Benfica 1-2 Chelsea, l’analyse tactique

Sans paraître supérieur à son adversaire, Chelsea est allé chercher sa deuxième coupe d’Europe en deux saisons en venant à bout de Benfica dans les dernières secondes de la rencontre. Complètement dépassés dans le premier quart d’heure, les Blues ont procédé à plusieurs réajustements tactiques pour monter en puissance et prendre l’ascendant après la pause.

Aucune surprise au coup d’envoi : les deux équipes se présentent dans leurs systèmes de jeu habituels, en 4-2-3-1. Du côté de Chelsea, Rafa Benitez doit faire avec quelques absents de marque, dont Ba et Hazard. Torres et Ramires les remplacent pour former le quatuor offensif des Blues avec Mata et Oscar. David Luiz est lui reconduit au milieu de terrain aux côtés de Lampard (Cech – Azpilicueta, Cahill, Ivanovic, Cole – David Luiz, Lampard – Ramires, Mata, Oscar – Torres). Côté lisboète, Jorge Jesus doit composer sans Maxi Pereira au poste de latéral droit. Conséquence, André Almeida glisse dans ce couloir et laisse le flanc gauche de la défense à Melgarejo (Artur – André Almeida, Luisao, Garay, Melgarejo – Matic, Enzo Perez – Salvio, Rodrigo, Gaitan – Cardozo).

Benfica supérieur dans tous les domaines :

En début de partie, Chelsea tente de prendre la main au milieu de terrain en mettant la pression sur la transition adverse.  Si Luisao et Garay bénéficient d’une certaine liberté, les Blues sortent sur les joueurs chargés de la transition. Melgarejo et André Almeida subissent la pression de Ramires et Oscar, qui sont accompagnés dans leurs sorties par Azpilicueta et Cole (face à Gaitan et Salvio). Dans l’axe, Mata et Torres coulissent sur la largeur de manière à s’opposer à la première relance portugaise, de Garay, Luisao ou Matic.

Mais la formation portugaise n’a aucun mal à déjouer ce pressing, en jouant sur la mobilité de trois de ses milieux de terrain : Enzo Perez, Rodrigo et Gaitan. Le premier intervient lorsque Benfica remonte le ballon via son flanc droit (via Luisao, André Almeida). A plusieurs reprises, il prend le dessus sur Lampard, chargé de sortir au pressing lorsque la paire Mata-Torres est éliminée, que ce soit en vitesse ou après un dribble. Pour compléter le travail de l’Argentin, Rodrigo et Gaitan exploitent les intervalles dans l’axe : le premier décroche à hauteur de son partenaire pour offrir une solution latérale. Sur le papier, David Luiz est censé sortir sur lui à l’instar de Lampard sur Enzo Pérez, mais le Brésilien est limité dans ses possibilités de pressing en raison des courses latérales de Gaitan, qui repique dans son dos depuis son aile gauche.

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Sans solution dans l’axe, Benfica passe par le couloir pour remonter le terrain. En possession du ballon, Luisao transmet à Enzo Perez. En réaction, Lampard sort au pressing. Au coeur du jeu, Rodrigo a décroché de sa position d’attaquant de soutien derrière Cardozo (en haut à gauche de l’image) pour compenser le décrochage de Matic et offrir une solution à hauteur de son partenaire. David Luiz se retrouve pris entre-deux : entre la nécessité de sortir presser Rodrigo, et de rester en retrait pour ne pas être pris dans son dos par le déplacement de Gaitan.

Même situation, ou presque, côté opposé. Garay est en possession du ballon après une circulation de la droite vers la gauche permise par le décrochage de Matic (3 contre 2 face à Mata et Torres).

Même situation côté opposé. Garay est en possession du ballon après une circulation de la droite vers la gauche permise par le décrochage de Matic (3 contre 2 face à Mata et Torres). Rodrigo est revenu à hauteur d’Enzo Perez pour offrir une solution supplémentaire dans la zone de David Luiz. Sur l’aile gauche, Melgarejo est oublié par Ramires et en profite pour prendre la profondeur. Après David Luiz, c’est Azpilicueta qui est pris entre deux marquages : suivre Gaitan dans l’axe ou rester dans le couloir pour le fermer face à Melgarejo.

