Chili 3-3 Mexique : la Roja a dû s’employer

La nuit dernière, le Chili et le Mexique se sont séparés dos à dos (3-3) à l’issue du plus beau match offert par la Copa America depuis son coup d’envoi. Poussifs mais victorieux face à l’Equateur lors du match d’ouverture, les Chiliens ont « profité » de l’adversité proposée par la formation de Miguel Herrera pour retrouver le pressing qui a rendu leurs matchs si spectaculaires ces dernières années.

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Car oui, il faut être deux pour faire un grand match et hier soir, le Mexique a été un superbe sparring-partner pour la Roja. Face à l’Equateur, la formation de Sampaoli s’était heurtée à une équipe bien en place dans sa moitié de terrain et s’appuyant sur la taille d’Enner Valencia pour « sauter » le pressing adverse. Bilan, un match joué sur un faux-rythme – malgré une bonne entame – et seulement débloqué par des erreurs équatoriennes en 2e mi-temps.

La nuit dernière, rien de tout ça : le Mexique s’est présenté sur la pelouse de Santiago avec l’ambition d’aller bloquer la relance chilienne et de produire du jeu – notamment en s’appuyant sur les montées de Flores et Aldrete dans les couloirs -. Ouvrant le score, les Mexicains ont aussi su reprendre l’avantage (2-1, 29e). Sous pression devant leur public, les Chiliens n’ont pas eu d’autre choix que de monter en puissance face à l’adversité… et de remettre la machine à presser en route.

Mesurer le pressing (PPDA Metrics) : 

Visible à l’oeil nu, un pressing est très difficile à « chiffrer ». Le site Stats Bomb a néanmoins avancé un calcul plutôt intéressant afin de quantifier l’activité défensive d’une équipe : le PPDA (rien à voir avec le journaliste), ou Passes Allowed Per Defensive Action. A traduire littéralement par : le nombre de passes concédées par action défensive.

Si le terme peut inquiéter, le calcul est simple. Il s’agit de prendre certaines actions défensives qu’une équipe réalise sur le terrain (tacles réussis et manqués, interceptions, fautes), de les additionner et de diviser le nombre de passes réalisées par l’adversaire sur le match par le résultat de cette somme.

Pour reprendre Stats Bomb :
PPDA = Number of Passes made by Attacking Team / Number of Defensive Actions

S’il peut avoir de l’intérêt sur tout le terrain, ce chiffre prend vraiment du sens lorsque l’on cherche à savoir si une équipe presse haut son adversaire (ou pas). Dans ce cas, il suffit de prendre en compte uniquement les actions défensives réalisées à partir d’une certaine hauteur du terrain. Les calculs ci-dessous ne prennent en compte que les actions défensives réalisées par la Roja au-delà de ses propres 40m.

Chili Coupe du Monde Tacles (au-delà 40m) Interceptions (40m et +) Fautes (40m et+) Passes adversaires TOTAL PPDA
Australie (V3-1) 12 3 13 329 28 11,75
Espagne (V2-0) 8 4 5 607 17 35,70588235
Pays-Bas (D0-2) 7 1 16 242 24 10,08333333
Brésil (N1-1) 17 6 14 432 37 11,67567568
Amical
Brésil (D0-1) 18 7 28 339 53 6,396226415
Chili Copa America
Equateur (V2-0) 10 4 12 324 26 12,46153846
Mexique (N3-3) 14 3 14 231 31 7,451612903

S’il n’est pas lié au résultat final, plus le PPDA(40m+) est faible et plus l’équipe est allé chercher haut son adversaire. En courant après le score face au Mexique, le Chili a dû « se faire violence » en redoublant les efforts pour revenir dans le match. S’il n’a pas été récompensé à l’arrivée, il a laissé entrevoir les promesses d’une montée en puissance au cours de la phase finale.

Tombé dans un groupe plutôt facile, la Roja a démontré face au Mexique qu’elle était capable d’élever son niveau d’intensité (pour atteindre un PPDA digne du Barça de Guardiola, qui oscillait en moyenne entre 6 et 10). Reste à savoir si l’énergie déployée face à El Tri ne pèsera pas dans les jambes au cours des prochains jours.

Réussir à gérer au mieux le 3e match de poule sera sans doute capital pour les hommes de Sampaoli, surtout dans une compétition aussi intense que la Copa America et après une saison post-Coupe du Monde éprouvante pour les organismes des meilleurs joueurs.

 

 

1 réponse

  1. 7 novembre 2015

    […] de l’article Chili 3-3 Mexique : la Roja a dû s’employer du 16 juin 2015, Les Chroniques Tactiques, Florent […]

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