Dinamo Kiev 0-2 Paris SG, l’analyse tactique

Parfois, le talent peut suffire. Le PSG en a profité hier soir en allant chercher une victoire au bon goût de hold-up sur la pelouse du Dinamo Kiev. Malmenés pendant une mi-temps, les Parisiens ont laissé parler le talent de leurs attaquants juste avant la pause pour prendre un avantage inespéré. Les Ukrainiens ne s’en sont jamais remis, offrant le break à leurs adversaires juste après le repos.

L’importance du pressing

Au coup d’envoi, c’est une opposition classique qui s’annonçait entre deux formations calquées l’une sur l’autre. Le 4-2-3-1 du Dinamo Kiev répondait au 4-3-3 du PSG et posait des duels-clés dans l’entrejeu. Problème, alors que les trois milieux parisiens se retrouvaient à la pointe du pressing de leur équipe, ceux de Kiev suivaient les premières courses de leurs attaquants. En clair, sitôt le ballon dans le camp parisien, le Dinamo Kiev imposait un gros pressing sur l’axe, afin de gêner les relances de Verratti, Thiago Silva ou Alex. Ideye et Haruna lançaient les assauts et étaient  accompagnés par Garmash, qui laissait Veloso seul en couverture. La relance parisienne en difficulté, le jeu devait passer sur les côtés. Kiev pouvait alors enfermer les Parisiens dans les couloirs, en faisant coulisser son bloc et en se servant de ses attaquants pour mettre la pression sur le porteur et les solutions positionnées en retrait.

Bien pris dans l’entrejeu, le PSG s’en est remis à ce qui s’est révélé être son arme fatale juste avant la pause : le talent de Lavezzi et Ibrahimovic pour remonter les ballons et résister au pressing adverse. Pendant plusieurs minutes, l’Argentin a été le seul joueur capable de faire sortir le bloc parisien en portant lui-même le ballon dans son couloir gauche, avant de chercher les relais d’Ibrahimovic ou Nene dans l’axe. Mais lorsqu’il réussissait enfin à déployer son bloc dans le camp adverse, le PSG se montrait incapable d’y rester en mettant en place à son tour une quelconque pressing. A l’inverse d’Ideye ou Haruna, qui pressaient dès que possible l’axe parisien, Ibrahimovic, Nene ou Lavezzi n’ont jamais travaillé sur la relance ukrainienne, laissant Khacheridi et Betao alimenter sans difficulté leurs milieux de terrain.

En permettant cette première passe, les attaquants parisiens laissaient le temps au Dinamo de se mettre en position d’attaque. Les latéraux étiraient la première ligne parisienne, permettant d’aérer le jeu et de mettre à mal le pressing adverse. Derrière la ligne d’attaque, Sissoko et Matuidi avaient en effet pour consigne de sortir sur les joueurs du Dinamo chargés de la transition (Taïwo, Veloso, Garmash et Danilo Silva). Une tâche bien lourde pour des joueurs trop rarement soutenus par Lavezzi ou Nene. Il devait en plus composer avec les décrochages de Haruna, qui faisait sortir Verratti de sa position devant la défense parisienne, et les déplacements de Garmash qui entraînait parfois Sissoko dans sa course. Bilan de ce large surnombre des Ukrainiens dans l’entrejeu, beaucoup d’espaces à combler pour des milieux qui ont tous fini le premier acte avec un carton jaune (Verratti pour contestation, Matuidi et Sissoko pour des fautes).

Première mi-temps – Paris en difficulté dans l’entrejeu : Matuidi va au pressing sur Danilo Silva, mais les deux autres milieux ne sont pas au contact. Verratti est embarqué par Haruna et Sissoko est au marquage de son adversaire direct, Garmash. Résultat, un énorme intervalle se crée au coeur du camp parisien et aucun attaquant ne revient pour le combler.

Paris s’accroche

Dominé, Paris a subi le rythme imposé par son adversaire pendant toute la première mi-temps. En début de partie, Kiev a insisté dans l’axe, n’hésitant pas à allonger vers Ideye pour mettre la pression sur les seconds ballons grâce à Haruna ou Garmash. L’ancien attaquant de Sochaux a été très efficace en début de partie, devançant les défenseurs centraux parisiens et créant ainsi un point d’appui intéressant pour ses milieux de terrain. Alex et Thiago Silva ont néanmoins su se mettre assez rapidement à niveau pour limiter l’impact du Nigérian dans l’axe, repoussant la majorité des offensives ukrainiennes sur les côtés. Souvent libre de tout marquage dans l’axe, Veloso s’occupait des changements de jeu, notamment de la droite vers la gauche.

A plusieurs reprises, Kiev a ainsi lancé Dudu sur cette aile. Démarrant de la zone occupée par Nene, aussi concerné par Taïwo, le Brésilien a enfoncé plusieurs fois le milieu de terrain parisien et mis en difficulté Van der Wiel. Dans l’axe, il cherchait ensuite les relais de Garmash ou Haruna. Côté droit, le Dinamo posait plus le jeu et travaillait autour de Gusev, marqué par Maxwell, qui profitait des courses vers l’extérieur de Haruna, Ideye ou Garmash pour s’ouvrir des espaces dans lesquels combiner avec ses partenaires. Au bout des actions néanmoins, la défense centrale parisienne tenait le choc et était suppléée en cas de besoin par un Sirigu en forme après une prestation en demi-teinte face à Rennes. La réussite était aussi dans le camp parisien, comme sur l’énorme raté de Garmash face à un but presque vide (25e).

Le talent a fini par parler

Finalement, le PSG a donc débloqué la situation contre le cours du jeu et juste avant la mi-temps. Quelques minutes plus tôt, son milieu de terrain s’était déjà fait plus compact en resserrant les distances entre Lavezzi, Nene et les trois milieux de terrain. Plus consistant dans l’axe, Paris pouvait enfin rivaliser, non sans être toujours contraint d’évoluer en contre. Ibrahimovic et Nene offrait les relais à droite et dans l’axe ; côté gauche, Lavezzi était lui soutenu par les montées de Matuidi, qui prenait l’espace pour dédoubler avec l’Argentin. Mais le premier but est bien venu de la droite, suite à une bonne récupération de Verratti dans l’entrejeu : s’en est suivie une action parfaite entre Lavezzi et Ibrahimovic. Le break a lui été fait grâce à un excellent pressing de Matuidi, qui a su pousser son pressing dans les 20 derniers mètres ukrainiens et pousser Khacheridi à la faute dès le début du second acte.

Deuxième mi-temps – un milieu parisien mieux positionné : Chantôme et Verratti sont sur leurs adversaires directs, Matuidi suit le mouvement sur la même ligne. Au lieu de rester devant, Lavezzi se retrouve dans la zone du troisième milieu de terrain du Dinamo au cas où le ballon lui reviendrait. De l’autre côté, Nene est sur Taïwo.

Les changements opérés par les deux entraîneurs après l’heure de jeu n’ont fait que confirmer la physionomie de la rencontre. Sans pressing de ses attaquants, Paris laissait venir son adversaire et mettait la pression dans sa moitié de terrain, grâce à la fraîcheur de Chantôme et l’omniprésence de Matuidi, encore une fois au-dessus. Yarmolenko et Milevsky n’apportant pas le second souffle espéré, le Dinamo s’est fait de moins en moins dangereux, tandis que les Parisiens se sont appuyés sur la paire Lavezzi-Ibrahimovic pour mener les contres. Sans succès pour réaliser la passe de trois, mais finalement suffisant pour valider la sortie par le haut de ce groupe A de la Ligue des Champions. D’autres équipes, basées aussi sur le talent de certaines individualités, n’ont pas eu cette chance et sont aujourd’hui dos au mur ou déjà éliminées dans des groupes plus relevés (Chelsea, Manchester City). Paris a désormais quatre mois pour progresser. Sinon, son printemps européen s’annonce compliqué.

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1 réponse

  1. Je pense pour ma part qu’il s’agit là d’une analyse objective du match et je souhaiterais que le technicien Italien du PSG soit informé de toutes ces critiques relevées en champion’s league :  » C’est tout à fait vrai que le PSG n’a vraiment pas d’attaquants qui pressent sur les adversaires afin d’apporter une fraîcheur physique dans son entrejeux. Le PSG manque cruellement de relais défensif et du coup, Matuidi et Sissoko sont généralement débordés voire sur-exploités. Est-ce la faute du coach ou du manque de solidarité de ses poulains ?!! _ La réponse est oui !!! Et puis, Menez est certes bon joueur mais il devrait se complèter en devenant collectif… Nénè a dû le comprendre à la fin… Qu’attend-t-il Ménez ?!! Eh bien, je demeure objectif et je suis convaincu que le jeu de mon équipe évoluera dans cette ligue des champions et pourquoi pas en L1 !!! Bill –

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