Au court du premier quart d’heure, les Portugais trouvent des solutions entre les lignes adverses, qui aboutissent à plusieurs décalages sur les ailes grâce aux montées de Melgarejo et Salvio. Côté droit, Le soutien d’André Almeida permet de ressortir le ballon du couloir pour ensuite trouver Gaitan, Rodrigo ou Enzo Perez plein axe, à 20/25 mètres des buts de Cech. La formation de Jorge Jesus s’offre trois situations dangereuses au cours de ces premières minutes mais manque de spontanéité, et donc d’efficacité, dans le dernier geste.

Derrière, la couverture est assurée par Matic, les défenseurs centraux et le latéral resté en arrière puisque non-concerné par l’offensive. En plus de développer un jeu léché offensivement, Benfica travaille efficacement sur la relance adverse. Le positionnement haut des latéraux, ainsi que les déplacements dans l’axe de Gaitan, Enzo Perez ou Rodrigo, obligent Oscar et Ramires à revenir défendre très bas. Résultat, Mata et surtout Torres sont souvent esseulés, Matic travaillant à la séparation des deux hommes afin de permettre à Luisao et Garay de gérer les déplacements de l’avant-centre des Blues. Une fois le ballon perdu dans les 30 derniers mètres adverses, Benfica presse la relance en marquant toutes les solutions courtes autour du porteur, si bien que Chelsea est obligé de jouer long. A la retombée de ces relances, Luisao et Garay dominent dans les airs et le bon repli du bloc portugais assure une présence efficace sur les seconds ballons.

Cech est en possession du ballon. Les attaquants et les milieux de Benfica sont en place sur toutes les solutions dans la moitié de terrain londonienne, forçant ainsi la relance longue du portier tchèque.

Cech est en possession du ballon. Les attaquants et les milieux de Benfica sont en place sur toutes les solutions dans la moitié de terrain londonienne, forçant la relance longue du portier tchèque.

Chelsea recule :

Au quart d’heure de jeu, Chelsea abandonne l’idée de sortir sur les latéraux adverses. Au lieu de presser à hauteur de leurs attaquants, Oscar et Ramires se concentrent désormais sur le repli défensif afin d’encadrer plus efficacement Lampard et David Luiz. Les deux excentrés de Chelsea ne prennent plus le risque d’être pris dans leur dos par les montées de leurs adversaires directs. Le repli de Ramires permet notamment à Azpilicueta de suivre Gaitan lorsqu’il repique dans l’axe, en attendant le retour de ses milieux de terrain. Mata et Torres reviennent eux aussi défendre afin de limiter les possibilités pour Matic et Enzo Perez.

Ramires revient défendre sur la montée de Melgarejo. Son repli permet à Azpilicueta de suivre son adversaire direct (Gaitan),

Ramires revient défendre sur la montée de Melgarejo. Son repli permet à Azpilicueta de suivre Gaitan. Conséquence, les milieux de terrain (David Luiz, Lampard) assistés des attaquants (Mata, Torres) peuvent serrer le marquage sur Enzo Perez, Rodrigo et Matic. Côté opposé, Oscar est au contact de André Almeida.

Immédiatement, Benfica connaît plus de difficulté pour attaquer la défense adverse : son jeu se fait plus latéral et donc moins dangereux pour les grands gabarits que sont Cahill et Ivanovic qui contrôlent, plus ou moins légalement, Cardozo. Les centres se multiplient mais sans décalage au départ, puisque Cole et Azpilicueta bloquent bien leurs zones. Chelsea gagne plus de ballons dans l’entrejeu et peut  lancer des mouvements offensifs avant que Benfica ne mette en place son pressing. Problème, Torres reste très esseulé, seul contre deux sur le front de l’attaque et les rares mouvements offensifs préparés couloir droit (David Luiz aux lancements de jeu, Azpilicueta sur l’aile, Ramires vers l’intérieur du terrain) n’aboutissent pas, faute de justesse dans les combinaisons.

Les ajustements de Benitez :

Après s’être rassurés défensivement, les Blues reviennent plus haut après la pause. Comme Benfica en début de partie, ils bloquent les solutions courtes proposées à Artur (Luisao, Garay) afin de forcer la relance longue du portier portugais. A la retombée, Ivanovic, Cahill et David Luiz s’imposent dans les airs (Cardozo est l’unique menace) et facilitent les récupérations de balle de leurs partenaires. Beaucoup plus à l’aise, les Blues parviennent à ralentir les sorties de balle et à perturber un peu plus l’animation offensive lisboète.

