Chelsea 1-3 Atletico Madrid, l’analyse tactique

Après un match aller plus que frustrant en terme de spectacle, Chelsea et l’Atletico se sont retrouvés mercredi dernier avec pour objectif de rejoindre le Real en finale de la Ligue des Champions. Et si les Blues ont pris le meilleur départ dans ce match retour, ce sont bien les Colchoneros qui tenteront de soulever le trophée à la fin du mois.

Côté Chelsea, Hazard et Eto’o étaient attendus dans le onze de départ. Finalement, José Mourinho n’a lancé que le Belge d’entrée de jeu. Retrouvant son flanc gauche, l’ancien Lillois se retrouvait devant Cole, confirmé au poste de latéral afin de permettre à Azpilicueta de se retrouver dans un surprenant rôle de milieu droit. Suspendu à l’aller, Ivanovic faisait son retour en défense. Côté Atletico Madrid, une surprise était aussi à signaler : la titularisation d’Adrian en soutien de Diego Costa. Remplaçant il y a une semaine, Arda Turan faisait lui aussi son retour dans le onze-type.

L’Atletico, plus attentiste : 

Tactiquement, les changements d’hommes opérés par José Mourinho ont entraîné le retour du 4-2-3-1. Comme évoqué précédemment, Hazard retrouvait son aile gauche, laissant le poste en soutien de Fernando Torres à Willian. Face à la relance madrilène, le Brésilien et l’Espagnol étaient là pour gêner les transmissions entre les quatre « défensifs » (Miranda, Godin, Mario Suarez, Tiago) afin de bloquer la relance de l’Atletico sur un demi-terrain et faciliter le travail de leurs partenaires.

Les rôles se sont votes répartis entre les deux formations. La présence d’un milieu offensif axial, en la personne de Willian, a poussé l’Atletico à jouer plus bas qu’à l’accoutumée. Derrière Diego Costa (à hauteur de la défense de Chelsea) et Adrian (à hauteur des milieux de terrain), les deux lignes de quatre de Diego Simeone se concentraient sur les trois créateurs des Blues. A gauche, Hazard était bloqué à la fois par Arda Turan et Juanfran. Azpilicueta et Willian étaient eux suivis de près par leurs adversaires (Gabi, Mario Suarez – Filipe Luis), qui cherchaient à les repousser vers la ligne médiane.

Comme d’habitude, Koke et Arda Turan se sont montrés très agressifs dans les couloirs, bien secondés par leurs latéraux. A l’instar de Chelsea avec Willian et Torres, l’Atletico verrouillait l’axe avec Diego Costa et Adrian. Le second cité, remplaçant de Diego titulaire au match aller, redescendait même juste devant Tiago et Mario Suarez afin de densifier un peu plus le coeur du jeu, quitte à accorder des espaces à David Luiz et Ramires. Cela permettait notamment à Arda de se concentrer sur Hazard tout en dissuadant les milieux des Blues d’attaquer l’axe avec le ballon.

Chelsea sort

Chelsea sort la balle du côté droit pour l’amener à gauche vers Cole. Le bloc de l’Atletico réagit en conséquence. Arda et Juanfran anticipent la passe vers Hazard et sortent vers le Belge. Dans l’axe, Adrian est là pour couper la relation entre Cole et Willian.

Le Belge éteint, l’axe fermé, les Blues n’avaient que le jeu direct vers Torres, assez efficace durant les premières minutes, et le flanc droit pour approcher les buts de Courtois. L’Atletico procédait lui principalement en contre-attaque. Sitôt les « créateurs » de Chelsea stoppés, le pressing était déclenché sur les côtés, puis suivi par Adrian puis Diego Costa, afin de sortir sur les passes en retrait des Londoniens. L’Atletico recherchait ensuite la profondeur avec les appels de ses deux attaquants.

