Chelsea 2-0 Arsenal, l’analyse classique

Toute l’Angleterre l’attendait à partir du moment où elle a compris que ces deux-là resteraient au sommet de la Premier League jusqu’à ce dimanche 3 octobre. Chaque saison, c’est la même rengaine : Arsenal se pointe à Chelsea (ou à Manchester) avec des résultats qui font de lui un champion potentiel… Et chaque saison, c’est la même : les Gunners repartent avec une défaite complètement prévisible sitôt passé les premières minutes de la rencontre. Chelsea s’envole au classement et Arsenal se retrouve avec un autre adversaire direct sur les bras, Manchester City. Analyse.

Au coup d’envoi :

Du très grand classique d’un côté comme de l’autre. Zhirkov et Kakuta sortent du 4-3-3 de Chelsea qui a battu Marseille pour laisser leurs places à Ramires et Anelka. Côté Arsenal, Wenger présente un 4-2-3-1 avec un duo Wilshere-Song devant la défense, Nasri et Arshavin sur les côtés et un duo d’attaque avec Diaby en soutien de Chamakh. A noter que les deux formations doivent composer avec l’absence de leurs meneurs de jeu respectifs, Lampard pour Chelsea et Fabregas pour Arsenal.

Le pourquoi du 4-2-3-1 :

Après trois minutes extrêmement intenses, on découvre le pourquoi du choix inhabituel de Wenger de mettre Diaby dans une position avancée. Habituellement trois, les offensifs d’Arsenal forment désormais un quatuor qui va aller chercher l’adversaire, exerçant un pressing sur tout le milieu de terrain (des 25 mètres adverses à ses 30 mètres). Derrière, c’est tout le bloc d’Arsenal qui suit ce travail de sape. Lorsque Terry ou Alex essaie de relancer au sol vers leurs milieux, ces derniers ont immédiatement Song ou Wilshere sur le dos pour les empêcher de se retourner.

Par ce pressing incessant (ou presque), les Gunners obligent leurs adversaires à jouer à un rythme très élevé pour espérer franchir le milieu de terrain tout en développant une action. Si quelques jeux en triangle ont atteint les 30 mètres d’Arsenal, les Blues vont plutôt s’en remettre à des longs ballons sautant le pressing adverse pour essayer d’atteindre directement Drogba. Avec succès : l’Ivoirien est sur toutes les ouvertures de Terry ou d’Alex, dominant largement dans les duels la charnière 100% française Squillaci-Koscielny.

Les duels-clés :

Cette réussite de Drogba dans les duels me permet d’évoquer ce qui m’a le plus marqué lors de cette rencontre (et ça ne plaira pas au théoricien Gourcuff) : l’importance des duels. Ce sont tout simplement eux qui ont désigné le vainqueur. Car si le gros travail collectif au pressing des Gunners leur a permis de tenir le ballon, leur incapacité à remporter les duels-clés a rendu leur possession complètement stérile. A l’inverse, les Blues sont apparus très impressionnants dans ce domaine.

J’ai déjà évoqué un peu plus haut le cas de Drogba face à Squillaci-Koscielny, je pourrais aussi évoquer la ligne de défense quasi-irréprochable à ce niveau-là ou les facilités de Malouda et Anelka dans cet exercice… Mais je préfère m’attarder sur les relayeurs Essien et Ramires. Comme dit plus haut, ils étaient suivis de très près par Song et Wilshere. En clair, s’ils réussissaient à passer leur contrôle et à se retourner, ils effaçaient le milieu adverse et se retrouvaient lancés face à la défense d’Arsenal… Et avec Drogba, Malouda et Anelka comme solutions. Or, les deux relayeurs ont très souvent réussi à fausser compagnie à leurs gardes du corps.

Ironie du sort, Chelsea va faire la première différence au tableau d’affichage sur un ballon récupéré dans le camp adverse, par Ramires dans les pieds de Song. Mikel nettoie le ballon et le remet immédiatement au Brésilien qui, d’une passe magnifique, lance Cole sur l’aile gauche. Le latéral trouve Drogba qui devance Squillaci au premier poteau. 1-0 pour Chelsea à six minutes de la mi-temps… Et déjà le scénario à venir peut s’écrire : les Blues vont gentiment laisser la maîtrise aux Gunners et attendre de porter l’estocade sur une contre-attaque.

La deuxième mi-temps :

Et comme souvent dans ce genre de matchs, c’est exactement ce qu’il va se passer. Arsenal a la possession du ballon et n’a presque pas besoin de maintenir son pressing pour la garder. Chelsea fait face, replié sur deux lignes de quatre. Mikel se joint à la première ligne lorsqu’Arsenal remonte le ballon avant de glisser entre les deux pour suivre Diaby à la trace. Bien lui en prend, car les Gunners vont se créer leur seule situation dangereuse plein axe lors d’une combinaison Nasri-Diaby avec le second en point d’appui devant Terry. Mais Chamakh ne saura pas profiter de l’offrande du duo français.

L’entrée de Rosicky (70e) modifie l’organisation des visiteurs. Le Tchèque s’installe sur le côté gauche, Arshavin migrant d’abord à droite avant de se rapprocher de la pointe. Rosicky pose d’ailleurs quelques problèmes au côté droit de la défense des Blues, en s’infiltrant à plusieurs reprises entre Ivanovic et Essien. Mais aucune situation favorable n’aboutira à un quelconque danger pour Cech. Obligé de livrer ses latéraux pour créer le surnombre, Arsenal ouvre des espaces dans lesquels s’engouffrent Malouda et Anelka. Le second ratera une grosse occasion de 2-0… Avant d’obtenir le coup-franc victorieux de Alex.

Quelques joueurs, en bref :

– Je n’ai pas l’impression d’avoir assez insisté dessus donc je le redis : Essien et surtout Ramires ont tous les deux réussi une très grosse performance individuelle lors de cette rencontre.

– A l’inverse, Chamakh a montré ses limites, étant constamment mal placé sur les offensives d’Arsenal. Souvent servi en fin de mouvement, il n’a jamais su sentir les bons coups…

– Koscielny annonçait il y a quelques jours dans l’Equipe avoir l’Euro 2012 dans un coin de la tête. Au vu de sa performance, c’est tout à fait possible. Tant qu’il le fait avec la Pologne.

Conclusion :

Ce match nous a encore offert un remake du désormais classique « men against boys » qui ressort à chaque gros match que doit disputer Arsenal. Comme souvent, les Gunners ont eu des ambitions (pressing, empêcher l’adversaire de jouer…) mais comme toujours, ils sont tombés sur un adversaire qui a les armes pour répondre à n’importe quelle situation. Une variété dans les atouts que n’a pas l’équipe de Wenger.

Liens utiles :

Chelsea 2-0 Arsenal, buts et résumé vidéo / Panenka.fr
Premier League, 7ème journée – Bilan et résultats : la Totale / Panenka.fr

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2 réponses

  1. Micah dit :

    L’analyse est très juste mais je suis pas d’accord sur un point à propos de Koscielny. Dans ce cas Rami qui s’est fait bouffé par Lisandro et Torres on aurait du le laisser au Maroc?

  2. Ah non mais Rami a tout autant de crédit pour moi que Koscielny hein. Il est là par défaut…

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