Rafa Benitez a profité de la mi-temps pour procéder à quelques ajustements offensifs bienvenus qui permettent à ses joueurs de se défaire plus facilement de la pression portugaise. Au lieu de rester dans les zones de Matic et du duo Luisao-Garay, Torres et Mata s’excentrent pour profiter des espaces laissés par les latéraux du Benfica, obligés de monter aux avants-postes pour créer des décalages ou profiter de positions favorables offertes par leurs attaquants sur les ailes. Les deux Espagnols de Chelsea offrent ainsi des solutions courtes à leurs partenaires, et deviennent des référents autour desquels tournent Ramires et Oscar en cas d’attaque rapide. Malgré ces progrès, c’est sur une relance longue de Cech et un deux-contre-un remporté par Torres sur la défense portugaise qui permettent aux Londoniens de convertir leur bonne reprise au tableau d’affichage (0-1, 60e).

Chelsea s'apprête à ressortir un ballon après une attaque adverse. Au lieu de rester dans l'axe, zone gardée par Matic et Luisao-Garay, Mata et Torres s'excentrent sur l'aile afin d'exploiter les espaces dans le dos de Melgarejo.

Chelsea s’apprête à ressortir un ballon après une attaque adverse. Au lieu de rester dans l’axe, zone gardée par Matic et Luisao-Garay, Mata et Torres s’excentrent sur l’aile afin d’exploiter les espaces dans le dos de Melgarejo.

Le coaching de Jorge Jesus :

Rapidement, le coach lisboète réagit en faisant entrer Lima et Ola John à la place de Rodrigo et Melgarejo. Véritable deuxième attaquant, le premier arrive pour tourner autour de Cardozo au lieu de revenir dans l’entrejeu comme le faisait jusque là l’ancien pensionnaire de la Castilla madrilène. John entre lui sur l’aile gauche, Gaitan reculant au poste de latéral. Avec Salvio à droite et le Néerlandais de l’autre côté, Benfica se retrouve avec deux joueurs censés percuter et apporter de prendre la profondeur sur les ailes. De quoi offrir de nouvelles solutions alors que le bloc haut de Chelsea force les Portugais à jouer plus directement vers leurs attaquants. Une minute après ce double remplacement, un mouvement entre Cardozo et Lima pousse Azpilicueta à la faute. Le latéral espagnol intervient de la main dans sa surface. Penalty transformé par Cardozo (1-1, 68e).

Après ce but, rien ne change dans l’opposition jusqu’à ce que l’on entre dans les dix dernières minutes de jeu. Sans doute fatigué et diminué par la sortie de Garay sur blessure (76e, remplacé par Jardel), Benfica se fait moins pressant, alors que Chelsea continue de résister aux relances adverses en restant haut sur le terrain. Les Blues profitent du pressing réduit de leurs adversaires pour appuyer sur la zone de Gaitan (à gauche de la défense) en y balançant plusieurs longs ballons. Les Portugais finiront par craquer au bout des arrêts de jeu, sur un corner obtenu justement dans cette zone du terrain (1-2 : Ivanovic, 90e+3).

Le match touche à sa fin : Benfica recule et Chelsea abuse de longs ballons vers la zone de Gaitan, latéral gauche de fortune après la sortie de Melgarejo. A noter la position de Matic, beaucoup plus bas qu'Enzo Pérez afin de tenter de protéger le côté faible de la défense lisboète. Une position qui explique le recul de l'ensemble du bloc.

Le match touche à sa fin : Benfica recule et Chelsea abuse de longs ballons vers la zone de Gaitan, latéral gauche de fortune après la sortie de Melgarejo. A noter la position de Matic, beaucoup plus bas qu’Enzo Pérez afin de tenter de protéger le côté faible de la défense lisboète. Une position qui peut expliquer le recul de l’ensemble du bloc portugais en fin de partie.

Conclusion :

Comme la saison dernière en Ligue des Champions, le mot hold-up peut facilement venir à la bouche pour qualifier la victoire des Londoniens. Loin du niveau technique de leurs adversaires, ils ont résisté avec d’autres armes, profitant de plusieurs réajustements tactiques pour compenser la supériorité de leurs adversaires et finalement équilibrer les débats en deuxième mi-temps… avant d’enlever le titre sur l’un de ses fameux détails qui font les finales de Coupe d’Europe.

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8 réponses

  1. Half dit :

    Bonjour,

    Tout d’abord merci pour cette analyse ! Comme souvent l’ensemble est cohérent et nous permet de revoir le match avec des détails que l’on aurait pas forcément remarquer lors du direct.