Chelsea trouve des solutions : 

Jusqu’à l’ouverture du score de Fernando Torres (36e), le match est resté très fermé. L’Atletico laissant venir son adversaire, c’est Chelsea qui a eu le contrôle du ballon durant cette période. Terry, Cahill, David Luiz et Cole sur son flanc gauche assuraient la circulation de balle et la préparation des actions. Le latéral gauche bénéficiait de la prise à deux sur Hazard (Arda-Juanfran), qui lui a permis de remonter plusieurs ballons dans le camp madrilène. De la même manière, Willian a souvent décroché dans sa zone afin de se défaire de la pression de la paire Mario Suarez-Tiago, qui ne quittaient pas leurs 40 mètres pour le suivre.

Avec Adrian qui revenait aider ses milieux de terrain, Chelsea a principalement utilisé les côtés. A gauche, Torres a tenté de profiter de la prise à deux sur Hazard en demandant demander le ballon dans le dos de Juanfran, afin d’attirer Miranda loin de sa zone de prédilection. Mais la majorité des mouvements des Blues se sont développés de la gauche vers la droite, utilisant les relais latéraux de David Luiz et Ramires dans l’entrejeu, dans le but de faire courir le milieu adverse. Un milieu comme d’habitude toujours très compact afin de pouvoir sortir au pressing sur les passes en retrait évoquées précédemment.

Alors que la première mi-temps entrait dans sa deuxième partie, les Blues ont montré plus d’allant dans le dernier tiers du terrain. Ramires a été le premier à se signaler en allant offrir une solution dans la surface adverse, créant ainsi le décalage et s’offrant une bonne position de frappe. Un mouvement qui s’est reproduit sur le but de Torres (36e), avec un appel dans l’espace de Willian suite à une nouvelle préparation de la gauche vers la droite. Le Brésilien a ensuite fait la différence et servi Azpilicueta dont le centre a trouvé son compatriote avant-centre (1-0).

Au lieu de rester entre Gabi et Mario Suarez dans l'axe, Willian profite d'un énième gauche-droite

Au lieu de rester entre Gabi et Mario Suarez dans l’axe, Willian profite d’un énième gauche-droite de ses partenaires au milieu de terrain pour prendre la profondeur, et profiter de l’intervalle entre Godin et Filipe Luis (hors-champ, au marquage d’Azpilicueta). Il attire ainsi le défenseur central hors de sa zone. 

L’Atletico prend le contrôle : 

A ce moment de la partie, Chelsea voyait poindre le scénario sans doute rêvé par son entraîneur. Les Blues ne subissaient pas le pressing tant redouté des Colchoneros, qui défendaient plus bas qu’à l’accoutumée. Mieux, ils contrôlaient aussi sans grande difficulté les attaques madrilènes. Si l’Atletico parvenait à ressortir aisément le ballon de sa moitié de terrain, sa construction butait sur la défense londonienne. Mais avec un but à remonter, les hommes de Diego Simeone ont fait preuve d’une maîtrise nouvelle au vu des qualités qu’ils avaient démontrées jusque-là dans la compétition.

Utilisant les décrochages de Arda et Koke pour remonter proprement les ballons depuis le quatuor de relance (Godin, Miranda, Tiago, Mario Suarez), les Colchoneros s’appuyaient ensuite sur les côtés pour les conserver. Le jeu a assez largement penché côté gauche, grâce aux montées de Filipe Luis, qui échangeait ensuite avec deux des trois soutiens de Diego Costa (Adrian et Koke principalement). Non-concerné directement par l’action, le 3ème « milieu offensif » se rapprochait toutefois de la zone de possession en repiquant dans l’axe, pour suivre le mouvement jusque dans la surface adverse en cas de décalage mais aussi pour être présent au pressing en cas de balle perdue. Devant, Diego Costa s’excentrait (entre le défenseur central et le latéral) pour peser sur la défense et offrir des espaces à ses partenaires entre les lignes.

Comment l'Atletico conserve le ballon dans le camp adverse : en rouge, trois joueurs sont là à la fois pour soutenir la création et être présents au pressing dès la perte de balle.

