France 1-0 Italie (Espoirs), l’analyse tactique

L’équipe de France s’est qualifié pour la 22ème fois de son histoire pour la finale du Festival International Espoirs de Toulon (en 39 éditions). Mais rien ne fut simple face à une Squadra Azzurra qui a très bien contenu les Bleuets pendant une bonne partie de la rencontre.

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Les compositions :

Le 4-2-3-1 ayant fonctionné jusqu’ici, Pierre Mankowski le reconduit logiquement tout comme il relance la ligne d’attaque qui a fait plier le Mexique lors du premier match de la compétition (voir Rapport : Yannis Tafer avec les Bleuets face à Toulon). Derrière, Jarsalé et Nego remplacent poste pour poste Damour et Pogba : L’Hostis (1) – Duplus (2), Koulibaly (4), Isimat-Mirin (15), Nego (17) – Jarsalé (18), Sissoko (20) – Knockaert (14), Tafer (9), Bourgeois (13) – Monrose (8). Côté Italien, Ciro Ferrara fait confiance à un 4-4-2. Toujours simple mais efficace : Viotti (1) – Donati (13), Capuano (14), Caldirola (6), Santon (2) – D’Alessandro (7), Rossi (18), Marrone (8), Fabbrini (10) – Gabbiadini (19), Paloschi (9).

Le système italien :

Face au Mexique, l’équipe de France avait été particulièrement efficace grâce à la vitesse d’exécution de ses deux ailiers, Maxime Bourgeois et Anthony Knockaert. Les Italiens avaient certainement noté cette importance des ailiers côté français si l’on jette un oeil à leur organisation défensive.

Offensifs.
Les quatre joueurs à vocation offensif abattent un gros travail lorsque l’Italie n’a plus le ballon. Devant, Paloschi est à l’affût de la moindre faute d’un des deux centraux français (cf. Isimat-Mirin, 4ème minute). Légèrement en retrait, Gabbiadini met lui la pression sur Jarsalé dès lors que celui-ci décroche pour aider sa défense centrale à ressortir les ballons. Derrière, les deux milieux offensifs resserrent dans l’axe pour plusieurs raisons : encercler les deux milieux de terrain mais aussi empêcher une relance qui permettrait d’atteindre directement l’un des deux ailiers (cf. bas de l’image).

Milieux et défensifs.
Présent dans la même zone de jeu, Rossi suit Sissoko à la trace. Gabbiadini s’occupant d’un Jarsalé poussé à décrocher, Marrone évolue plus en retrait et peut ainsi surveiller les déplacements de Tafer. Derrière, la défense centrale gère ceux de Joseph-Monrose. Enfin, sur les côtés, les deux latéraux marquent de près les ailiers français. Où qu’ils aillent, le but est de les empêcher de se retourner et de prendre de la vitesse et ce, notamment, lorsqu’ils sont servis par leurs latéraux (cf. haut de l’image).

Les réponses bleues :

Ailiers et espaces dans le dos des latéraux.
Son entrejeu mis sous pression, l’équipe de France connaît de vraies difficultés pour ressortir les ballons. Les défenseurs ont besoin de plus de solutions de passes pour éviter de se mettre en danger et être forcés de balancer des ballons devant vers Joseph-Monrose. En premier lieu, ce sont les ailiers qui repiquent dans l’axe (cf. bas de l’image). Malheureusement pour eux, leur adversaire direct ne lâche pas le marquage et la densité de joueurs aux alentours du rond central ne leur permet pas d’exprimer leurs qualités. Mais cela a au moins pour conséquence d’ouvrir des espaces dans le dos des latéraux. Joseph-Monrose se retrouvera ainsi régulièrement lancé (et avec succès à la poursuite de longs ballons couloir droit).

Tafer avec ses milieux et couloirs lancés.
Vers la fin de la première demi-heure, les Bleuets vont commencer à sortir la tête de l’eau dans l’entrejeu. Tafer n’hésite pas à décrocher jusqu’au niveau de la ligne médiane et réussit à orienter plusieurs ballons. Le jeu se fluidifie et peut désormais aller d’une aile à l’autre, permettant aux doublettes « ailier-latéral » de travailler ensemble. En fin de première mi-temps, Tafer offre aussi des appuis à ses ailiers sur les côtés, sollicitant des une-deux pour les lancer ensuite dans le dos de leur latéral. A la reprise, il partage ce second rôle (en plus de son soutien à ses milieux de terrain) avec Steven Joseph-Monrose qui décroche plus souvent qu’auparavant, notamment dans la zone jusqu’ici gardée par un Rossi obligé de chasser Sissoko. C’est sur un ballon récupéré dans la zone du milieu de Vicence (n°18) que le Lensois lancera le mouvement aboutissant au seul but de la partie (cf. sur le même modèle que celui présenté avec Tafer et Bourgeois, Knockaert ayant permuté en deuxième mi-temps).

Suite et fin :

Ce but encaissé, les Italiens vont jeter toutes leurs forces dans la bataille et passer en 4-3-3. Les trois attaquants restent dans l’axe et c’est à Saponara de faire parvenir les ballons en insistant sur le côté gauche de la défense française. Celle-ci tiendra finalement le choc, grâce à la sérénité de certains dans leur surface (Koulibaly) et à l’explosivité d’autres dans les arrêts de jeu (L’Hostis). En finale, la France croisera la Colombie pour un match qui opposera certainement les deux collectifs les plus intéressants de ces dix jours de compétition.

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