France 0-1 Espagne, l’analyse tactique

A l’issue d’une bataille acharnée au milieu de terrain, les Bleus ont rendu les armes face à la maîtrise technique et tactique espagnole, après une action surprise lancée et conclue par Pedro. Si la Roja reste intouchable dans son registre, les hommes de Didier Deschamps ont réussi à lui poser des problèmes en opposant un milieu de terrain besogneux pour l’empêcher d’avancer et à la relance efficace pour la contrer.

Comme la presse l’avait annoncé lundi soir, les Bleus ont débuté la partie avec un milieu à trois, composé de Pogba, Matuidi et Cabaye. En phase défensive, Valbuena et Ribéry encadraient ce trio sur les côtés, derrière un Benzema seul à la pointe de l’attaque (Lloris – Jallet, Varane, Koscielny, Evra – Pogba, Matuidi, Cabaye – Valbuena, Ribéry – Benzema). Dès l’officialisation de cette composition, une question se posait naturellement : comment, avec un seul joueur en pointe, les Bleus allaient-ils pouvoir empêcher la paire Xabi Alonso-Busquets de jouer ? Car pour la première fois depuis leur victoire face à la Géorgie au mois de septembre, les Espagnols débutaient avec les deux hommes associés au milieu de terrain (Valdes – Arbeloa, Piqué, Ramos, Monreal – Busquets, Xabi Alonso – Pedro, Xavi, Iniesta – Villa).

Des Bleus au travail :

Le début de partie a rapidement permis de répondre à cette question. Derrière Benzema, les cinq milieux de terrain français évoluaient dans un périmètre resserré sur l’axe. A la base de celui-ci, Pogba évoluait à une vingtaine de mètres de la ligne médiane. Autour de lui, l’animation défensive avait quelques points communs avec le travail du milieu à trois milanais face à Barcelone, lors du match aller de Ligue des Champions (lire : Milan AC 2-0 FC Barcelone, l’analyse tactique). A la relance, Busquets était le milieu espagnol le plus bas, démarrant aux côtés de Piqué et Ramos. Xabi Alonso et Xavi offraient des solutions à sa gauche et à sa droite, le premier en s’excentrant légèrement, le second en décrochant de sa position derrière Villa. Les mouvements des deux hommes étaient ciblés par Cabaye et Matuidi qui, à l’instar de Montolivo et Muntari chez les Milanais, sortaient à tour de rôle de l’alignement pour leur mettre la pression.

Début de match oblige, les Français veulent afficher leurs intentions : Matuidi sort même si Xavi redescend assez bas. A ses côtés, Benzema s'oppose à Busquets tandis que Cabaye est sur Xabi Alonso. Le pressing français s'arrête là, Piqué et Ramos ne seront pas mis en difficulté jusqu'au changement de système en fin de partie.

Ce travail des milieux de terrain avait pour but d’empêcher l’Espagne d’atteindre sa zone de confort dans le camp adverse, un objectif que la Roja atteint lorsqu’elle installe le double pivot Xabi Alonso-Busquets devant le rond central. Avec une première ligne serrée et des joueurs capables de sortir à hauteur de Benzema pour mettre la pression, les Bleus forçaient les Espagnols à jouer latéralement. Une fois Monreal ou Arbeloa en possession du ballon, les Français cherchaient ensuite à enfermer leurs adversaires le long de la ligne de touche, Benzema travaillant à son tour sur le défenseur central le plus proche (ex : marquage de Ramos si Monreal est en possession du ballon). Ce petit déplacement forçait la Roja à reculer de nouveau (via Valdes), permettant au milieu français de reprendre sa forme initiale dans l’axe.