Comment l’Atletico conserve le ballon dans le camp adverse ? En rouge, trois joueurs sont présents à la fois pour soutenir la création et être au pressing dès la perte de balle : Tiago et Mario Suarez dans l’axe évidemment, ainsi que Koke (milieu excentré à l’opposé de l’action au départ) qui est là pour empêcher le jeu rapide vers son aile en cas de balle perdue. Lorsque l’Atletico entre dans les 30 derniers mètres, son rôle est de se rendre dans la surface de réparation. En jaune, trois créateurs : deux sur l’extérieur hors de la « zone-press » des Blues et un appui intérieur pour avancer dans le camp adverse. Enfin deux solutions en noir pour un jeu plus long : le latéral à l’opposée de l’action et l’avant-centre, chargé de peser sur la défense et de prendre la profondeur.

A défaut d’enchaîner dans le derniers tiers du terrain, les Colchoneros se sont installés de cette manière dans le camp de leurs adversaires. En utilisant quatre joueurs (un latéral, deux milieux offensifs et Diego Costa) dans le même périmètre pour faire circuler le ballon, les Madrilènes ont fait courir les milieux de Chelsea dans le vide. Toujours présents en soutien, Tiago et Mario Suarez se chargeaient de la couverture et des renversements de jeu en cas de nécessité. Menant au score, les Blues ont adopté une tactique défensive, ne cherchant pas forcément à ressortir sur le porteur de balle lorsque l’Atletico décidait de reculer pour s’ouvrir le terrain.

Et c’est bien cela qui leur a coûté cher sur les deux buts encaissés par les Londoniens dans le jeu. En laissant l’Atletico s’installer dans son camp, Chelsea devait forcément passer du temps en position défensive. Or le 4-2-3-1 des Blues demandait, comme le 4-1-4-1 à l’aller, à Hazard et Azpilicueta de revenir défendre dans leur moitié de terrain. Par deux fois, le Belge s’est retrouvé pris dans son dos par Juanfran, lui-même servi par un Tiago qui avait tout le temps pour ajuster ses passes depuis sa position plus reculée sur le terrain (1-1, 44e / 1-3, 72e).

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La distribution des passes de l’Atletico, qui permet de bien distinguer les deux zones dans les couloirs – entre la ligne médiane et les 25 mètres de Chelsea – où les Rojiblancos conservaient le ballon et forçaient leurs adversaires à reculer.

Entre temps, le second but – inscrit sur penalty par Diego Costa (60e) – est lui aussi venu sanctionner la posture trop laxiste des Blues face à la conservation madrilène : jouer bas signifie en effet prendre le risque de concéder des coups de pied arrêtés… et les incertitudes qui les entourent (en l’occurrence, une faute de Eto’o sur Diego Costa). 

Coachings : 

Le but d’Adrian avant la mi-temps propulsant l’Atletico vers Lisbonne, José Mourinho a évidemment été le premier à dégainer après la pause avec l’entrée en jeu de Eto’o pour épauler Torres aux avants-postes (53e). Les Blues sont alors passés en 4-4-2, Azpilicueta retrouvant son poste de latéral gauche et Willian glissant à droite.

A l’inverse de Laurent Blanc avec le PSG, qui avait laissé Chelsea ajouter des attaquants sans réagir tactiquement jusqu’à ce que son équipe craque, Diego Simeone a immédiatement répondu à ce changement en modifiant son système de jeu. Adrian est passé à droite, Arda à gauche et Koke est venu densifier l’axe aux côtés de Mario Suarez et devant Tiago, désormais devant la défense. Au vu de la rapidité d’exécution, le coach argentin avait déjà prévu son coup avant la rencontre.

Immédiatement après l'entrée d'Eto'o, Diego Simeone réagit en passant en 4-1-4-1.

Immédiatement après l’entrée d’Eto’o, Diego Simeone réagit en passant en 4-1-4-1. Deux objectifs à cela : créer un trois-contre-deux face à Eto’o et Torres grâce au décrochage de Tiago et s’appuyer sur l’activité de Koke et Mario Suarez au pressing pour prendre l’avantage sur David Luiz et Ramires.

Ce nouveau 4-1-4-1 a permis aux Madrilènes de répondre à l’approche plus directe des Blues. Sans dégarnir les couloirs afin de bloquer Hazard et Willian, le milieu à trois a pu sortir plus haut afin d’accompagner Diego Costa et de gêner les lancements de jeu de David Luiz, voire des défenseurs si nécessaire.

