France – Costa Rica : les premiers enseignements

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Nouveau schéma de jeu, nouvelles intentions, groupe qui s’est forgé lors du stage à Tignes… En cas de contre-performance face au Costa Rica, toutes ses belles paroles auraient pu s’envoler et le soufflé des Bleus retomber dans la morosité. Malgré un match plutôt agréable de leur part, les Bleus ont dû attendre que le salut vienne de deux remplaçants, Abou Diaby et Mathieu Valbuena. Pas forcément surprenant quand on sait l’état dans lequel Domenech a récupéré ses cadres il y a un peu plus d’une semaine.

Premier match de préparation, la moitié de l’équipe modifiée au cours de la deuxième période, un adversaire hargneux mais sans talent et surtout un match regardé sans prendre mes habituelles notes, la formule de l’analyse de la rencontre est modifiée. Et comme j’anticipe aussi bien que Marc Planus, je m’étais déjà relevé quelques petites choses à surveiller avant le coup d’envoi. On développe sur le 4-3-3 pour commencer.

Ca flotte derrière :

C’est certainement le seul gros point noir de cette soirée. En première période, l’équipe de France s’est retrouvé en difficulté à plusieurs reprises sur des relances en diagonale de l’adversaire. La couverture des latéraux, qui participent énormément à la construction offensive que ce soit avec ou sans ballon, sera l’un des problèmes à régler pour Domenech et son staff s’ils veulent aller loin dans la compétition. Parce que la diagonale qui offre de l’espace et un un-contre-un à Hernandez, ça peut passer. Mais si le gars s’appelle Messi ou Robben… Il est possible que ce souci soit aussi la résultante du passage à une seule sentinelle devant la défense qui enlève un élément au bloc purement défensif. La passivité d’Abidal et Evra sur le but costa-ricain laisse penser que les deux hommes n’ont pas encore l’habitude de faire sans un milieu défensif devant eux pour ralentir ou arrêter l’adversaire.

Un nouveau souffle au milieu :

En attendant que des automatismes se créent devant, c’est le premier point sympathique de ce premier match de préparation. Au cours de la première période, le bloc français a réussi à tenir très haut pendant de longues minutes, Toulalan, Gourcuff et même Malouda assurant un rendement très intéressant au pressing et à la récupération de balle. Le Bordelais est allé gratter des ballons à 35 mètres des buts adverses tandis que Toulalan a ratissé la majorité des siens au niveau du rond central. L’un dans l’autre (non, ce n’est pas une info), c’est le bloc entier de l’équipe de France qui semble avoir gagné en cohésion lorsqu’il décide d’aller gagner le ballon. En deuxième mi-temps, le comportement d’Alou Diarra, plus planté et moins agressif que Toulalan a modifié le comportement de l’équipe. Le Bordelais a d’ailleurs quelque peu souffert face au pressing adverse (malgré un bel enchaînement) en se retrouvant parfois trop loin de ses relayeurs.

Entre promesses et interrogations devant :

C’était annoncé. Le match l’a confirmé : le côté gauche des Bleus est aujourd’hui son principal pourvoyeur d’occasions de but. On a pu le constater dès ce soir : dans les déplacements, le trio Evra/Malouda/Ribéry s’entend déjà bien. A aucun moment, deux des trois se sont retrouvés à faire le même appel ou bloqués dans le même espace : quand l’un repique, l’autre prend le couloir et le troisième reste en soutien. En revanche, dans le rythme et le tempo, c’est une toute autre histoire. De l’aile à l’axe, Ribéry a phagocyté tous les ballons qui passait dans les 30 derniers mètres, en bien et en mal. Résultat, Malouda n’a pas eu l’occasion, ou presque, d’user de sa force de percussion sur la défense costa-ricaine. Au mieux, on l’a retrouvé dans la surface à essayer de couper des trajectoires. Là aussi, si ce onze-là est reconduit pendant la Coupe du Monde, il faudra que les deux hommes apprennent à se partager les tâches pour que les deux puissent s’afficher sous leur meilleur jour.

Dans l’axe et à droite, Domenech tâtonne encore. Titulaire, Nicolas Anelka est loin d’avoir eu le rendement escompté en pointe. Lui qui aime provoquer, il a joué le plus souvent arrêté et dos au but. Et comme ce n’est pas un joueur de surface, il a été plutôt quelconque. La solution Henry en deuxième mi-temps ne s’est pas avéré mieux. Le capitaine des Bleus s’est crée quelques situations sur des déplacements soudains mais ne s’est pas particulièrement montré utile à la création. A l’arrivée, le profil de l’attaquant de pointe de l’équipe de France à la Coupe du Monde 2010 pourrait bizarrement coller à celui des deux seconds couteaux actuels que sont Djibril Cissé et André-Pierre Gignac : des gars qui peuvent faire la différence sur des démarrages soudains et transformer l’occasion en but derrière. Avec la saison que nous a fait Cissé à Athènes, il serait bon de le tester dans cette configuration dès dimanche prochain face à la Tunisie.

Sur l’aile droite, le chantier continue. Si le trio du couloir gauche permute beaucoup, les rôles sont clairement plus définis à droite. Sagna la joue comme Maradona et reste collé à la ligne de poudre ; Govou évolue lui entre le couloir et l’arc-de-cercle de la surface de réparation adverse ; enfin, Gourcuff reste en retrait au départ des actions qu’il termine généralement à l’intérieur ou aux abords de la surface de réparation adverse. Gourcuff ou l’intérêt du 8 en mouvement… De temps en temps, le Bordelais s’est autorisé des combinaisons en diagonale pour aller trouver son pote Ribéry côté gauche. Pendant ce temps, Govou prenait tranquillement sa place pour couvrir en cas de contre-attaque. Le Lyonnais a ensuite cédé sa place à celui qui sera certainement considéré par beaucoup comme le héros de la soirée, Mathieu Valbuena qui, à part deux frappes dont une victorieuse, n’a pas montré grand chose dans le jeu. On attend dimanche.

Mention spéciale à : Abou Diaby

Entré en jeu à la 77ème minute, le Gunner m’a immédiatement convaincu au poste de relayeur aux côtés de Yoann Gourcuff. Définitivement plus axial que Malouda, le gars a laissé Ribéry sur son aile gauche pour se concentrer sur ce qu’il sait faire de mieux : gagner des duels et percuter. Ce qu’il fait à la 83ème minute, aucun des 22 autres Bleus n’est capable de le faire aussi proprement à cet endroit-là du terrain. Il y avait de tout dans ses dribbles : le coup de rein pour accélérer et la finesse technique pour se sortir des Costa-Ricains qui l’encerclaient. Et l’altruisme pour offrir le but de la victoire à Valbuena sur un plateau d’argent. Propre et à revoir plus longtemps. Dire que Petit Vélo va récolter toute la gloire…

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5 comments to France – Costa Rica : les premiers enseignements

  • Matt

    Bonne analyse encore une fois. Evidemment comme toi j’attends la suite pour voir s’ils confirment toutes ces bonnes intentions… Et je préfère me taire concernant Valbuena, pour ne pas verser dans le trash-talking.
    Désolé de revenir à nouveau sur l’ortographe, mais ce sont les Costariciens que nous avons affrontés hier.ReplyQuote

  • [...] France – Costa Rica : les premiers enseignements [...]ReplyQuote

  • Jericho

    Ribéry passe à droite, Malouda (Diaby aux côté de gourcuff) monte d’un cran et Cissé prend l’axe. Et-ce que tu pense que ça peut être cohérent ?ReplyQuote

  • Ca peut. Maintenant, je pense que malgré ses défauts, le 4-3-3 a fait quand même de très bons débuts avec le triangle Toul-Malou-Gourcuff et Ribéry côté gauche. Ca mériterait d’être encore testé en changeant la pointe (Cissé donc) et l’ailier droit (Anelka à tester, on sait jamais…). Même si la solution Diaby m’est hyper-séduisante, je ne pense pas que Ray ne va pas faire un autre test dans le sens que je viens de décrire. En tout cas, vivement dimanche. :drucker:ReplyQuote

  • Maichtieu

    Diaby est très très bon, et je pense comme toi, je trouve même qu’il pourrait rapidement prétendre à une place de titulaire en EdF. En faisant remonter Malouda d’un cran, là où il a été le meilleur avec Chelsea cette saison, à gauche de l’attaque en 4-3-3, et en changeant la pointe ça peut fonctionner.

    Au niveau défense c’est chaud, Gallas ne pas du tout impressioner, Squillacci fait un très bon remplaçant, et Sagna ne prend toujours pas assez d’initiatives sur son côté, et ses centres son mauvais.ReplyQuote

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