[Euro U19] France – Espagne : Zoom sur Sergio Canales

L’article sur Lucho ayant eu son petit succès (voir ici), j’ai décidé de poursuivre dans la même lignée en m’intéressant à l’un des 22 acteurs du dernier France-Espagne.  Pas de Français non, Kakuta ne l’a pas mérité.. Et d’ailleurs, il aurait pu s’inspirer du joueur qui aura droit à ce zoom pour faciliter la tâche des Français en première période. Je vais vous parler du néo-Madrilène Sergio Canales et de sa capacité à constamment proposer des solutions pour ses partenaires. C’est parti !

Le tableau noir :

Oui, bon je sais, il est vert le tableau mais vous n’allez pas m’en tenir rigueur si ? Donc, Sergio Canales est l’un des trois milieux offensifs de la Roja. Plus important, il est le milieu offensif axial, sous-entendu le meneur de jeu. Il évolue devant la paire Thiago/Oriol et derrière l’attaquant de pointe Rodrigo. Pour rester dans le côté schématique du tableau noir, sa zone de jeu (en blanc) démarre aux abords du rond central et s’étend sur les côtés jusqu’à atteindre celles des deux ailiers (Pacheco et Keko). Jusque-là, rien de compliqué.

Après l’avoir dégagée dans la première image, distinguons maintenant la zone de jeu de manière précise. On s’aperçoit alors que Canales se retrouve seul avec deux adversaires dans cette zone. En l’occurence, les deux Français se nomment Gueïda Fofana et Francis Coquelin, les deux milieux récupérateurs du système mis en place par Francis Smerecki. Dès lors, le jeu pour Canales sera d’échapper à ces deux gardes du corps. Et pendant 45 minutes, c’est exactement ce qu’il va faire.

Impossible à marquer :

Comment va t-il procéder ? C’est très simple. Prenons l’exemple d’une remontée de balle espagnole par le côté gauche. Le latéral entraîne le repli défensif de l’ailier français. On se retrouve donc avec un deux-contre-deux à jouer dans le couloir. C’est à ce moment précis que Canales entre en jeu : le milieu offensif s’excentre pour venir participer à la combinaison et ainsi apporter le surnombre dans le couloir. Pendant qu’il se déplace, un partenaire prend sa place dans l’axe pour gêner le marquage des deux milieux français (sur le schéma, c’est l’attaquant qui décroche mais cela peut aussi être une montée d’un des milieux ou un appel vers l’intérieur de l’ailier droit).

Evidemment, ce travail sur l’aile gauche peut aussi se reproduire de l’autre côté. Mais le schéma espagnol permet aussi à Canales d’échapper au marquage en permutant avec ses partenaires de l’axe. Ainsi lorsque Rodrigo décroche, Canales quitte sa zone de jeu pour aller s’installer entre les deux stoppeurs français (en orange). Dans l’autre sens, lorsque c’est à lui de décrocher, la paire de récupérateurs s’adapte et l’un d’entre eux vient prendre sa place dans la zone des deux milieux français (en jaune). De même, il peut permuter avec ses ailiers ; il l’a souvent fait avec Pacheco lorsque ce dernier tentait de rentrer vers l’intérieur balle au pied.

Grâce à sa capacité à se rendre constamment disponible, Canales a été un poison constant pour les Français pendant les 45 premières minutes.  A l’inverse de la relation basique « soutien /pointe » difficile à réaliser avec quatre adversaires dans la même zone, Canales est allé là où les Espagnols avaient besoin de lui. En allant sur les côtés, il s’est défait du marquage de la paire Fofana/Coquelin, celle-ci ne pouvant prendre le risque de découvrir sa défense centrale en cas de montées des axiaux espagnols ou des décrochages de Rodrigo. Pour simplifier, on pourrait qu’il a été partout sauf là où les deux milieux adverses l’attendaient.

Côté Français, la relation entre Bakambu et Kakuta a d’ailleurs été catastrophique en première période car les deux se cherchaient très souvent plein axe. En deuxième période, Tafer a multiplié les appels sur les côtés dans le dos des latéraux espagnols. Ce qui pourrait nous amener à la conclusion suivante. Une attaque qui fonctionne passe par un partage des tâches entre les deux offensifs axiaux : l’un fait office de point d’appui dans l’axe (travail vertical) et l’autre utilise toute la largeur du terrain (travail horizontal). Etonnant non ?

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