    Cependant je suis obligé de revenir sur certains points, surtout concernant la première période.
    Je pense que vous n’avez pas assez appuyé sur la domination du Benfica lors des 45 premières minutes. Benfica proposait du jeu, du mouvement. Il y a facilement 4 ou 5 actions qu’ils doivent mettre au fond, surtout avec un buteur comme Cardozo. Je pense qu’ils ont eu un excès de collectif ainsi que l’absence d’un attaquant (hormis Cardozo) qui pouvait prendre ses responsabilités et frapper.

    Ca me semble assez évident, si en première mi temps Lima était sur le terrain à la place de Rodrigo je suis persuadé que lui aurait tenté plus souvent la frappe et qu’il aurait eu plus de sang froid dans la surface adverse.

    Dans cette première mi temps il ne manque vraiment rien à Benfica (en dehors du réalisme donc), les joueurs proposent un collectif bien huilé (bien que parfois trop brouillon) et en face on voit Chelsea totalement dépassé par la mobilité des milieux benfiquistes.

    J’ai encore une fois été déçu par Chelsea, incapable de tenir un pressing ou même de bien défendre, car clairement ils n’ont pas bien défendu. J’ai lu un peu partout dans la presse qu’il fallait féliciter l’équipe Anglaise pour le courage de leur défense mais je ne suis pas de cet avis. Leur milieu a été transparent, on parle beaucoup de Lampard mais hormis deux frappes il s’est fait contourné de tous les côtés et il semblait incapable de récupérer le ballon. Pareil pour Davis Luiz qui était totalement perdu face aux mouvements incessant de l’équipe Portugaise.
    Torres, Oscar, Mata, Ramirez ont été quasiment invisibles (surtout pour le dernier) et ont même raté certaines contre attaque.

    Là où je suis vraiment déçu c’est par rapport à l’effectif de Chelsea qui contraste avec le jeu qu’il propose. Des joueurs comme Mata, Oscar, Ramirez, Cole, Lampard, Torres ça doit pouvoir proposer des solutions offensives, mais finalement on se rend compte que l’ensemble est très brouillon.

    Hier soir on peut féliciter Benfica pour avoir proposer du jeu, sans quoi on aurait eu une finale terriblement ennuyeuse.

    C’est surtout là que je veux en venir, on arrive un peu avec Chelsea aux limites du football.
    Le football c’est quoi ? Un sport certes, mais c’est avant tout un divertissement, une passion pour tous les gens qui le regardent. Si Benfica n’avait pas proposer du beau jeu je serais vraiment entrain de plaindre les gens qui se seraient déplacer au stade. Le foot doit aussi être un spectacle, et c’est une chose que Chelsea n’a pas encore compris car depuis 2 ans ils nous sortent le même football toujours aussi fade malgré un effectif jeune et dynamique.

    Bref vraiment déçu de l’attitude de Chelsea et surtout déçu de leur victoire. Je n’aime pas parler de mérite dans le football mais il y a des limites quand même.

  2. Hents dit :

    Bonjour,

    Je n’ai rien à redire ou à ajouter à l’analyse sauf peut-être que les captures et les approfondissements se concentrent trop sur un trop court laps de temps.

    Après les 15 premières minutes, Chelsea s’est un peu repris en main mais pas assez pour contrer efficacement la construction de Benfica dans les 20-30 mètres, et surtout Chelsea n’a pas réussi à trouver ses habituels circuits de sortie de ballon à la récupération.

    Concernant la réponse de Half, je pense que tu tombes trop rapidement dans le cliché en mettant de le même panier ce Chelsea 2013 et celui de 2012. Si tant est que tu suives un peu Chelsea sur la saison, tu verras que l’équipe a réussi une des saisons les plus prolifiques en terme de buts de son histoire (145 jusqu’à présent). Mais si tu ne veux pas discuter au niveau des statistiques, on peut aussi parler de niveau de jeu.

    Pour moi, la faiblesse de Chelsea hier se situait surtout au niveau de la forme physique (69 matchs effectués jusqu’à maintenant cette saison), mais aussi dans sa manière d’aborder cette finale. On a pu voir notamment la febrilité d’Oscar, la nervosité évidente de Ramires et la disparition de Mata durant les premières minutes.

    Où je veux en venir? Et bien, que Chelsea a dû s’adapter rapidement à la situation et réagir (même maladroitement) en conséquence. Et pour une équipe usé et si défensif comme tu le prétends, ils ont quand même superbement terminé le match. Parfois, le football n’est pas uniquement le spectacle, ni le beau jeu. Ce n’est pas parce que Chelsea n’en propose pas qu’elle pratique un football fade. L’équipe utilise juste les moyens en sa possession et cela lui réussit plutot bien. Et cela prouve encore une fois de plus que le talent ne suffit pas mais qu’il faut toujours un état d’esprit impeccable pour conclure des comptétitions de cette niveau.

