FC Barcelone 5-0 Real Madrid, l’analyse injouable

91ème minute, Bojan est envoyé sur l’aile droite face à Pepe. Alors qu’il avait loupé une balle de but quelques minutes plus tôt, l’espoir du Barça déborde le stoppeur portugais et adresse un centre parfait. Dans l’axe, Iniesta est trop court mais Jeffren jaillit devant Ramos pour propulser pour la cinquième fois de la partie le ballon dans les buts de Casillas. A mes côtés sur les banquettes du pub (avec modération), les supporters du Barça montrent « la manita ». Qu’on se le dise, le Real a pris une leçon : pour chacun de ses plans, le Barça avait la solution…

Les formations :

L’avantage avec ce match, c’est que l’attente était tellement forte que les deux entraîneurs ont lâché leurs compositions d’équipe à quelques heures de la rencontre. Du coup, personne n’a été surpris à la découverte des deux onzes de départ. Côté Barcelonais, c’est le 4-3-3 habituel avec les joueurs habituels. Côté Madrilène, tout est normal aussi, si ce n’est la présence de Benzema en pointe à la place d’Higuain forfait.

Les premières minutes :

Avant que le Barça ne prenne l’avantage, les neuf premières minutes de jeu permettent d’établir le projet de jeu du Real et ses joueurs-clés pour s’en sortir face à des Catalans qui font déjà circuler le ballon à leur guise. Rapidement, on distingue quelques faits qui vont être extrêmement importants pour la suite de la rencontre : en vrac, Di Maria et Daniel Alves, Özil entre deux et le surnombre constant du Barça dans l’axe.

Première chose, lorsqu’il se replie, le Real s’organise sur trois lignes. Sans surprise, quatre défenseurs sont en dernier rideau. Dans l’entrejeu, Xabi Alonso et Khedira évoluent sur la même ligne que Di Maria qui est chargé de s’occuper du cas de Daniel Alves en le suivant à la trace dans son couloir. Il n’est ainsi pas rare de retrouver l’ailier du Real en position de latéral gauche pour couvrir sa défense en cas d’ouverture vers son adversaire brésilien. Devant, un trio Ronaldo – Özil – Benzema fait face à la première relance catalane avant que l’Allemand ne redescende soutenir ses milieux de terrain lorsque le ballon franchit la médiane.

Dans cette organisation, Özil apparaît rapidement comme le chaînon indispensable pour permettre les contre-attaques du Real. De par son rôle entre-deux zones, il doit soutenir ses milieux, à la fois pour récupérer le ballon mais aussi pour le sortir au plus vite vers Ronaldo ou Benzema avant que le pressing du Barça ne se mette en place. Malheureusement pour lui et le Real, il va très vite s’éteindre avant de sortir à la mi-temps. N’est pas Sneijder qui veut : pour rappel, le Néerlandais avait parfaitement tenu ce rôle avec l’Inter la saison dernière, abattant en plus un très gros travail de harcèlement sur la relance catalane…

A l’arrivée, le Real se retrouve dans une situation très compliquée au milieu de terrain. Di Maria est collé aux basques de Daniel Alves tandis que Benzema et Ronaldo travaillent sur la première relance catalane sans forcément se replier derrière (il faut bien se rendre disponible pour pouvoir rapidement proposer une solution…). Du coup, dans la zone allant des 40 mètres aux 20 mètres madrilènes, les Barcelonais se régalent. De Busquets à Messi en pensant par les ailiers qui ne manquent pas non plus de bouger, tout le monde permute et se promène face à des Madrilènes qui ne peuvent rien faire sauf reculer.

Pris par les dribbles d’Iniesta ou de Messi, Khedira et Xabi Alonso reculent jusqu’à se retrouver collés à leur défense qui n’avance pas non plus. Les angles de passe s’ouvrent pour Xavi et les autres. Iniesta place la première décisive pour son numéro six de capitaine. Tiens d’ailleurs, repassons-nous le premier but en trois images, pour illustrer ce qui vient d’être présenté.

La ligne de trois Özil – Benzema – Ronaldo (liée en blanc) vient d’être franchie.
Di Maria ferme l’angle de passe pour Daniel Alves.
Mais il ne peut rien face à Messi qui décroche et reçoit le ballon sans adversaire sur le dos.