Bilan : une plus grande maîtrise des Rojiblancos en fin de partie. Avec le ballon, ils n’ont pas perdu leurs habitudes, continuant de construire sur les côtés en attendant de pouvoir créer le décalage. Le second but les qualifiait, le troisième leur a permis de confirmer leur supériorité. Dès l’heure de jeu, le match était terminé. Et ce ne sont pas les entrées de Ba et Schürrle, poste pour poste, qui allaient y remédier cette fois.

Conclusion : 

Pas de surprise au final, l’équipe qui a le moins subi les évènements a remporté la victoire. Tant sur le plan de la solidarité (capitale durant les quatre dernières demi-finales de Ligue des Champions) que de l’engagement, l’Atletico était bien au-dessus de Chelsea. Malgré l’absence de Gabi, les Colchoneros ont su gagner la bataille de l’entrejeu, s’appuyant notamment sur le sens du sacrifice d’Adrian et Diego Costa pour protéger la mise en place d’une tactique plus défensive qu’à l’accoutumée.

A l’inverse, les Blues se sont heurtés à leurs propres limites. A l’aller, Mourinho avait aligné Ramires et Willian dans les couloirs afin de les fermer à double tour. Avec succès. Mais Hazard n’est pas du niveau de ces derniers sur le plan défensif, comme l’a d’ailleurs prouvé l’échange par médias interposés entre le Belge et son coach dans les jours qui ont suivi la rencontre. A Madrid, Mourinho avait souvent payé la faiblesse défensive de son flanc gauche en raison de la présence de Ronaldo. Il a cette fois connu le même problème avec Hazard. Que serait-il advenu si ce dernier était resté sur le banc ? Ou si le coach avait pu rester dans le 4-1-4-1 du match aller (suspension de Mikel et Lampard) ? Des questions sans réponse mais qui peuvent se poser.

Néanmoins, faire porter le chapeau de la défaite au seul Hazard serait malvenu. Car si la faiblesse défensive de l’ancien Lillois a sauté aux yeux sur deux des trois buts de l’Atletico, Chelsea aurait aussi pu faire en sorte que le Belge n’ait pas à défendre autant, ni à se retrouver aussi bas sur le terrain.  Presser plus efficacement la relance ou bloquer les relais dans le camp adverse (retour de Torres avec Willian et bloquer Mario Suarez-Tiago par exemple) étaient deux solutions qui auraient pu permettre aux Blues d’afficher un visage plus solidaire.

La passivité des Blues en une seule image :

La passivité des Blues résumée en une seule image. A partir du moment où Koke et Arda travaillent du même côté, les joueurs de Chelsea sont incapables de mettre une quelconque pression sur le porteur de balle. Toujours en retard, ils laissent même Tiago sans surveillance. L’ancien Lyonnais en profitera en lançant à deux reprises Juanfran dans le dos de Hazard côté opposé.

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16 réponses

  1. yas sed dit :

    Très bon article comme toujours. On apprend beaucoup de choses
    merci.

  2. franz dit :

    Merci pour l’article !

    En lisant : « A gauche, Torres a tenté de profiter de la prise à deux sur Hazard en demandant le ballon dans le dos de Juanfran, afin d’attirer Miranda loin de sa zone de prédilection »; je me pose la même question que sur d’autres articles, notamment celui de bayern/réal, comment fait-on pour ne pas ‘payer’ une prise à deux (et pire à trois) en défense.

    Parce que, ce que je comprend c’est que lorsque l’on a qu’un seul Aillier comme ‘créateur’, si celui-ci est bloquer, l’équipe offensive se retrouve bloquer…

    Mais je me dis que si l’on rajoutte à cet aillier :
    + dans l’axe, des millieux offensifs driblleurs/passeurs (barca)
    et/ou
    +dans l’axe, des millieux offensif capable de frapper (chelsea, équipe de france)
    et/ou
    +un autre Aillier créateur (bayern)
    On fait forcemment exploser la defense!