    C’est ce que Chelsea a eu et c’est un peu à l’image de cette équipe.

  3. aziz dit :

    @Half
    Tout à fait d’accord avec toi notamment sur le comportement de Chelsea. Ils ont un effectif plus riche que celui de Benfica et c’est eux qui défendent!
    il y a toujours eu deux conceptions du foot: ceux qui pensent que gagner commence par ne pas prendre de buts et ceux qui pensent que gagner commence par marquer des buts. ça ne changera pas. C’est la version footbalistique du combat éternel entre l’épée et le bouclier.

  4. Half dit :

    @ Hents : Tout d’abord merci pour ta réponse,

    Je suis d’accord sur un point c’est que j’ai eu tendance à exagérer le jeu de Chelsea. Mais n’ai-je pas raison de le faire ? Quand tu vois l’effectif c’est un minimum que de voir des buts, attends y’a quand même Hazard, Mata, Oscar, Ba, Torres, Lampard, Cole, Ramirez et tous les joueurs de têtes (Cahill, Terry, Luiz, Ivanovic)…

    L’histoire des match joués pour moi n’est pas un argument valable. Chelsea a joué autant de match que n’importe quelle équipe qui joue l’Europe et qui va assez loin dans les coupes. Pour Benfica on doit être a peu près au même nombre de match (certes moins de match de championnat, mais pareil Ligue des Champions puis UEFA). Et puis attend quand tu vois le banc de Chelsea je pense qu’ils sont suffisamment bien taillés pour jouer sur plusieurs tableaux. D’ailleurs ils ont très souvent tournés en ligue Europa pour justement en garder pour le championnat.

    Quand je lis que l’équipe utilise les moyens en sa possession j’ai l’impression qu’on parle d’une équipe comme Nice ou St Etienne pour faire le rapport avec la ligue 1, des petits clubs avec un petit effectif. Non là on part de Chelsea, on parle d’une équipe qui possède à chaque poste des internationaux (Cech, Luiz, Ivanovic, Cole, Lampard, Ramires, Oscar, Hazard, Mata et Torres dans une moindre mesure -Espagne donc plus de concurrence-). En quand tu regardes le banc on est pas en reste (Bertrand, Terry -si pas titulaire-, Marin, Romeu, Obi, Benayoun, Ba, Moses), on fait quand même pire comme banc.

    Donc à un moment je veux bien qu’on parle d’une équipe fatiguée mais faut rester cohérent, d’ailleurs c’est pas le seul match en Europa Ligue où ils déjouent, leur parcours est franchement pas très glorieux avec des victoires très souvent à l’arraché et des défaites contre des petites équipes.

    Après, certes, je pense que je n’ai pas pris en compte le facteur « entraineur » qui est quand même important. En 2 ans c’est 3 entraîneurs différents avec trois philosophies de jeu donc forcément cela n’aide pas.

    Là où je te rejoins par ailleurs c’est que quoi qu’on puisse dire cette équipe possède une mentalité de fer et je pense que c’est en partie grâce à des cadres comme Lampard, Cech (Terry un peu moins peut être cette saison), Cole …

    Bref, j’espère que j’aurais réussi à nuancer un peu mes propos, même si globalement je reste convaincu que depuis deux ans (en Europe au moins) Chelsea reste la grosse « arnaque » (à comprendre au sens de bluff, surprise) de ces coupes d’Europe.

  5. SeBlueLion dit :

    Hents: Tu sembles sous-estimer largement l’impact du nombre de matchs disputés. Chelsea a disputé hier soir son 68e match de la saison, ce qui constitue en soi un record. Il reste encore un match de Championnat et un éventuel play-off contre Arsenal à jouer.

    Benfica a disputé 56 matchs. Chelsea avait la SC, la CWC en plus des coupes Nationales garnies de replays et de tours aller-retour… Soit au final, 12 matchs de plus et un déplacement au bout du monde

    A cela il faut ajouter le fait que certains joueurs ont dépassé la barre des 60 matchs avant d’avoir dépassé celle des 21 ans (Oscar a même 74 matchs depuis les J.O, ce n’est même plus de la folie à ce stade).
    L’effectif comportait en tout une quinzaine d’options crédibles, il s’agit d’une gestion qui traduit la position intérimaire de Di Matteo ou Benitez qui ne disposaient que d’effectifs bruts sans banc de remplaçants en l’attente d’un manager (Pellegrini, Mourinho) qui complète son banc avec ses choix d’hommes/joueurs.