L’Argentin sollicite un une-deux avec Xavi et se retrouve face à jeu.
Face à lui, un angle de passe complètement ouvert et trois solutions côté gauche.
Di Maria est toujours sur Daniel Alves et Özil redescend aider ses milieux (double trait blanc)

Evidemment, Messi ne manque pas une telle opportunité de changer le jeu.
Iniesta récupère le ballon et profite de la piste de Villa dans le couloir pour repiquer.
Les milieux du Real sont en retard et c’est Pepe qui est obligé de monter.
Pedro (court) et Xavi (long) offrent deux solutions dans l’intervalle. On connaît la suite.

Au retour des vestiaires :

Özil n’apportant pas le liant entre les relanceurs et les attaquants, le technicien portugais préfère s’en passer pour faire entrer Lassana Diarra, censé apporter un plus dans la zone où le Barça se promène depuis le coup d’envoi. Ce changement libère Di Maria d’une partie de ses contraintes défensives sur Daniel Alves, un troisième milieu défensif permettant de couvrir en partie les montées du Brésilien. Malheureusement pour le Real, ce changement, qui était annoncé comme le premier choix de Mourinho (Diarra pressenti un temps titulaire…), coïncide avec la montée en puissance de Messi.

Nous venons de le voir sur l’ouverture du score barcelonaise, le dernier Ballon d’Or a très souvent quitté son poste d’avant-centre pour venir travailler avec ses milieux de terrain. Sur les troisième et quatrième buts du Barça, il part de son ancien position de prédilection (à droite) pour rentrer à l’intérieur, fixer la défense du Real qui se désagrège d’elle-même avec les appels de Pedro, Xavi ou Iniesta, avant de servir Villa dans la profondeur. Exemple à l’appui avec le troisième but.

Messi rentre dans l’axe et prend de vitesse le dernier milieu défensif.
Stoppeur le plus proche de l’action, Carvalho ne monte pas, pour couvrir la solution dans le couloir gauche.
Résultat, Messi a toute la place glisser le ballon vers Villa entre les deux défenseurs du Real.

Incapable de réagir face à Messi, le milieu du Real multiplie les pertes de balle. Barcelone fait tourner. Guardiola s’autorise même de chambrer en faisant entrer les jeunes Bojan et Jeffren, pour le plaisir. Le 5-0 avec les deux à la finition achèvera une rencontre à sens unique et une déroute historique pour les Madrilènes. Mais ce lundi soir, il n’y avait tout simplement rien à faire face à ce Barça. Injouable. D’ailleurs Mourinho le sait. A la question « Comment aller vous digérer cette défaite ? », il a déjà répondu : « Très facilement, ils ont joué leur meilleur football, on a été mauvais. Il n’y a aucun regret à avoir. » « Et deux points d’écart au classement. »

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6 réponses

  1. Superpoy dit :

    Belle analyse encore une fois l’ami.

  2. Freddy dit :

    http://www.as.com/futbol/video/21-toques-58-segundos-marcar/dasftb/20101130dasdasftb_2/Ves

    Impressionnant le nombre de toqués….PAr contre la question que je me pose.Comment les Suisses en défendant de cette façon ont ils battu l’Espagne? indiscipline du Real? Et Copenhague.J’ai l’impression que pour contrer Barcelone le contre depuis la défense du style Inter ou Kazan l’année passée demeure le seul moyen.Des idées?

  3. barbu dit :

    Si l’organisation de base a effectivement été un 4-3-3, je dirais qu’à partir de 2-0, Barcelone a joué sans attaquant de pointe, Messi ayant un rôle de meneur de jeu tandis que Villa et Pedro couvraient les ailes.

  4. barbu dit :

    Pardon, j’avais lu un peu vite et pas vu le passage où tu en parlais.

  5. 16art dit :

    très bonne analyse, rien à dire à propos du don d’ubiquité de messi et de l’alignement défensif du real.
    je vous propose également une autre analyse du match sur what’s the foot http://tourl.fr/aalr

  6. Carey dit :

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