France – Chine : trois matchs pour quoi ?

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Après avoir tiré des enseignements face au Costa Rica (voir l’analyse), dégagé certains problèmes du 4-3-3 face à la Tunisie, le moment est venu de faire la synthèse de tout ça alors que la France vient de terminer ses matchs de préparation par une défaite face à la Chine. Sur le match en lui-même, difficile de juger : les Bleus ont dominé sans partage et ont craqué sur coup de pied arrêté. Classic shit ou presque. Autant s’intéresser aux nouveautés entrevues sur cette dernière sortie et qui seront certainement bossées d’ici le premier grand rendez-vous face à l’Uruguay.

A retenir avant de lire la suite :

« Ce soir, j’ai vu plein de choses intéressantes : dans le jeu, l’animation, le mouvement, la construction et même dans la solidité défensive. J’ai trouvé qu’on était nettement mieux que la dernière fois et encore mieux que la fois d’avant. On évolue, on progresse. C’est le but des matches de préparation. (…) Depuis le début, on réfléchit, on crée des situations. Dans les équipes qu’on a mises en place, à chaque fois, il y a eu des changements. On a testé différentes formules pour savoir laquelle sera la plus solide par rapport à un adversaire qui a certaines qualités (L’Uruguay) et dont on ne s’était jusqu’à maintenant pas trop préoccupé… Désormais, on avance en sachant qui on va rencontrer. On va voir, par rapport à ce qu’on a mis en place, quelle est la formule la plus adaptée. » (Raymond Domenech, lequipe.fr)

Le 4-3-3 du soir :

Le match face à la Tunisie avait permis aux observateurs de distinguer trois problèmes dans la maison bleue (non, elle n’est pas accrochée à la colline) : l’équilibre de l’équipe, chancelant au moment de passer de la phase défensive à la phase de préparation, le rigueur du bloc défensif et le choix de l’attaquant de pointe. Comme l’a très bien dit Domenech après France – Chine, des changements ont été apportés d’un match à l’autre. Et ce soir, même si l’adversaire était plus faible, on a pu voir une équipe de France beaucoup plus cohérente que lors de ses deux premiers matchs.

La phase de préparation :

C’était jusqu’ici une constante de systèmes de Domenech. Comme Aguirre au Mexique (voir l’article), il demandait à ses latéraux de monter se placer à hauteur des ailiers, ces derniers repiquant dans l’axe, au moment des lancements de jeu. Dans ce système, les relances sont assurées par les trois défensifs (sentinelle et défenseurs centraux) qui ont pour mission de percer la première ligne adverse. Or, Gallas, Abidal et Toulalan n’ont pas la même qualité de passes que Rafael Marquez. Du coup, jusqu’ici, c’était à Gourcuff ou Malouda de faire l’effort de décrocher pour prendre en charge la première passe. Résultat, ça enlève un joueur dans l’axe et rend du coup difficile le développement d’une attaque sur toute la largeur du terrain.

Ce soir, la France a joué ces ballons de relance différemment. Au lieu d’être donnée dans l’axe, l’impulsion venait très souvent des latéraux (Sagna en tête) qui cherchaient généralement leurs ailiers le long de la ligne de touche. Ces derniers revenaient alors dans l’axe, soit par un dribble, soit par une passe vers un relayeur ou un appui sur l’avant-centre, tout en bénéficiant parfois de la fausse piste du latéral prenant son couloir. Résultat, on a pu voir une équipe de France se sortir sans trop de problèmes de sa moitié de terrain (normal). Le plus important, c’est qu’elle n’a perdu que très peu de ballons durant cette phase de préparation. Si ça peut paraître anodin contre la Chine, c’est une habitude bonne à prendre alors qu’une équipe aussi redoutable en contre que l’Uruguay se présente sur la route des Bleus.

Équilibre et compensation :

Dans l’occupation du terrain aussi, les Bleus ont affiché des progrès dans leur maîtrise du 4-3-3. Les montées des latéraux sont enfin compensées par les trois milieux de terrain. On a ainsi pu voir Toulalan s’excentrer côté droit lorsque Sagna prenait son couloir, Malouda restant en retrait d’Evra à gauche alors que Gourcuff tentait de prendre l’espace. Même chose devant : c’était au stade embryonnaire face à la Tunisie mais les déplacements d’Anelka sont maintenant compensés par ceux de Govou. Malouda s’est lui aussi permis quelques permutations, avec Ribéry et même Gourcuff mais à une condition : celle de voir Patrice Evra rester en retrait pour éviter de laisser trop d’espaces dans son dos. Là aussi, à J-7 de France – Uruguay, c’est le bon moment pour s’y mettre…

La pointe :

C’est le grand débat du moment. Domenech a expliqué en conférence de presse qu’Anelka respectait ses consignes sur le terrain. Face à la Chine, le sélectionneur en a certainement donné des nouvelles. Le Blues a beaucoup moins décroché et s’est surtout attaché à prendre le peu de profondeur que les Chinois lui laissaient sur les côtés. Ainsi, il s’est souvent retrouvé côté droit face à un défenseur et a pu faire parler ses qualités de dribbleurs et de provocateurs. Là aussi (et ça commence à faire pas mal), il y a donc eu du mieux dans le 4-3-3 français et ce, malgré la grosse déception de la défaite. Même Thierry Henry a montré les dispositions intéressantes qu’on attendait de lui en point d’appui en deuxième période.

Le 4-2-3-1 de retour :

Son absence avait enthousiasmé tout le monde jusqu’ici, Ramond Domenech a fait revenir le 4-2-3-1 au retour des vestiaires du stade Michel Volnay. Gourcuff y a repris sa place habituelle en soutien de l’attaquant tandis que Malouda s’est installé aux côtés de Toulalan. Pas de surprise, le Guyanais a eu du mal à s’y retrouver et n’a pas eu la percussion que la France attend à ce poste. Résultat, le jeu des Bleus a été extrêmement tributaire du rendement des paires dans les couloirs. Que ce soit Ribéry à gauche ou Govou, Reveillère et Valbuena à droite, aucun centreur n’a convaincu. A l’arrivée, la seule vraie satisfaction sur le plan offensif reste l’adaptation immédiate de Diaby à ce schéma de jeu. En même temps, on s’en doutait.

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