Chelsea 1-3 Manchester United : Zoom sur l’animation de Chelsea

Malgré leur défaite face à Manchester United, les Blues de Chelsea ont montré une animation assez intéressante à décrypter si l’on décide de s’attarder sur les déplacements lors de la phase de préparation/construction. Le retour et l’impact d’Essien sur le jeu, le rôle d’Anelka seul en pointe à rapprocher avec son rôle chez les Bleus pendant la Coupe du Monde, le travail d’Ashley Cole sur le côté gauche, tous ces sujets vont s’éclaircir une fois que vous aurez lu cet article. Allons-y, let’s go !

On démarre ce nouveau zoom par un revue générale des deux formations même si vous y avez peut-être déjà eu droit en lisant le fil tactique. Côté Chelsea, Ancelotti alignait le 4-3-3 classique. Pas besoin de développer puisque nous allons le faire par la suite. De son côté, Ferguson n’étonnait personne lui non plus avec son 4-4-2 de toujours, fondé sur l’impressionnant volume de jeu du duo de l’entrejeu (Scholes/Carrick sur ce match). En phase défensive, les Red Devils se regroupaient dans leurs 30 mètres autour du désormais célèbre « bloc des six », les ailiers apportant leur écho lors des montées des latéraux adverses et les attaquants allant parfois au pressing sur le porteur de balle dans le rond central.

Mais les Mancuniens n’étant pas notre sujet d’étude, on les fait disparaître. Et tant qu’à faire, on les remplace par des flèches. Mais pas n’importe lesquelles. Ci-dessus, vous découvrez les déplacements globaux des onze joueurs de Chelsea. On constate qu’en plus du gardien, les trois défensifs purs (Terry, Ivanovic et Mikel) ne quittent que très rarement leur zone (pour ne pas dire jamais). Sur les côtés, les latéraux (Cole et Paulo Ferreira) se révèlent comme les véritables animateurs des couloirs alors que les deux ailiers (Malouda et Kalou) travaillent beaucoup plus vers l’intérieur. Les trois axiaux restant (Anelka, Essien et Lampard) travaillent eux dans la verticalité. L’avant-centre décroche et les deux milieux jouent les box-to-box de la phase de relance à celle de finition.

En associant les flèches d’une manière plus ou moins approximative, on se retrouve avec les combinaisons et autres circuits de passes les plus fréquents dans l’animation des Blues. Je l’avais évoqué dans le fil tactique, vous pouvez le voir encadré en rouge : le quintet axial Terry-Ivanovic / Lampard-Mikel-Essien qui était à la base de tous les lancements de jeu de Chelsea. Ou presque : comme vous pouvez le voir, les deux milieux axiaux les plus excentrés sont liés à un autre triangle avec leur latéral et leur ailier. Résultat, les positions sont interchangeables et c’est ainsi que l’on a pu voir Cole remplacer Lampard à la pointe gauche du quintet, Malouda jouant le long de la ligne et le milieu anglais remontant à hauteur d’Anelka. Même chose à droite avec Essien, Kalou et Paulo Ferreira.

Malheureusement pour les Blues, cette animation, basée sur la patience et l’accélération progressive du ballon, va rapidement trouver ses limites. La défense mancunienne n’hésite pas à défendre très bas et les quatre milieux de terrain forment une ligne difficile à franchir pour trouver un attaquant dans l’espace. Si ça passe, les deux lignes se resserrent tellement vite dans l’axe que le porteur du ballon est généralement obligé de revenir en arrière. Seule solution : insister sur les côtés où Chelsea a réussi à plusieurs reprises à créer des décalages, que ce soit par Cole d’un côté ou Essien/Kalou de l’autre. La raison ? Un surnombre tout simplement, permettant à Chelsea d’accélérer pour arriver lancé dans les 25 derniers mètres.

Mais le véritable problème de cette animation, c’est le manque de couverture sur les côtés. Dans les couloirs, la préparation des offensives nécessitait généralement le travail de trois joueurs (ailier, axial et latéral). Dans le même temps, dans l’axe, Chelsea était le plus souvent en infériorité numérique avec le seul Anelka en point de fixation entre la défense centrale et le duo Scholes-Carrick. Résultat, si le ballon était perdu d’une manière ou d’une autre, les Londoniens n’étaient pas en mesure de mettre en place un pressing assez agressif pour gêner les relance de United. C’est une des raisons qui ont fait que Scholes a livré un véritable récital dans le jeu long, offrant des merveilles d’ouvertures à Rooney, Valencia, O’Shea, Owen et quelques autres.

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1 réponse

  1. Manchester à bien dominé son sujet, superbe !

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