Analyse : Martial face au Danemark

Auteur de débuts fracassants avec Manchester United, Anthony Martial a connu dimanche sa première titularisation avec l’équipe de France. Avant-centre en Premier League, l’ancien Monégasque s’est retrouvé sur l’aile gauche face au Danemark, remplaçant Mathieu Valbuena par rapport au onze de départ aligné contre l’Arménie. Un changement de poste qui n’a pas eu l’air de lui poser le moindre problème.

Ses 61 ballons touchés en témoignent. Martial a été très recherché par ses partenaires, notamment durant la première demi-heure (25 ballons touchés). S’il pesait autant dans le jeu, c’est – entre autres – parce que les Bleus avaient plus de mal à trouver des solutions entre les lignes danoises. Même si elle a mis peu d’impact dans les duels, la formation de Morten Olsen a laissé peu d’espaces dans l’axe, empêchant les transmissions entre défenseurs et attaquants recherchées contre la Serbie ou l’Arménie.

Martial, l’attaquant excentré : 

Mais ce changement est aussi venu de Martial lui-même, qui a beaucoup moins repiqué que ses récents prédécesseurs au poste. A l’inverse de Valbuena ou Griezmann dernièrement, le Monégasque est resté sur son aile. Il faut dire qu’à ce poste, il a la plupart du temps l’avantage athlétique sur son adversaire direct. Dès lors, il offre un point d’appui utile lorsque le bloc a du mal à ressortir le ballon.

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Excellent relanceur face à la Serbie, Schneiderlin a eu moins d’espaces pour faire parler cette qualité face au Danemark.

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Les ballons touchés par les attaquants français face à l’Arménie (en orange) et le Danemark (en bleu). Les zones en pointillés correspondent aux espaces souvent exploités par les Bleus.

Lorsqu’il était servi dans les pieds et dos au but, la qualité de sa première touche et son envergure lui permettaient de tenir le ballon en attendant les montées de ses partenaires. Chargé de le stopper, Jacobsen ne l’a quasiment jamais devancé en un-contre-un. La plupart du temps, le latéral de Guingamp devait compter sur l’aide d’un ou deux partenaires pour reprendre le ballon à l’attaquant français (3 ballons perdus).

Un joueur déjà mature ? 

Garder le ballon est une chose, savoir le lâcher en est une autre, surtout chez un jeune joueur. Mais justement, pour sa première, Martial a souvent fait les bons choix et remis les ballons dans le bon rythme. Sur le flanc gauche, Digne et Matuidi ont su en profiter, tout comme Griezmann qui offrait souvent des solutions dans le coeur du jeu en soutien de Giroud.

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Matuidi redescend chercher le ballon pour mettre son équipe dans le sens du jeu.

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Pas sous pression lorsqu’il redescend aussi bas, le Parisien alerte Martial, éliminant au passage Braithwaite et Kvist.

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A la réception, Martial contrôle le ballon et le conserve malgré la pression de Jacobsen. Deux solutions s’offrent à lui : Griezmann ou Digne.

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Le retour de Kvist n’empêche pas Martial de servir Griezmann, qui ouvre sur Digne, créant ainsi le décalage dans la défense danoise.

En ne cherchant pas l’exploit dès la première touche, préférant rendre le ballon à ses coéquipiers, Martial a permis aux Bleus de mettre de la vitesse dans leur jeu (grâce aux projections de Digne et Matuidi). Devenant alors accompagnateur de l’action, il offrait une solution en retrait à ses partenaires : désormais face au jeu, il se retrouvait dans des conditions idéales pour faire parler ses qualités de percussion dans les 20 derniers mètres.

Le premier but ci-dessous est un bel exemple de l’intelligence de jeu de Martial : dos au jeu, il attend une solution. Face au jeu, il essaie de faire la différence.

Conclusion : une alternative à Valbuena-Griezmann ? 

Cette bonne performance de Martial – certes, face à un adversaire démobilisé – offre de nouvelles perspectives à l’animation offensive des Bleus. Plus athlétique que Valbuena et Griezmann mais pas moins fin techniquement, l’attaquant de Manchester United semble avoir les qualités pour devenir une alternative intéressante, notamment face à des blocs concédant moins d’espaces dans l’axe. Il lui évidemment d’abord confirmer face à de plus gros clients (Angleterre et Allemagne le mois prochain ?), mais ses débuts prometteurs et sa polyvalence lui offrent déjà une longueur d’avance pour être le 3e attaquant des Bleus.

 

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1 réponse

  1. 13 octobre 2015

    […] Analyse : Martial face au Danemark (Florent Toniutti, Les Chroniques Tactiques, 12/10/2015) : analyse de l’excellent match de Martial. Il rentre directement en 3e position dans la hiérarchie des attaquants. […]

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