En plus de bien protéger leur défense, les milieux français empêchaient ainsi l’Espagne de mettre en place son pressing habituel dans le camp adverse. Si Xavi et Villa étaient en première ligne pour faire le travail sur les possessions françaises, ils n’étaient pas assez suivis par leurs partenaires. Xabi Alonso a bien tenté de mettre la pression sur Pogba à plusieurs reprises au cours des premières minutes, mais le jeune milieu turinois s’en est à chaque fois sorti. La distance lui permettait d’anticiper à chaque fois le pressing du Madrilène et même de trouver des espaces dans son dos et celui d’Iniesta pour alerter Jallet, premier soutien de Valbuena. Sitôt le ballon récupéré, le Marseillais repiquait dans l’axe pour ouvrir le couloir à son latéral, à l’origine de la première situation favorable des Bleus (reprise de Benzema hors-cadre, 15e). Cabaye se projetait aussi vers l’avant sur ses tentatives d’attaques rapides.

Iniesta, Monreal et Xabi Alonso :

En début de partie, la première nécessité pour l’Espagne était de trouver la solution pour faire reculer les milieux français. A droite, le positionnement naturellement avancé de Pedro, qui n’intervenait pas dans l’entrejeu, n’était pas un problème pour le travail défensif des Bleus. Ribéry et Matuidi se partageaient naturellement les tâches : le premier couvrait le second lorsqu’il sortait sur les décrochages de Xavi. En revanche, côté droit, Cabaye et Valbuena devaient composer avec les déplacements d’Iniesta à l’intérieur du terrain. Depuis sa position de milieu gauche, le n°6 repiquait comme à son habitude à l’intérieur pour offrir des solutions à ses relanceurs. Jallet ne quittant pas l’alignement défensif, l’un des deux milieux se retrouvait forcé de récupérer le marquage. Si Cabaye s’en chargeait, il abandonnait Xabi Alonso… Et si Valbuena compensait sur celui-ci, il abandonnait Monreal. Bref, les Espagnols pouvaient toujours compter sur un joueur libre sur lequel s’appuyer dans cette zone.

A l'inverse de Pedro, Iniesta revient participer au milieu de terrain. Cabaye est contraint de récupérer le marquage. Valbuena se retrouve entre Xabi Alonso et Monreal, deux solutions courtes et faciles pour Ramos en possession du ballon.

Ramos a donc souvent eu le choix. Si Xabi Alonso et Iniesta étaient pris, Monreal était libre de partir dans le couloir gauche, entraînant avec lui Valbuena et libérant des espaces à ses partenaires dans la première moitié du camp français -soit la fameuse zone de confort-. Valbuena et Cabaye obligés de redescendre pour protéger Jallet face au duo Monreal-Iniesta, Xabi Alonso se retrouvait libre de tout marquage dans sa zone préférentielle. A plusieurs reprises, il en a profité pour renverser le jeu côté opposé ou chercher directement les attaquants -Villa ou Pedro- dans la profondeur. Il tentait les mêmes choses lorsque Valbuena et Cabaye lui abandonnaient de l’espace à hauteur de la ligne médiane -pour prendre Monreal et Iniesta-. A la retombée de ses changements de jeu, Arbeloa et Pedro pouvaient rapidement se trouver et à leur tour obliger Ribéry et Matuidi à reculer pour protéger leur défense.

Xabi Alonso, quarterback en liberté :

Signe de l’importance du travail des milieux français, les Espagnols se sont crées leur première occasion de but seulement quelques secondes après avoir atteint leur zone préférentielle. Un lancement de jeu de Xabi Alonso a abouti au décalage de Monreal et à son centre, mal repris par Xavi (5e). Après cette première alerte, les Bleus ont repris leur travail au milieu pour tenter de faire reculer la construction espagnole. En difficulté après quelques transmissions manquées en début de partie, Busquets a abandonné son rôle de milieu reculé au profit de Xabi Alonso. Profitant de l’absence de pression sur lui, ce dernier est resté dans son registre en jouant long pour chercher la profondeur ou les ailes. Il pouvait être imité par Piqué ou Ramos, voire par Xavi ou Busquets puisqu’ils échangeaient parfois leurs positions. A la retombée des longs ballons à destination des attaquants, les milieux espagnols tentaient de s’imposer sur les seconds ballons pour bloquer les Français dans leurs 30 mètres et s’installer dans leur camp.

