Barcelone 1-0 Atletico Madrid, l’analyse tactique

Dix jours après leur première confrontation de l’année en Liga (3-1), le Barça et l’Atletico Madrid se sont retrouvés mercredi sur la pelouse du Nou Camp à l’occasion des quarts de finale aller de la Coupe du Roi. L’occasion de voir si le Barça allait confirmer son excellent match de championnat ou si l’Atletico allait trouver de nouvelles solutions pour contrecarrer les plans des Blaugranas.

Les compositions :

Pour Luis Enrique, on ne change pas une équipe qui gagne. Les joueurs de champ alignés ce mercredi en Coupe du Roi sont les mêmes que lors des deux derniers matchs de championnat (face à l’Atletico et la Corogne). Seul le gardien change, Ter Stegen prenant la place de Bravo.

Côté Madrid en revanche, Diego Simeone fait plusieurs changements par rapport à l’équipe qui s’était inclinée au Nou Camp quelques jours plus tôt. Titulaire en coupe habituellement, Oblak s’installe dans les buts. Miranda fait lui son retour en défense, tout comme Siqueira côté gauche. Dans l’entrejeu, Mario Suarez prend la place de Tiago tandis que devant, Torres est aligné en lieu et place de Mandzukic.

L’Atletico entreprenant d’entrée :

Lors de sa dernière confrontation avec le Barça, l’Atletico avait débuté la rencontre avec un plan de jeu très défensif. Sitôt le Barça arrivé dans leur moitié de terrain, les Colchoneros se regroupaient très bas. Le premier rideau, formé par Griezmann et Mandzukic, se positionnait derrière le rond central et laissait beaucoup de liberté à Mascherano et Piqué pour offrir des solutions de soutien et réorienter le jeu (lire : Barcelone 3-1 Atletico Madrid, l’analyse tactique).

Durant les premières minutes, le Barça avait ainsi passé son temps à faire tourner le ballon sur la largeur, de Neymar à Messi en repassant par ses défenseurs, en attendant de trouver la faille. Celle-ci était venue d’une combinaison à trois entre Messi, Alves et Rakitic, conclue par Neymar au second poteau (13e).

Mercredi soir, la ligne d’attaque de l’Atletico a été beaucoup moins passive. Dès que le Barça ressortait le ballon par ses défenseurs, Griezmann et Torres sortaient sur les passes en retrait. L’idée était évidemment de permettre au reste du bloc de remonter afin de mettre la pression sur les Barcelonais avant que ces derniers n’aient le temps de contrôler le ballon.

atletico-ressort

Bloqué côté gauche, le Barça ressort le ballon vers Mascherano. Contrairement à l’aller, Griezmann et Torres ne restent pas à hauteur de Busquets et sortent au pressing.

atletico-sortie

Dans la foulée de Griezmann, Torres, Koke et Arda Turan sortent eux aussi : ils vont respectivement vers les zones de Piqué, Busquets et Daniel Alves.

L’objectif était de forcer des passes jusqu’à ter Stegen afin de se réinstaller dans le camp adverse (ce qu’ils avaient su faire durant la 2e mi-temps du match de championnat). Le choix d’aligner Koke dans l’axe aux côtés de Mario Suarez était certainement pour soutenir ce projet de jeu (plus endurant que Gabi, qui était renvoyé à la fermeture du couloir face à Jordi Alba + prises à deux sur Neymar). Koke se retrouvait ainsi dans la zone de Busquets lorsque le bloc de l’Atletico se positionnait dans le camp adverse.

Le Barça ne s’affole pas :

Le problème, c’est que face à l’activité défensive de son adversaire, le Barça ne s’affole pas. Le jeu au pied de ter Stegen, particulièrement loué lors de son arrivée en Catalogne, se révèle très efficace pour exploiter les espaces délaissés par le bloc haut de l’Atletico Madrid.

sdfsdfsdf

Lorsque l’Atletico s’installe dans le camp adverse, le jeu long de ter Stegen permet de trouver les joueurs de couloir (Alba-Neymar).

Messi et Iniesta tirent aussi leur épingle du jeu en début de partie. Leur qualité de dribbles leur permet de mettre à plusieurs reprises hors de position les adversaires qui sortent à leur rencontre, créant ainsi un décalage dans l’organisation adverse. Il suffit d’ailleurs de 4 minutes à l’Argentin pour ainsi lancer une offensive qui s’achève sur le premier tir cadré de la partie (Neymar, 4e).

Au bout de 10 minutes de jeu, l’Atletico ressort moins de sa moitié de terrain et le public du Nou Camp retrouve la physionomie de la première mi-temps d’il y a dix jours. Le Barça fait courir la balle sur la largeur, et s’appuie sur la présence en couverture de Busquets pour contrôler les sorties de balle adverses. Et comme en championnat, c’est sur un mouvement entre Messi, Rakitic et Daniel Alves que le Barça se crée une nouvelle occasion (13e), mais Messi ne trouve cette fois pas le cadre.

sfdsdf

Comme il y a dix jours, le Barça a profité de la position avancée de Rakitic pour faire sortir Godin de sa position, créant ainsi l’espace pour Messi dans la surface de réparation. A comparer avec le premier but du Barça en championnat.

