Ca faisait longtemps que je vous promettais de parler de la Ligue Europa. Cinq journées après le début de la phase de poules, voici enfin le premier billet la concernant avec l’analyse du déplacement de Lille à Valence. Malgré les absences de Silva et Villa côté espagnol, les Lillois ont tout simplement pris une leçon au Stadio Mestalla (3-1). Ce joker grillé, ils devront absolument s’imposer dans quinze jours face au Slavia Prague (dernier et déjà éliminé) pour s’assurer d’être au rendez-vous des seizièmes de finale au printemps prochain.

Les vingt premières secondes de la rencontre laissent pourtant augurer de belles choses pour les Nordistes. Rudi Garcia aligne son 4-3-3 type et ses joueurs appliquent un énorme pressing sur les milieux valenciens et Marchena le capitaine se retrouve le nez dans le gazon lors du premier arrêt de jeu de la partie. Mais cette entame musclée ne pèse pas lourd comparée aux dix minutes qui suivent. Très justes dans leurs passes, les Valenciens donnent une leçon d’esquive des duels une minute plus tard aboutissant à l’ouverture du score de Joaquin grâce à un excellent travail de Mata sur le côté gauche. Bien décidés à ne pas se décourager malgré cette ouverture du score rapide, Cabaye, Balmont et les offensifs du LOSC repartent à l’assaut du porteur de balle adverse… mais la défense lilloise ne suit pas. Résultat, Mata en décrochage, Joaquin, Pablo et Banega peuvent prendre de la vitesse dans la première moitié du camp lillois et arriver lancés sur Rami et ses partenaires. Ajoutez à cela un jeu tout en passes et en esquives et le match tourne très vite à la corrida.
Si seulement le LOSC avait eu des armes pour répliquer devant… Mais non ! En phase défense, Unai Emery (l’entraîneur valencien pour les gens qui ne seraient pas au courant) aligne quatre joueurs dans le camp lillois pour gêner les relances et les projections vers l’avant de Cabaye ou Balmont, les premiers accélérateurs du jeu nordiste. Trop occupés à défense, Béria et Emerson n’arrivent pas à suppléer leurs milieux de terrain et il faut attendre les décrochages de Hazard pour que Lille s’approche proprement du but de Moya. Et encore, qui dit décrochages dit jeu dos au but et le Belge n’est du coup pas dans les meilleures conditions pour briller. Offensivement, Lille doit s’en remettre aux décrochages de Yohan Cabaye dans son propre camp pour tenter de trouver des angles de passe longues intéressants pour déstabiliser la défense valencienne. Il en trouve un pour Franck Béria côté droit… Les autres missiles envoyés sur Pierre-Alain Frau sont des cadeaux pour la défense centrale adverse, l’attaquant lillois étant très loin du profil adéquat pour évoluer seul en pointe.
Le profil de la pointe altruiste, Mata ne l’a pas non plus. Mais l’international espagnol compense avec une mobilité et une capacité à constamment se démarquer des grands gabarits lillois. Encore ici, là où Frau se prend l’impact de Navarro ou d’Alexis à chaque duel, Mata l’évite. A la décharge du Lillois, là où il doit tenir le ballon en attendant un soutien de Gervinho ou Hazard, Mata a immédiatement des solutions de passe, que ce soit en retrait ou sur les côtés. Alors que le LOSC balance depuis sa moitié de terrain, Valence conserve son bloc au moment de remonter le terrain tant et si bien que Mata n’évolue en fait en pointe que sur la feuille de match. Au fur et à mesure que le bloc-équipe remonte, il se retrouve relayeur, accélérateur, meneur ou finisseur… Valence jouant beaucoup sur les permutations de ses offensifs, il n’est pas rare non plus de le retrouver sur une aile. Lorsque Joaquin prend l’axe pour aller inscrire le second but lillois par exemple. A la demi-heure de jeu, le match est plié et l’on craint encore un peu plus que la rencontre tourne à la correction.
Au retour des vestiaires, après une fin de mi-temps où l’agressivité a pris le pas sur le jeu, Rudi Garcia fait entrer Debuchy et Vittek à la place d’Emerson et Béria. La rentrée du premier fait glisser Franck Béria à gauche tandis que celle du second change l’animation offensive lilloise. Vittek évolue en effet dans une position plus décroché que Frau, à la manière d’un attaquant de soutien, sans doute pour offrir une solution d’appui à Hazard, Gervinho ou même Balmont et Mavuba. Car au milieu de terrain, les choses ont changé aussi : décroché pour jouer long en première période, Cabaye s’installe devant la défense et Mavuba reprend son rôle de harceleur dans l’entrejeu. Sans doute bougés à la mi-temps, les Lillois paraissent avoir enfin retrouvé leur bloc-équipe et réussissent à le maintenir bien plus haut que pendant la première période. Malheureusement, si la défense jouait bas, c’est qu’il y avait une raison : la vitesse de Mata, avec ou sans le ballon. Sur son premier ballon de contre, le petit Espagnol fausse compagnie à Rami et Chedjou et s’en va battre Landreau, non sans avoir rejoué avec la défense centrale lillois avant de marquer.
3-0, l’affaire est définitivement entendue, arrive alors la période de coaching des deux entraîneurs. Emery fait sortir ses trois stars (Mata, Joaquin et Marchena remplacés par Miku,Jordi Alba et Fernandes) ; Garcia passe lui en 4-2-3-1 en faisant rentrer Obraniak à la place de Cabaye. Balmont et Mavuba glisse devant la défense, Hazard et Vittek se partagent l’axe, Obraniak s’installant à gauche et Gervinho à droite. A plusieurs reprises, le quatuor offensif lillois se retrouve dans des situations d’égalité numérique mais à chaque fois, leur manque de justesse dans les passes a raison de leurs tentatives. Sur le match, c’est d’ailleurs sur ce plan que l’on a constaté l’écart qui existe entre les deux formations. Malgré tout, l’entrée du néo-Polonais porte ses fruits puisque le LOSC réussit à sauver l’honneur dans les arrêts de jeu grâce des actions bien menées sur les côté gauche. 3-1, Lille s’en sort très bien au final quand on sait que Valence aurait pu corser l’addition par deux fois dans la dix dernières minutes sans un bon Landreau.
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