Une situation rare dans ce match : un milieu français -Cabaye- sort sur le milieu espagnol le plus reculé pour essayer de l'empêcher de jouer à destination de Pedro sur l'aile droite. Une prise de risque puisque derrière, les Bleus se retrouvent à trois contre trois dans l'axe (Valbuena-Iniesta, Pogba-Xavi, Matuidi-Busquets).

La France au pressing : le milieu espagnol le plus reculé (Xabi Alonso) est toujours libre. Le pressing se concentre sur les deux Espagnols en position de relayeurs (Cabaye et Matuidi sur Busquets et Iniesta). Le fait de laisser libre le milieu le plus reculé permet de conserver une "sécurité" devant la défense (Pogba) au cas où les joueurs au pressing seraient battus (sur une passe ou sur un dribble).

(cliquer sur l'image pour l'agrandir) Dernière illustration du champ libre offert au milieu espagnol le plus reculé : Xabi Alonso démarre à hauteur des défenseurs centraux et peut progresser jusqu'à la ligne médiane sans être attaqué. Les Français cherchent d'abord à couper les possibilités de jeu court dans la profondeur. Ils ont adopté le même comportement face aux prises de balle de Xavi plus haut sur le terrain.

Petit à petit, l’Espagne est ainsi parvenue à faire reculer l’équipe de France. Xabi Alonso, Ramos et Piqué ont profité de l’absence de pression pour effectuer la première relance. A défaut de trouver Xavi ou Busquets, toujours pris dans l’étau français au coeur du jeu, ces derniers écartaient dans les couloirs, en recherchant des solutions le plus profondément possible dans le camp français. A gauche, les mouvements d’Iniesta permettaient d’ouvrir le couloir à Monreal. A droite, après plusieurs appels en profondeur infructueux, Pedro a commencé à décrocher et Arbeloa a même dédoublé. D’un côté comme de l’autre, il s’agissait de forcer les milieux français à reculer pour protéger leur défense (Cabaye-Valbuena pour Jallet, Matuidi-Ribéry pour Evra). En parvenant ensuite à ressortir de ses zones pour retrouver leurs milieux de terrain, les Espagnols avaient gagné la quinzaine de mètres qui manquaient pour pouvoir s’installer dans le camp français et permettre à Xabi Alonso et Busquets de lancer les mouvements.

Le double pivot espagnol en place : Xabi Alonso et Busquets aux lancements de jeu, Xavi et Iniesta en relais à hauteur du milieu français, Monreal et Arbeloa sur les côtés pour apporter de la largeur, et Villa et Pedro en attaquants pour perturber la défense française. Quelques secondes après cette capture, Xavi se crée la première occasion du match.

Benzema hors-jeu :

Une fois arrivés dans cette position, les Espagnols ont une nouvelle fois pu profiter d’un milieu volontairement laissé libre par l’organisation française. A tour de rôle, Xabi Alonso et Busquets ont profité du non-repli défensif de Benzema pour se retrouver face au jeu et sans pression. Matuidi et Cabaye avaient beau sortir à tour de rôle, la nécessité de conserver quatre joueurs en retrait pour encadrer Xavi et Iniesta rendait impossible le marquage des deux milieux espagnols. A l’instar de ce qu’avait pu faire le Real face au Barça il y a quelques semaines, Benzema, en tant qu’avant-centre, aurait dû revenir défendre à hauteur du double pivot adverse afin d’aider le milieu qui sortait au pressing.

