France 0-1 Biélorussie : Zoom sur le fantôme de Guillaume Hoarau

« Je ferai jouer les garçons à leur meilleur poste. » Si Laurent Blanc n’a peut-être pas exactement dit ça, c’est l’une de ses nombreuses idées directrices ressorties après chaque conférence de presse. Passons sous silence (par pudeur) le fait d’avoir vu Jérémy Menez évoluer milieu relayeur pendant une bonne partie de la rencontre et intéressons-nous plutôt au cas de Guillaume Hoarau. L’attaquant parisien a traversé le match face à la Biélorussie dans l’anonymat le plus total, récoltant les plus mauvaises notes de la part des spécialistes. Si son manque d’expérience du très haut niveau lui est évidemment préjudiciable, son utilisation dans le schéma Laurent Blanc l’est tout autant. Explications.

Hoarau en club :

Dans le 4-4-2 de Kombouaré, Hoarau est l’attaquant qui décroche. Alors qu’Erding évolue sur toute la largeur du terrain et dans la profondeur, le Réunionnais redescend aux alentours du rond central pour offrir un point d’appui au sol aux relances des défenseurs parisiens. Lorsque Paris veut relancer proprement, il touche quasiment tout le temps le ballon dans cette position décrochée. A l’instar d’un Cavenaghi lors de sa meilleure époque bordelais, on pourrait qualifier son rôle de « meneur de jeu dos au but ». Il donne le premier coup d’accélérateur à l’attaque en orientant le jeu sur le côté faible de la défense adverse.

Hoarau au coup d’envoi :

Lorsque les premières compositions d’équipe travaillées à Clairefontaine tombent dans la presse, il semble envisageable de retrouver Hoarau dans les mêmes conditions qu’au PSG. Le 4-4-2 à plat est bien là et surtout, Hoarau se retrouve associé à un Rémy tout à fait capable de tenir le rôle de l’attaquant de pointe et du joueur de profondeur. Jusqu’au coup d’envoi, tout va bien.

Mais les premières minutes de la rencontre dévoilent un tout autre tableau. Hoarau ne retrouve pas son rôle parisien car ses coéquipiers en bleu ne tiennent tout simplement pas les mêmes rôles que ses partenaires à Paris. A l’inverse d’un Bodmer, Diaby porte le ballon dans l’entrejeu et court-circuite la solution Hoarau en décrochage. Idem pour les ailiers qui ne se servent pas du Parisien comme d’un appui, préférant eux aussi repiquer dans l’axe pour prendre le jeu à leur compte.

Résultat de cet embouteillage, Hoarau se retrouve à jouer plus haut et au sein d’une défense biélorusse très resserrée. Or, et ça n’a pas changé depuis le début de sa carrière, le Réunionnais a toujours du mal lorsqu’il est suivi de près par un ou deux défenseurs. A l’inverse de ce que Blanc pensait peut-être il y a quelques semaines, Hoarau n’est pas le guerrier qui pourra succéder à Marouane Chamakh dans le coeur du sélectionneur. Comme évoqué plus haut, son rôle de prédilection se rapproche plus d’un Cavenaghi bordelais. Et on sait ce qu’il est advenu de l’Argentin sous l’ère Blanc.

Le passage en 4-3-3 :

Pour des raisons obscures (je dois vous avouer que je n’ai pas suivi ce match très attentivement), l’équipe de France est rapidement passé de ce 4-4-2 « intéressant au départ mais non » à un 4-3-3 avec notre cobaye du jour en pointe. Déjà sur le papier, Hoarau n’est plus du tout dans sa configuration club. Néanmoins, la présence de Rémy à droite offre encore la possibilité d’une entente entre les deux hommes, Hoarau redescendant d’un cran lorsque le néo-Marseillais tente de plonger dans le dos de la défense centrale biélorusse. Si tant est que celle-ci offre un peu de profondeur…

Mais pour ne rien arranger à l’affaire, Rémy se blesse à la demi-heure de jeu. A partir de là, deux solutions se présentent au sélectionneur : faire rentrer un joueur de profondeur (Gameiro) ou un ailier/animateur (Valbuena). Blanc choisira la pire solution pour le rendement futur de Hoarau. Valbuena s’installe et devient le pendant à droite de Malouda, un ailier qui rentre constamment à l’intérieur pour, par exemple, ouvrir le couloir à son latéral. Hoarau se retrouve définitivement seul sur le front de l’attaque des Bleus. N’est pas Chamakh qui veut.

Désormais, impossible (et inutile) de décrocher sous peine de se retrouver dans le même cas qu’Anelka pendant la Coupe du Monde. Hoarau n’a plus les mêmes repères qu’en club. Il n’a plus qu’à livrer une prestation décevante et se faire déchirer aujourd’hui dans la presse. Oui, il n’a certainement pas le niveau international. Mais non, il n’a pas joué à son poste. Dans son rôle habituel pour être plus précis. Plus que la position sur le terrain, c’est sans doute cette idée-là (du rôle) que Blanc devra prendre en compte pour ses prochaines compositions…

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2 réponses

  1. Rambo dit :

    C’était n’importe quoi le shéma tactique français!! Le milieu, un joyeux bordel…

  2. Guess dit :

    Je pensais être le seul à ne pas comprendre pourquoi les joueurs (dont Malouda plus particulièrement) ne restaient pas dans leurs zones ?

    Etait-ce un ordre de Laurent Blanc ??

    Pourquoi Malouda et Valbuena ne jouent pas comme des ailiers ?
    Pour laisser de l’espace au latéraux qui montent ? Oui mais bon, je n’ai pas vu énormément de centres de Clichy et Sagna pour autant.

    C’est pourtant facile, les ailiers sur leurs cotés, les 6 et 8 au milieu et les 9 et 11 devant.

    Pourquoi se mélanger ? à certains moment on ne savait plus ou jouaient Valbuena Menez Malouda c’était impressionnant comme foutoire…

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