Pays-Bas 2-1 Brésil : le fil tactique

Que des Bataves de barbares ! Les Pays-Bas ont décroché leur billet pour la demi-finale de la Coupe du Monde en battant la plus belle équipe jusqu’ici, le Brésil de Dunga. Pour être plus précis, les Néerlandais ont eu la réussite nécessaire pour sortir d’une première période à sens unique en faveur des Brésiliens avec un seul but de retard avant de bénéficier des cadeaux de Julio César et Felipe Melo pour l’emporter. Van Maarwijk a aussi rectifié le tir à la mi-temps. Et ses joueurs ont su la jouer au vice, un peu.

0′ : Découverte des compos. Du très grand classique, d’un côté comme de l’autre. 4-2-3-1 pour les Pays-Bas, milieu en losange pour le Brésil qui évoluent en 4-2-3-1 aussi sur certaines phases de jeu.
5′ : Première réponse des Pays-Bas au jeu brésilien habitué à accélérer sur du jeu court à 40 mètres des buts adverses. Les offensifs néerlandais font bloc très haut pour couper la relation défense/milieu brésilienne.
8′ : Le Brésil fait les premières différences du match sur deux récupérations rapides au milieu de terrain enchaînées avec des projections rapides du récupérateur (Juan et Maicon) qui franchit la première ligne pour apporter le surnombre.
10′ : Les Néerlandais veulent bloquer au maximum les espaces au milieu de terrain. Résultat, ils se font prendre dans leur dos. Superbe ouverture de Felipe Melo pour Robinho. 1-0.

16′ : Menés au score, les Pays-Bas sont plus entreprenants et passent par les côtés. Kuyt est trouvé dans la profondeur à gauche. Robben sollicite les ballons en décrochage depuis son côté droit. Les ballons partent de la défense centrale et/ou du rond central.
24′ : Sneijder est introuvable dans sa zone de prédilection (derrière Van Persie) bien repoussé par le duo Gilberto/Felipe Melo. Sans point de fixation dans l’axe, les Néerlandais s’en remettent aux ailes (voir 16′) et compte sur Van Bommel pour prendre les intervalles et venir apporter le nombre.
30′ : Les trois Brésiliens de devant vont presser la première relance néerlandaise. Résultat, alors qu’il arrivait tranquillement au milieu avec du jeu court avant de partir sur les ailes, le jeu des Oranje démarre sur une relance longue. Les Brésiliens sont maîtres dans les duels et peuvent récupérer. Et enchaîner comme en début de match (voir 8′).

34′ : Van Persie, dominé par la défense centrale brésilienne, s’exile sur les côtés en décrochage. Kuyt en profite pour prendre la profondeur.
37′ : Quatrième faute de Bastos sur Arjen Robben. Le Lyonnais est averti. Au passage, l’ailier du Bayern est complètement seul sur son aile et est constamment pris par la défense brésilienne lorsqu’il tente de faire sa spéciale. A quand la fausse piste dans le couloir ?
39′ : Les attaquants des Pays-Bas poursuivent leur projet de gêne de la relance au sol brésilienne.  De leur côté, les Brésiliens réussissent à porter le danger lorsque leurs adversaires perdent rapidement le ballon. Comme sur une relance longue par exemple (voir 30′).
45′ : Sneijder touche son premier ballon dans la zone du meneur avancé qu’il doit être depuis le début de la partie. Immédiatement, cela crée de l’espace sur les ailes.

Mi-temps : Le Brésil est maître physiquement et tactiquement. Les hommes de Dunga dominent l’entrejeu et profitent de leur aisance technique pour rapidement (re)porter le danger dans le camp adverse. Tout est basé sur des récupérations rapides du ballon au milieu. Lorsque les Néerlandais sont en place, ils ont logiquement plus de mal pour accélérer. Défensivement, ils n’ont pas été inquiété par Robben qui semble être le seul capable de faire bouger les choses tant le collectif Oranje est à la peine. Les ailiers, seule source de percussion, manque de soutien…

48′ : Robben qui décroche, Kuyt qui quitte son couloir pour prendre l’axe lorsque Van Persie prend la profondeur côté droit, le trio offensif néerlandais s’anime enfin… Et Sneijder profite de tous ces déplacements pour trouver des espaces et jouer plus haut.
53′ : L’égalisation qui arrive de nulle part. Enfin si, d’une faute de Bastos sur Robben. Julio César se manque, ça finit au fond. 1-1.
55′ : Tiens donc, voilà que Van Der Wiel se décide à franchir la ligne médiane pour venir soutenir Robben. S’il ne touche que peu de ballons, sa seule présence suffit à attirer l’attention des défenseurs brésiliens et libère un peu plus l’ailier du Bayern.
58′ : Les Pays-Bas ont trouvé la parade. Plutôt que de balancer depuis la médiane, les Oranjes prennent leur temps au milieu de terrain : les latéraux participent à la préparation et court-circuitent le pressing brésilien, habituellement très dense et efficace dans l’axe.

61′ : Lorsqu’ils sont gênés, les Brésiliens comptent sur les dépassements de fonction ou la qualité des relances des défensifs, Lucio et Maicon notamment. Et les Néerlandais le savent : Sneijder retrouve son rôle de harceleur qu’il avait à l’Inter et se charge d’aller gêner les relances de Lucio.
62′ : Ou le danger du carton rouge après l’égalisation. Bastos cède sa place à Gilberto Melo.
64′ : Certes, les latéraux néerlandais apportent beaucoup offensivement… Mais attention à bien les couvrir ! De Jong perd un duel avec Robinho qui file vers les défenseurs centraux néerlandais avant de se faire rattraper et ceinturer par son ancien coéquipier. Carton jaune pour le Néerlandais.
68′ : Corner pour les Pays-Bas. Sneijder ne saute pas et met la tête. 2-1.

73′ : Felipe Melo est exclu pour une semelle de gros débile sur Robben. Il a bien mérité son Bidon d’Or finalement.
78′ : Dunga est sans solution, il ne change rien à son coaching. Nilmar remplace Luis Fabiano et le Brésil évolue dans un 4-2-3 stérile, les offensifs étant constamment en sous-nombre face à cinq Néerlandais.
84′ : Obligé de jouer bas, la Seleçao ne peut plus exercer la pression qui fait sa force au milieu de terrain. Elle repart de trop loin pour pouvoir créer le danger. Seul les dépassements de fonction des défenseurs (Lucio encore, Sneijder l’a lâché pour s’occuper de plonger dans son dos lorsqu’il faut contre-attaquer).

Fini ! Les Pays-Bas sont en demi-finale. Le Brésil peut l’avoir mauvaise puisqu’il perd ce match tout seul, ou presque. Van Maarwijk a su régler les détails à la mi-temps mais ce sont les Auriverdes qui ont offert tous les tournants du match (égalisation et expulsion). Et votre serviteur en est dégoûté et se met à craindre une finale entre les Pays-Bas et l’Argentine, les deux plus belles escroqueries de ce Mondial sur le plan collectif.


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1 réponse

  1. Tomi dit :

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