Ce manque n’a toutefois pas coûté cher aux Bleus puisque la Roja n’a pas su en profiter. Les Français se sont montrés plus prudents dans leurs sorties et ont avant tout cherché à fermer au maximum les espaces au coeur du jeu afin d’empêcher les premiers passeurs de trouver les relais de Xavi, Iniesta voire même de Pedro entre les lignes. Ce positionnement plus bas a toutefois eu des conséquences sur la dangerosité des Bleus en contre-attaque : leur repli et leur attentisme a enfin permis à l’Espagne de presser en bloc et d’asphyxier la relance française. Le premier quart d’heure de la deuxième mi-temps a sans doute été le temps le plus fort des hommes de Del Bosque de ce point de vue.

Le pressing espagnol sur les milieux français : Pedro et Iniesta resserrent sur l'axe autour du duo Pogba-Matuidi. Xavi bloque la solution courte. Matuidi n'a pas d'autres solutions que de balancer devant, sans pouvoir juger de la position de ses attaquants, tous décrochés. Ramos et Piqué n'ont plus qu'à cueillir le ballon en couverture.

Ouverture du score et possession défensive :

Et ils ont finalement converti leur bonne entame de deuxième mi-temps juste avant l’heure de jeu, sur une action qui a pris par surprise les milieux de terrain français. Avant cette 59ème minute, Pedro avait pour habitude de lâcher rapidement le ballon lorsqu’il décrochait, pour remettre le ballon à ses milieux de terrain. Cette fois, il a décidé de le porter et s’est lancé dans une série de dribbles qui lui ont permis d’éliminer Ribéry et Matuidi avant d’envoyer le jeu côté opposé. A petit décalage, grande conséquence puisqu’à la retombée de sa transversale, le un-contre-un entre Monreal et Jallet a tourné à l’avantage de l’Espagnol. Plus vif que tout le monde, Pedro s’est retrouvé à la réception du centre de son partenaire pour mettre le ballon au fond des filets (1-0, 59e).

Après cette ouverture du score, l’Espagne a volontairement reculé d’une quinzaine de mètres afin de mettre en place sa « possession défensive ». L’objectif : offrir un maximum de solutions sans risque au porteur de balle, afin de faire tranquillement tourner le ballon, sans forcément donner l’impression de vouloir avancer vers les buts adverses. De cette manière, ils poussaient les cinq milieux de terrain français à se livrer et les attiraient vers une zone du terrain. L’entrée en jeu rapide de Jesus Navas (61e, à la place de Villa) a permis à la Roja d’ajouter une arme offensive à ce projet conservateur.

Le milieu droit de Séville s’est positionné sur l’aile droite, laissant la pointe de l’attaque à Pedro. Il est rapidement devenu la cible des relances de ses partenaires. En jouant plus bas et en penchant côté gauche, toujours autour de Xabi Alonso, les Espagnols obligeaient les milieux français à se déplacer vers cette zone, forçant Ribéry à laisser des espaces dans son couloir pour conserver la forme du milieu de terrain. Personne ne sortant au pressing sur eux, les Espagnols les plus reculés étaient libres de renverser le jeu dans son dos. Arbeloa jouait alors les relais pour Navas, ou ce dernier récupérait directement les ballons pour aller ensuite provoquer Evra ou Koscielny. Parfois gagnant, il se heurtait ensuite au manque de solutions dans la surface française. Un problème logique puisque excepté Pedro, la plupart de ses partenaires devaient partir de très loin pour être présents à la finition.

L'Espagne et son système de possession défensive : beaucoup de solutions autour du porteur de balle sans le moindre adversaire dans la zone. Spectateurs, les milieux français sont obligés de sortir et donc de laisser des espaces dans leur dos pour Iniesta ou Pedro. Côté droit, la solution Navas est illustrée en rouge. A noter que les dix joueurs de champ espagnols sont dans le champ.