    Mais dans ton article, tu dis : « Le Belge éteint, l’axe fermé, les Blues n’avaient que le jeu direct vers Torres ».

    L’axe fermé… comment ferme t’on l’axe ET le côté ?

    D’ailleurs, tu dis : »Ramires a été le premier à se signaler en allant offrir une solution dans la surface adverse, créant ainsi le décalage et s’offrant une bonne position de frappe. Un mouvement qui s’est reproduit sur le but de Torres »; ca renforce ma conviction, et j’ai encore plus l’impression qu’une équipe offensive qui ne profite pas d’une prise à deux, ce n’est que par frilosité tactique ou manque de leader de jeu (autre que ceux que la defense bloque)…

    Quelqu’un pour m’expliquer ca ?

  3. aziz dit :

    @franz
    Je pense que la réponse à ta question est la suivante. La prise à 2 voir à 3 ne te pénalise pas vraiment dans l’axe si l’ailier ne tente rien car en phase statique, les défenseurs dans l’axe même s’ils ne sont plus que 1 contre 1 ont l’avantage car ils voient le jeu et adaptent leur positionnement en conséquent. N’oublions pas qu’il leur suffit de dégager n’importe où alors que les attaquants doivent mettre le ballon entre les poteaux! Par contre si l’ailier tente le dribble, ça change tout. Le but de Chelsea est un exemple de ce que doivent faire des ailiers: dribbler, faire des gris-gris. En éliminant les 2 défenseurs de l’athlético, ça a tout de suite fait but car en plus du fait qu’il y avait deux défenseurs en moins, ça crée la panique! Les défenseurs dans l’axe sont aspirés et ne voient plus le mouvement des attaquants. En Europe et en France en particulier, ce genre de discours ne passe pas car on ne croit pas au dribble alors que pour moi c’est l’essence du foot!

    Pour revenir au match. J’ai eu l’impression que si on avait laissé à Mourinho le choix du terrain pour cette deuxième manche, il aurait choisit de jouer le retour à Madrid! Sa tactique était faite pour ça!
    Il tirait une tronche (même à 1-0)car je pense qu’il s’est rendu compte que l’Athlético n’était pas tombé dans le piège de l’attaque à tout prix qu’il espérait et jouait une vrai partie d’échecs.

  4. aziz dit :

    ….pour finir, n’oublions pas que les 3 buts de l’Athlético sont obtenus sur des erreurs défensives grossières et inhabituelles de la part de Chelsea (Terry glisse sur le premier, Et’o se fait avoir comme un débutant sur le 2eme et le 3eme est un une-deux avec la barre de Turan sous l’oeil passif des défenseurs). Le match aurait pu finir à 1-0 et on aurait dit que Mou est un génie (malfaisant mais génie quand même)

  5. franz dit :

    @aziz : je ne comprends pas ton explication.

    En effet, tu dis que : dans le cas d’un prise à 2 sur l’aillier, il doit : »dribbler, faire des gris-gris ». tu précises : « En éliminant les 2 défenseurs de l’athlético, ça a tout de suite fait but car en plus du fait qu’il y avait deux défenseurs en moins, ça crée la panique! »

    Effectivement, ca ne manque pas de bon sens!
    Si l’aillier gagne son 1vs2, il crée la différence.
    MAIS cela est vrai pour ‘n’importe’ quel duel gagné, même pour un 1vs1.
    OR la prise à deux me semble faite pour limiter la possibilité des ailliers de gagner leurs duels en créant une inégalité numérique.
    DONC ce que je comprends dans ta réponse, c’est que : alors qu’on lui a rendu la tâche plus difficile, l’aillier doit quand même gagner son duel.
    N’est-ce pas lui demander un exploit ?

