Uruguay 0-0 France : Sans ailes

e-foot cherche encore sa formule Coupe du Monde. A défaut d’une longue analyse du premier match des Bleus, vous allez avoir droit à une multitude de petites observations et autres paragraphes sur la rencontre. Pas besoin de rappeler le score, toutes les équipes du Groupe A sont aujourd’hui à égalité et le scénario qui verrait la France se qualifier en faisant trois matchs nuls sans inscrire le moindre but est encore jouable. Avouez que ce serait fun.

Le débat à la con :

Avis à tous les journalistes présents en Afrique du Sud : le système de jeu d’une équipe se définit lorsque celle-ci est en phase défensive. Hier, lorsque les Bleus étaient dans leurs 30 mètres, on distinguait parfaitement la paire Diaby-Toulalan devant la défense. Gourcuff démarrait lui aux côtés d’Anelka sur la première relance adverse avant de coulisser pour former une ligne de trois avec Ribéry et Govou. Quatre derrière, deux au milieu, trois devant et une pointe. 4-2-3-1, CQFD. Et sans attendre la confirmation d’Abou Diaby… Ils le sauront pour la prochaine fois.

Le rôle de Vieira Diaby :

On le sait depuis quatre ans : le système Domenech, c’est le 4-2-3-1. L’origine, on la connaît aussi : la paire Makelele – Vieira. Le premier couvre et récupère et est en relation directe avec ses défenseurs centraux et les joueurs de couloir. Le second court et se projette, se joignant à la ligne d’attaque lorsque les Bleus ont le ballon. Avec un meneur en position avancée comme Gourcuff hier soir (au début du match en tout cas), le relayeur est l’unique force de percussion et de pénétration dans l’axe, le seul à apporter du mouvement dans cette zone du terrain. Un indispensable.

Ce qui n’a pas fonctionné :

Jeudi, mon analyse de la formation uruguayenne (voir ici) m’avait permis de mettre en avant leurs forces défensives : 3 DC + 2 Mdf + 2 Lat = 7 joueurs à mettre hors de position. Hier soir, les Français ont même dû en compter huit vu que Gonzales avait pour consigne de défendre avec ses milieux de terrain au lieu d’aller presser la relance française. Les axiaux bleus se sont donc retrouvés avec une double muraille de six joueurs à éliminer dans l’axe pour pouvoir atteindre les buts de Musiera.

Intelligemment, ils se sont donc attachés à passer par les côtés. Généralement, l’action démarrait par une fixation au milieu de terrain et un lancement de jeu vers l’ailier ou le latéral. Mais une fois dans le couloir, plus rien ne passait. La faute évidemment à des ailiers incapables de libérer le ballon au bon moment ou de gagner plus d’un duel sur une mi-temps (voir ci-dessous)… Mais aussi la faute à des latéraux qui n’ont clairement pas assez offert de solutions pour combiner dans les petits périmètres laissés par les Uruguayens.

Qu’il s’agisse d’Evra ou de Sagna, j’ai énormément de mal à me souvenir d’un seul dédoublement avec Ribéry ou Govou pour les voir se retrouver en position de débordement et centre. Au mieux, Sagna a balancé quelques scuds depuis l’angle de la surface uruguayenne… Trop faible pour un match où il était évident que la solution viendrait des ailes. Pour compenser, ce sont les milieux de terrain qui sont allés faire tout le boulot de percussion/centre sur les ailes (Toulalan et Diaby). Et après, les gens s’étonnent que l’équipe manque de poids dans la surface de réparation.

La Celeste :

J’ai évoqué rapidement son cas précédemment : l’Uruguay n’avait pas grand chose à proposer hier soir avec cinq joueurs à vocation purement défensive et des pistons/demi qui devait partir de loin pour pouvoir aller soutenir Forlan et Suarez. Seule véritable pointe, l’attaquant de l’Ajax a été transparent, incapable de se défaire du marquage du duo Gallas/Abidal. Forlan a lui eu quelques déplacements intéressants, notamment en allant décrocher sur les côtés dans le dos des latéraux français pour recevoir des ballons dans les pieds et aider à la remontée du bloc-équipe.

L’article sympa : Tête de mules : Parce qu’il m’évite de ressortir les couplets sur Ribéry, Anelka et Govou qui ont perdu tous leurs ballons ou presque hier soir.

A venir, un point sur le groupe B. Demain, une analyse du grand match de ce soir entre l’Angleterre et les Etats-Unis.


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