La France pressante :

C’est dans ces conditions que le premier changement français est intervenu. Ménez a remplacé Cabaye (70e), entraînant le passage de l’équipe de France en 4-2-3-1 avec Valbuena en soutien de Benzema. Immédiatement, les Bleus se sont faits plus pressants et sont allés perturber la possession espagnole. En première ligne, la défense centrale était désormais prise en compte par le pressing français. Valbuena a alterné entre ce travail en première ligne aux côtés de Benzema et le marquage de Busquets ou de Xabi Alonso lorsque l’Espagne était forcée de ressortir le ballon par les couloirs. En couverture, Pogba et Matuidi suivaient eux les mouvements de Xavi ou Iniesta. Grâce à ce changement de système, les Bleus ont cassé le rythme adverse en forçant la Roja à sauter ses relais habituels.

La France au pressing pour bloquer toutes les solutions courtes : Benzema met la pression sur Ramos, Valbuena et Ménez sont sur Xabi Alonso et Monreal, Pogba sort du milieu de terrain sur Iniesta.

A la retombée des ballons, tout se jouait sur la capacité des défenseurs français à prendre le dessus sur Jesus Navas ou Pedro, compliquant forcément la situation pour eux. Le remplacement du buteur par Fabregas (76e) est aussi allé dans le sens des Français, l’ancien meneur d’Arsenal n’étant pas le plus efficace dans ces conditions. Mais l’expulsion de Pogba deux minutes plus tard a changé la donne (78e). Les Bleus ont dû une nouvelle fois changer de système, passant en 4-4-1 avec le recul de Valbuena aux côtés de Matuidi.

Ils ne pouvaient cependant pas se permettre de relâcher la pression sur la relance adverse, sous peine de finir la partie dans la peau des défenseurs. Sissoko est alors entré en jeu à la place de Benzema (82e). Ménez a pris la pointe de l’attaque et s’est retrouvé en première ligne du pressing. Ribéry se recentrait pour compléter son travail face à Piqué et Ramos. Valbuena et Sissoko étaient eux focalisés sur le double pivot espagnol. Matuidi évoluait en couverture devant la défense. Ribéry puis Evra (sur coup de pied arrêté) se sont crées des opportunités (84e, 86e), sans succès. L’Espagne a aussi eu une grosse occasion grâce à un ballon récupéré haut dans le camp français mais Lloris a évité le break dans les arrêts de jeu (91e).

Conclusion :

Une très grande bataille du milieu qui a finalement choisi le camp des plus talentueux. Jouant une véritable partie de gagne-terrain en première mi-temps, les Espagnols ont habilement manoeuvré le milieu français pour le pousser dans ses retranchements. Mais celui-ci a tout de même résisté, s’accrochant lorsqu’il était au plus mal, sans protection face aux lancements de jeu du double pivot adverse. Pris au dépourvu sur une action « surprise » sur le but espagnol, les Bleus ont ensuite eu la même force de réaction qu’à l’aller, poussant l’Espagne dans ses retranchements en fin de partie. Si regrets il doit y avoir, ils doivent évidemment concerner l’expulsion de Pogba, qui n’a pas permis de voir les Bleus plus de 8 minutes dans un système de jeu où ils semblaient en mesure de mettre en danger la relance espagnole.

Florent TONIUTTI
(sur twitter : @flotoniutti)

Capable de traduire cette analyse en Anglais, en Espagnol ou une autre langue ? Contactez-moi à cette adresse ([email protected]) afin de contribuer à la rapide diffusion des Chroniques Tactiques à l’international ! D’avance, un grand merci aux plus téméraires qui pourront accorder un peu de leur temps à ce petit coup de pouce.

Vous aimerez aussi...

8 réponses

  1. aziz dit :

    Ton analyse est magnifique et la conclusion grandiose. Tu dors jamais?

  2. Half dit :

    Analyse pertinente surtout concernant la bataille du milieu qui est toujours le nerf de la guerre contre l’Espagne.

    Pour information je n’ai pu voir que la 2nd mi temps donc mon analyse ne se portera que sur celle ci.