    Du fait cela réduit énormément les possibilités de variation tactique: commencer une saison avec un seul attaquant, quatre milieux axiaux dont un de 35 ans et l’autre de 21 ans forcait à utiliser un 4-2-3-1 par défaut et subir les conséquences de l’accumulation de profils similaires.

    Les failles tactiques étaient évidentes d’entrée de saison, il était déjà possible de savoir que Chelsea fournirait autant de prestations indigestes dès l’annonce de la nomination de Di Matteo en Mai dernier. Ce n’est pas maintenant qu’il faut être surpris

  6. Half dit :

    @SeBlueLion : Je pense que tu t’adressais à moi et non pas à Hents qui semble converger vers ton point de vue.

    Ton point du vue est parfaitement détaillé et je dois avouer que je n’avais pas pris en compte les différentes coupes que Chelsea a pu faire ce qui creuse l’écart au nombre de match. En même temps c’est le but d’un « chat » (qui n’en est pas un), ça nous permet de comparer nos avis et d’en débattre et pour le coup je te donne raison sur ce point.

    Après il ne me semble pas avoir parlé des prestations de l’an dernier, ou très peu, et sur ce point je te donne encore raison. Les changements d’entraîneurs n’ont pas facilité l’amélioration du fond de jeu de l’équipe. D’autant plus que Di Matteo a reprit l’équipe qui était alors dans une position difficile que ce soit en Europe ou en Championnat, le « plan » d’AVB n’ayant pas fonctionner de la meilleure façon.

    Ensuite, et encore une fois, concernant les possibilités tactiques je pense que tu as raison.

    De ce fait je nuance encore mes propos, je vois que je n’avais pas pris en compte assez de paramètres, au moins cette discussion m’aura permis de comprendre les difficultés de Chelsea.

    Cela dit je reste persuadée qu’il y avait mieux à faire globalement sur l’ensemble de l’année (d’un point de vue fond de jeu, mais aussi niveau résultat, notamment en Ligue des Champions).

  7. the teacha dit :

    Je suis pas persuadé que si Benfica jouait le championnat d’angleterre, ils seraient arrivés en finale de la C3
    Le championnat portuguais est au niveau du championnat belge, mis à part les 2,3 gros que l’on connait.
    Benfica s’est baladé toute la saison, à l’approche des matchs de C1, ils ont pu faire tourner en championnat sans perdre autant leurs matchs, c’est pour vous dire la faiblesse de leur championnat.
    Chelsea malgré leur effectif plus conséquent est en droit d’etre fatigués et dominés, ils n’ont eu aucune trêve vu qu’ils jouent pendant les fetes de noel et le championnat anglais demande 3 fois plus d’energie et de talent que le championnat portugais.
    Enchainer les matchs contre everton, tottenham, arsenal, newcaslte, liverpool sans parler des 2 manchester , c’est quand meme autre chose que de jouer contre Gil vicente, rio ave ou estoril tous les weekends.

    Il est donc tout a fait normal que l’on ait vu un meilleur benfica et que Chelsea ait choisi la strategie défensive et de contre attaques.

  8. SeBlueLion dit :

    @Half – En effet, c’est à toi que mon commentaire s’adressait.

    J’ai eu l’occasion d’écrire quelques trucs sur Chelsea cette saison, au mois de Septembre, Novembre et Janvier (mon ami Florent me pardonnera certainement cette publicité intempestive !)
    http://mypremierleague.wordpress.com/2012/09/17/des-problemes-actuels-de-chelsea/
    http://mypremierleague.wordpress.com/2012/11/23/chelsea-et-maintenant/
    http://mypremierleague.wordpress.com/2013/01/30/rafael-benitez-vend-il-de-la-fumee-a-chelsea/

    Et en Anglais:
    http://theweststandobserver.wordpress.com/2012/11/02/notes-on-chelsea-vs-manchester-united/
    http://theweststandobserver.wordpress.com/2012/11/26/rafael-benitez-debut-food-for-thought/

    L’équipe a surjoué et a réussi à compenser ses lacunes structurelles (nombre de joueurs) et tactiques par le fait que ses offensifs aient pu scorer autant… Le résultat final (3e place + EL) est au delà de mes espérances

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