    Déjà que gagner un 1vs1 à ce niveau est plus ou moins un exploit en soit…

  6. aziz dit :

    @franz,
    Il y a un malentendu. J’ai répondu à ce que je croyais être ta question: Pourquoi une prise à 2 voir à 3 affaiblissant numériquement l’axe défensif n’était pas si pénalisante que ça (pour la défense). Mon commentaire sur le dribble était que celui ci était la meilleur solution pour sortir de cette prise. Et contrairement à ce que tu crois, un dribble n’est difficile que pour des footballeurs qui n’ont jamais jamais appris à dribbler. C’est le cas en Europe où dès que tu entres en centre de formation, on te demande de passer et de ne pas dribbler. On caricature même en assimilant le dribble à l’individualisme voir de l’égoïsme. Dribbler 2 joueurs, on te demande pas de le faire 20 fois en un match car chaque fois que c’est réussie c’est presque tout le temps but après. Evidemment actuellement ce genre de joueurs il n’ y en pas des masses (surtout en France) mais ce n’est que parce qu’on encourage pas le développement de ce genre de profils. Pour moi, vu le développement et l’efficacité des tactiques défensives modernes, le salut viendra de là! Garrincha reviens….

  7. franz dit :

    Effectivement, ma question était : « Pourquoi une prise à 2 voir à 3 affaiblissant numériquement l’axe défensif n’était pas si pénalisante que ça pour la défense »

    Pour ce qui est des dribbles, j’ai trouvé ca :
    « la Ligue 1 a le plus faible nombre de dribbles réussis (5,55 dribbles/match) des cinq grands championnats européens. Face à des défenses généralement denses et peu permissives, les techniciens de l’hexagone peinent à faire la différence individuellement. Il est vrai que la L1 souffre de la comparaison en terme de niveau technique.

    Le niveau assez faible de l’Espagne (6,43 dribbles/match), juste devant l’Angleterre (6,32 dribbles/match) peut surprendre.

    C’est la Bundesliga qui s’en sort le mieux dans ce secteur, assez largement (12,6 dribbles/match). Les joueurs offensifs, notamment sur les ailes, y sont percutants. »

    http://aworldoffootball.com/2012/11/les-cinq-grands-championnats-europeens-au-crible-statistique/

    Quand je vois ces stats, je me dis que le dribble n’est pas si évident que ca…

  8. Jack dit :

    @aziz
    Dribbler n’est pas facile en 1 vs 1 déjà quand le joueur adverse t’attend en position statique. Dribbler lors d’une prise à deux sur l’aile donc dans un périmètre réduit c’est encore plus difficile et c’est réellement condamner ton ailier à l’exploit. Les deux joueurs couvrent l’extérieur et l’intérieur du joueur et en plus leurs niveaux est trop élevé pour se faire dribbler tous les deux à chaque fois. Si Hazard réussit à passer ne serait-ce qu’une fois entre les deux ces derniers feraient faute sans hésiter. Le meilleur moyen de se sortir d’une prise à deux c’est de créer un surnombre sur l’aile (Willian ou Torres) ou alors de revenir en arrière et de réorienter le jeu de manière efficace en profitant des espaces.

  9. Alex dit :

    Pour moi dès le match aller au moins une action a montré que le bloc défensif) de Chelsea était trop lent (trop compact) pour se déplacer latéralement, le 1er but au retour en a été l’illustration.
    Simeone a été plus fort que Mourinho cette fois-ci.
    Laurent Blanc peut se repasser en boucle la cassette de ce match…

  10. franz dit :

    Ma question reste en suspend :
    +Pourquoi une prise à 2 sur l’ailiers, affaiblissant numériquement l’axe défensif, n’est finalement pas si pénalisante que ça pour la défense ?
    question qui peux aussi se traduire par :
    +Comment se fait-il que les équipes offensives profites si difficilement d’une prises à 2 de leur(s) ailier(s) ?

    J’y répondrai par :
    Si les ailiers sont les créateurs offensifs habituels d’une équipe, les bloqués oblige cette équipe à trouver un plan B.
    Or ce plan B est, pour le coup, peux être moins efficace dans l’absolu et même inefficace contre une opposition donnée.

    Cela parait être du bon sens, mais ça semble réducteur pour des équipes jouant dans le dernier carré de la ligue des champions qui, il me semble, devrait avoir prévu un plan B/C/D pour répondre à toutes formes d’oppositions…

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