    En premier lieu je pense qu’il est important de noter que 0-0 à la mi temps était très favorable aux Français et que ça a souvent été l’objectif fasse aux Espagnols de ne pas prendre de but durant la première mi temps pour ensuite exploiter nos atouts physiques et dynamiques (Matuidi, Sissoko, Valbuena, Ribery, Menez …) afin de mettre ce petit but.

    Concernant le match en soi il n’y a pas grand chose à dire, l’Espagne a bien joué, de façon intelligente (elle ne s’est pas contentée de jouer la passe à 10 mais à chercher à déstabiliser le bloc français. Côté Français on a très bien tenu hormis pour les latéraux qui ont trop souvent perdus leur face à face.
    La défense centrale a montré beaucoup de sérénité et je pense que l’on a vraiment trouvé une bonne base défensive avec le trio Varana/Koscielny/Sakho tous les trois très bons en bleu.
    Les latéraux ont vraiment été notre gros point faible, autant offensivement que défensivement.

    Notre milieu a revanche a dégagé beaucoup de promesse surtout la doublette Pogba/Matuidi. Cabaye fait un match beaucoup moins bon mais c’était difficile pour lui de s’exprimer avec le pressing espagnole. L’avantage du trio Cabaye/Pogba/Matuidi c’est qu’on arrive a un réel équilibré défensif et offensif entre un Cabaye technique, bon dans le jeu de loin, qui fait office de métronome. Un Matuidi énorme défensivement qui ne relâche jamais le pressing, qui court de partout et qui a aussi la faculté d’apporté offensivement (même si là on l’a moins vu) un peu façon Viera. Enfin Pogba me semble être le juste milieu entre les deux, à la fois technique (et ça on a pu le voir, double contact, beau touché de balle), bon dans le jeu de loin (surement l’effet « Pirlo » à l’entraînement) mais aussi très bon défensivement et complémentaire avec Matuidi.
    Vraiment ce trio me semble très prometteur, d’autant plus que sur le banc il reste des Gonalons, Sissoko pour apporter de la diversité et d’autres combinaisons.

    Concernant l’aspect offensif je pense qu’on est arrivé à avoir de bonnes conclusions : Ribéry/Valbuena c’est le top. Pour moi c’est vraiment de niveau mondial (en ce moment en tout cas). Ribéry a la faculté d’apporté du danger sur chaque ballon même quand on pense qu’il a raté son contrôle ou son dribble. Le gars se bat, se démène pour obtenir soit une récupération du ballon soit un corner/touche.
    Valbuena lui est beaucoup moins « brouillon ». Il prend le ballon et grâce à son style de jeu fait de petites touches, de crochets il peut facilement orienté le jeu et apporter le danger. Le seul problème c’est qu’il repique dans l’axe (sa position plus naturelle désormais) laissant le couloir au latéral et ça c’était le problème hier : Jallet n’était pas capable de tenir le couloir seul et surtout pas capable d’aligner un bon centre.

    Pour Benzema je suis beaucoup plus sceptique, aujourd’hui c’est quand même 1000 minutes (un peu plus même) et 50 tirs sans but depuis son dernier but. C’est juste énorme pour un attaquant. Même dans le jeu je ne le trouve pas si bon que ça, l’animation offensive se fait via ribéry/valbuena mais lui n’a pas apporté tant que ça. On le voit aussi très absent sur le pressing, bref pour moi aujourd’hui il n’a plus sa place. Derrière on a notamment Giroud, qui n’est pas exceptionnel mais qui a le mérite d’être un des meilleurs joueur de tête d’Europe et ce jeu se marie parfaitement avec les décalages et les centres que peuvent faire nos alliers/latéraux.
    Giroud c’est moins impressionnant que Benzema sur le papier mais ça reste 2 buts important lors des deux derniers match (si on compte pas celui d’hier) et deux fois de la tête. Or grâce à Valbuena/Ribéry on a la possibilité d’obtenir beaucoup de corner/coup franc. Si on ajoute à Giroud Varane (ou sakho), Koscielny et éventuellement Matuidi/Pogba on se retrouve avec une équipe qui peut faire très mal sur coup de pied arrêté et ça c’est un aspect non négligeable dans des parties où on arrive pas à faire la différence dans le jeu.

    D’ailleurs personnellement je préférerai un système 433 avec un trio Ribéry/Valbuena/Giroud et en 2nd mi temps ou lorsque le jeu se ferme et que Giroud commence a fatigué le changer pour Benzema qui peut apporter ses dribbles, décrochages, frappes pour de nouveau apporter le danger. Ca me semble plus logique actuellement.

    Si on en revient aux corners je ne comprend vraiment pas cette technique de le jouer à deux. Ca fait perdre du temps, ça oblige un repositionnement des joueurs de tête et ça marche pas souvent. Surtout, c’est totalement bête de faire ça si c’est pour jouer le une deux et finalement faire un centre derrière, autant le faire de suite avec le corner. A la limite si derrière on fait un décalage dans l’axe pour tenter une frappe, d’accord ça se tient, mais là …

    Bref je m’arrêterai là, je pense vraiment qu’on tient le bon bout et que cette équipe a moyen de rivaliser avec beaucoup d’autres. Elle pêche encore sur certains points (les latéraux, la pointe …) mais grâce au milieu, à la défense centrale et à Ribéry/Valbuena je pense qu’on a les moyens pour résister contre à peu près n’importe quelle équipe. Du coup je m’inquiète pas plus que ça pour la CM, il reste 3 matchs et au pire les barrages. Après il faudra bien entendu continuer de convaincre au mondial, mais ça c’est pour dans 1 an et demi.

  3. aziz dit :

    Je viens de voir le classement FIFA zone Europe. Il y a devant la France parmi les probables deuxièmes: la Croatie, la Grèce, l’Angleterre, le Portugal. De plus la Belgique pointe son nez derrière. Vu le programme d’ici octobre qui ne risque pas d’améliorer notre classement(matchs amicaux en Amérique du sud) on va sûrement se taper un gros en barrage. Dire qu’on était quasi qualifié avec un match nul. Si proche si loin…

  4. Shinji dit :

    C’est fou ce que Benzema n’a servi à rien.

    Le choix de Giroud aurait été plus judicieux pour aller au duel avec Piqué et Ramos ainsi que pour sa capacité à effectuer le travail défensif en se positionnant entre le double-pivot espagnol.
    Cabaye n’a pas été à la hauteur alors que l’entrée de Sissokho à beaucoup apporté. Son impact physique et sa capacité de percussion auraient peut être été plus utiles que les qualités d’organisateur de Cabaye, Valbuena étant déjà la pour ça.

    Je n’avais pas compris le but du remplacement Navas-Villa, mais l’explication tactique est juste géniale!

  5. Jeff dit :

    Deschamps a finalement remis une copie assez proche de celle de Blanc à l’Euro. Les joueurs étaient différents mais la conception d’ensemble similaire : verrouiller le milieu de terrain avec trois défensifs et contre-attaquer.

    Les Portugais s’y étaient pris différemment, avec plus de succès.

  6. Thibaut dit :

    Qu’est-ce-que Benzema faisait sur le terrain pendant le match ?! Il n’a plus sa place en Equipe De France (pour le moment) et ce match n’a fait qu’empirer son image, après 1000mn de jeu sans aucun but. Je pense qu’il ferait mieux de se retirer le temps de redorer son blason et de revenir plus fort !

  7. Grit dit :

    A 3 joueurs près on pouvait prétendre à un meilleur résultat : Sissoko pour Cabaye, Giroud pour Benzema et un vrai latéral droit style Sagna pour Jallet. Dommage !

  8. Alex dit :

    Superbe analyse et petite remarque: « voire même » revient à écrire deux fois même, voire (avec un E) du mot latin verra qui veut dire … même

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *