre les Françaises sous pression. Très resserrée, ce premier rideau de quatre joueuses coulisse sur la largeur du terrain selon la circulation de balle française. Logiquement, les Bleues mettent alors leurs deux latérales à contribution en utilisant la largeur. L’action est préparée d’un côté pour attirer les milieux adverses… Et une joueuse décroche pour être en position de changer le jeu et mettre l’une des latérales sur orbite. A la retombée, Bompastor se montre particulièrement efficace mais manque de soutien au moment de faire face à la latérale adverse. Idem pour Lepailleur de l’autre côté : les Françaises multiplient les centres, mais se sont les Américaines qui seront le plus souvent à la retombée (comme face à l’Angleterre).

Coaching.
Au retour des vestiaires, Delie, a priori diminée, est remplacée par Le Sommer. L’organisation française ne change pas, la Lyonnaise prenant le poste et le registre de la Montpelliéraine. A ses côtés, Thiney évolue un cran plus haut alors que Necib et Abily travaillent plus avec leurs milieux de terrain et sur les seconds ballons. Bussaglia en fait de même, Soubeyrand restant de son côté en couverture. Bompastor poursuit elle son travail sur l’aile gauche (avec succès sur l’égalisation, 55e). Au bout de quelques minutes passées dans le dernier quart d’heure, Bruno Bini tente le tout pour le tout en faisant entrer Thomis à la place de Soubeyrand (78e). Comme face à l’Angleterre, la remplaçante s’installe à droite et fait descendre Abily aux côtés de Bussaglia. Malheureusement pour les Bleues, ce changement n’a pas l’incidence voulue sur le résultat final, les Américaines faisant la différence dans les cinq minutes qui suivent.

Rapinoe.
Entrée en jeu au milieu de la deuxième mi-temps (65e), l’Américaine a complètement transformé la physionomie de la partie. Positionnée à gauche, face au côté faible de la défense française, elle a servi de relais pour remonter les ballons et servir les attaquantes. C’est elle qui est à l’origine des deux buts inscrits en trois minutes par les Américaines. Elle crée le danger côté gauche qui aboutit sur le corner qui permet à Wambach de donner l’avantage aux Etats-Unis (79e). Et elle délivre le but du break à Morgan (82e), trois minutes plus tard ; Morgan qui avait d’ailleurs remplacé Rodriguez en cours de deuxième mi-temps.

Conclusion :

Les Françaises ont-elles des regrets à avoir sur ce match ? Si leur excellent milieu de terrain leur a permis de maîtriser la rencontre, elles ont encore souffert de leur manque de présence dans les 30 derniers mètres adverses. Et surtout, les Américaines ont parfaitement su profiter de leurs faiblesses derrière : sur coups de pied arrêtés et en attaquant le flanc droit de la défense française.

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