Chelsea 2-1 Manchester United, l’analyse tactique

C’était « the big match », attendu par tous et plus particulièrement par les supporters d’Arsenal. Pour une fois, ces derniers étaient derrière le rival londonien puisqu’une victoire des Blues offraient aux Gunners la possibilité de revenir à un point de United. Après une première période maîtrisé de la tête et des épaules par les hommes de Ferguson, Chelsea a su se relever, revenir au score et finalement l’emporter. Grâce à un David « Tahiti Bob » Luiz de haut rang et une agressivité retrouvée. Analyse.

Les compositions :

On avait laissé Chelsea en 4-3-3 lors d’une défaite à Arsenal au mois de décembre. On les retrouve en 4-4-2. Ancelotti préfère toujours Torres à Drogba, Malouda prend le côté gauche et Ramires couvre à droite : Cech – Ivanovic, David Luiz, Terry, Cole – Ramires, Lampard, Essien, Malouda – Anelka – Torres.

Du côté de Manchester United, Ferguson décide de conserver l’organisation qui avait terminé la rencontre à Marseille, à savoir un 4-4-2 là aussi avec Nani côté gauche et Fletcher à droite : Van der Sar – O’Shea, Smalling, Vidic, Evra – Fletcher, Carrick, Scholes, Nani – Hernandez, Rooney.

Première mi-temps :

Les premières minutes de la rencontre révèlent deux choses sur l’animation des Blues. Le côté droit est réservé au jeu direct et aux attaques rapides (raid de Ramires pour Anelka qui poursuit dans le couloir) ou aux fins de mouvement (Ivanovic décalé et qui envoie un centre). A gauche en revanche, le jeu est beaucoup plus posé et construit : les deux milieux participent à la préparation avec Malouda et un Anelka très mobile. Le but : trouver Ashley Cole décalé, dans la profondeur. Mais Man United a senti le coup venir : le milieu droit Fletcher le suit dans tous ses déplacements, quitte à s’aligner avec sa défense si besoin.

Dans l’autre camp, la défense centrale de Chelsea suit de près les deux attaquants de Man U, Rooney et Chicharito. 4-4-2 oblige, David Luiz et Terry sont en effet obligés de surveiller les décrochages des deux joueurs puisque ni Essien ni Lampard, ne les voyant pas venir et déjà occupés par Scholes et Carrick, ne sont en mesure de s’occuper d’eux. Pris dans leurs déplacements verticaux, Rooney et Chicharito ont en revanche beaucoup plus de libertés lorsqu’ils s’excentrent et travaillent sur les côtés. C’est de cette manière que le flanc gauche de MU va faire vivre un véritable cauchemar à la défense des Blues.

Beaucoup moins suivi par David Luiz sur ces déplacements, Rooney apporte un soutien supplémentaire au duo Nani-Evra qui domine déjà Ramires et Ivanovic. Il faut dire que le Brésilien est souvent pris de vitesse par les montées du Français, capable de le surprendre en rentrant subitement à l’intérieur au lieu de longer la ligne de touche. Autre ombre au tableau, Essien et Lampard ont, comme la défense centrale, beaucoup de mal à coulisser et à reculer pour resserrer les lignes et fermer les possibilités de combinaisons. Les trois Mancuniens se régalent dans les intervalles et le but de Rooney viendra d’ailleurs de cette zone du terrain.

Néanmoins, Chelsea ne sort pas de cette première mi-temps sans l’esquisse d’une solution. Plusieurs fois, les Blues ont réussi à déstabiliser le bloc mancunien en insistant dans l’axe. Juste avant la mi-temps, une percussion d’Essien met notamment le feu devant la défense des Red Devils.

Deuxième mi-temps :

Dès le retour des vestiaires, Chelsea n’affiche plus le même visage. L’équipe est beaucoup plus agressive dans sa moitié de terrain, avec notamment un David Luiz qui chasse désormais ses adversaires beaucoup plus haut (et côté gauche) qu’en première période. De fait, la défense raccourcit les espaces avec son milieu de terrain… Cette évolution est notamment due à l’articulation du trio Ramires – Essien – Lampard, qui laisse constamment un joueur en retrait par rapport aux deux autres pour apporter une présence dans l’axe, à la manière d’une sentinelle. Une fois le ballon récupéré, celle-ci se charge d’ailleurs des lancements de jeu.

L’entrée de Drogba à l’heure de jeu apporte lui un second poids sur la défense de Manchester United. Jusqu’ici, Torres travaillait l’arrière-garde au corps et Anelka cherchait des brèches entre les lignes. Avec l’Ivoirien en plus, c’est désormais deux joueurs que doit se coltiner le back-four mancunien : un job à temps plein et qui limite les montées de Evra et de O’Shea (même si celui-ci ne montait quasiment jamais) ou au moins les fait partir de plus loin. Dès lors, le Français peut être plus facilement marqué, laissant à David Luiz et Ivanovic le soin de finir de couper la relation (et parfois les jambes) entre Rooney et Nani.

Autre fait marquant de cette deuxième mi-temps, Lampard est plus visible en phase offensive, bénéficiant notamment du travail de sape de ses deux attaquants. Il participe d’ailleurs à l’action emmenant le penalty du 2-1. Avant cela, Ancelotti avait aussi gagné la bataille du coaching en faisant entrer Zhirkov (lui aussi sur le penalty) à la place de Malouda alors que Berbatov n’a pas plus existé que les autres et que Giggs n’a pas eu le coup de patte espéré pour remettre Manchester dans le sens de la marche. A signaler toutefois que son duo avec Fabio a failli s’avérer payant puisque le Brésilien est passé tout près de l’égalisation en fin de match.

Conclusion :

Deux mi-temps, deux équipes. United a dominé la première grâce à un bloc défensif qui a répondu de manière cohérente aux forces de Chelsea et un vrai talent pour profiter des intervalles laissés par un 4-4-2 pas très bien rôdé. Au retour des vestiaires, les légères retouches apportées par Ancelotti au milieu de terrain ont permis aux défenseurs de se lâcher et d’aller agresser leurs victimes beaucoup plus haut sur le terrain. Chelsea a repris le contrôle du jeu et a su se montrer efficace devant Van der Sar.

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