Neutralisation :

Passée cette situation dangereuse pour Oblak, les deux équipes vont, sauf rares exceptions, se neutraliser pendant le reste de la première mi-temps. Le 4-4-2 de l’Atletico contient bien le Barça qui ne concède que très peu de situations grâce à une couverture toujours aussi efficace de Busquets, Piqué et Mascherano sur les sorties de balle adverses.

La moindre erreur se transforme toutefois en opportunité pour les Colchoneros : à deux reprises, Torres se retrouve dans une situation idéale (tir dans la surface, 32e – passe pour Griezmann, 39e) mais voit ses plans perturbés par un Piqué bien placé (pour contrer, puis pour intercepter le ballon).

Alors que le porteur de balle madrilène n'a que de solutions pour ressortir

Gabi n’a que deux solutions pour ressortir le ballon : Torres qui prend la profondeur et Griezmann plein axe. Au contact de Torres au départ de l’action, Busquets le laisse filer dans la zone de Mascherano et anticipe la passe vers l’attaquant français. En une touche, son interception lui permet de remettre la balle dans l’axe à Suarez, qui ne parvient toutefois pas à en profiter.

Le pressing haut des Madrilènes leur offre aussi une opportunité : suite à une récupération haute dans les pieds de Messi (après un long ballon de ter Stegen), Siqueira poursuit sa course et déborde sur l’aile gauche. Son centre trouve Griezmann qui ne parvient toutefois pas à cadrer (35e).

A l’inverse du match de championnat, l’Atletico s’offre aussi quelques opportunités sur coups de pied arrêtés, mais il fait face à un Barça plutôt en place sur ces phases de jeu. C’est même le Barça qui l’inquiète à partir de ces phases de jeu en partant très vite en contre-attaque grâce à Suarez, Neymar ou Messi (20e, 33e). A part ça toutefois, rien d’autre à se mettre sous la dent côté blaugrana sur attaque placée.

Bref, la première mi-temps a permis de distribuer les armes offensives. Les deux équipes sont dangereuses sur des ballons gagnés très haut (Suarez sur erreur de relance de Godin, 36e – Griezmann, 39e). L’Atletico s’appuie aussi sur des contres et les coups de pied arrêtés. Pas de jeu placé en revanche puisqu’il devait faire face au repli des attaquants du Barça (Messi, Neymar) et à l’activité des milieux (Busquets, Rakitic, Iniesta) lorsqu’il tentait de conserver le ballon.

Le Barça s’appuyait lui sur les accélérations d’Iniesta, Neymar ou Messi pour construire, et la couverture de Busquets ou Mascherano pour transformer des ballons récupérés rapidement en ballons d’attaque. Ne parvenant pas à ouvrir le score rapidement comme en championnat, les Blaugranas n’ont en revanche pas eu de véritables ballons de contre à exploiter dans le jeu.

Le trio Rakitic-Alves-Messi a aussi dû faire face à une petite adaptation de l’Atletico en phase défensive : par séquences, un milieu pouvait décrocher pour suivre les appels du Croate et éviter ainsi à Godin de quitter sa position axiale.

sdfsdfsdf

Ici, c’est Koke qui se charge de suivre l’appel de Rakitic afin de protéger son défenseur central.

Deuxième mi-temps :

Pas de grande évolution tactique au cours de la deuxième mi-temps. Les deux blocs continuent de se neutraliser et ne concèdent que très peu d’occasions dangereuses. Individuellement, Messi continue de faire des différences lorsque l’Atletico tente de le mettre sous pression avec Siqueira.

De leur côté, les Madrilènes tentent bien d’apporter plus de solutions offensives, notamment sur le jeu long, avec l’entrée de Mandzukic à la place de Torres (46e), puis de Raul Garcia (66e) mais rien n’y fait. Le Barça est resté maître de son sujet dans sa moitié de terrain, confirmant par la même ses bonnes dispositions défensives du moment.

S’il pèse évidemment très lourd dans l’optique du match retour, le but inscrit par Messi (85e) suite à un penalty manqué n’est toutefois pas venu couronner une domination du Barça sur l’ensemble de la deuxième mi-temps. On dit de certains grands matchs qu’ils peuvent basculer sur des détails : ce quart de finale aller de Coupe du Roi en était un. L’Atletico a désormais quelques jours pour trouver des solutions offensives viables face à ce Barça qui retrouve ses plus belles vertus en ce début d’année 2015. Un beau challenge pour Simeone.

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. troro dit :

    merci beaucoup pour tes chroniques

  2. Daniel Constance dit :

    Salut,
    J’ai suivi ce match et je dois dire que les deux équipes ont été à la hauteur de leur réputation. Néanmoins, c’est vrai que le Barça a été l’équipe la plus dominante.

  3. Aurélien dit :

    Personnellement, je commence à être très déçu du travail de Simeone, au vu de l’effectif et de certains potentiels de son équipe, je trouve très dommage de passer son temps à défendre et n’exploiter que des contres attaques comme il l’a déjà fait au tour précédent de coupe du roi contre le Real Madrid avec 4 tirs 4 buts en 2 matchs.
    Que se passe t’il quand ils se retrouvent sur des équipes qui ne jouent pas forcément la possession de balle ? Matchs de l’ennui ou autre mentalité mise en place ?

  4. Très bonne analyse. Certes je suis une personne qui aime le foot, mais le fait de voir que tu le décortiques ainsi me pousse à regarder les matchs autrement les prochaines fois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *