Borussia Dortmund 2-0 Bayern Munich, l’analyse tactique

Après le Community Shield en Angleterre, c’était au tour de l’Allemagne d’ouvrir sa saison mercredi avec la Supercoupe opposant le Bayern Munich et le Borussia Dortmund. Toujours privés de quelques Mondialistes, ce sont les Jaune et Noir de Jurgen Klopp qui sont sortis vainqueurs. Dans tous les compartiments du jeu, le Borussia a semblé plus prêt que son rival… comme la saison dernière.

Les compositions : 

Ce premier match officiel du Bayern Munich est l’occasion de découvrir le nouveau système en 3-4-3 mis en place par Pep Guardiola. Parmi les principaux changements, Alaba laisse le couloir à la nouvelle recrue Bernat et se retrouve dans l’axe, aux côtés de Javi Martinez et Boateng. Müller et Neuer sont les seuls champions du monde titulaires, censés diriger une équipe particulièrement rajeunie par la présence de Hojbjerg et Gaudino au milieu de terrain.

Côté Borussia Dortmund, aucun champion du monde ne démarre la rencontre. Langerak, doublure de Weidenfeller, garde les cages alors que Sokratis et Ginter doivent faire oublier l’absence de Hummels et Subotic en défense centrale. Pour le reste, les habitudes ne changent pas. Arrivé cet été en provenance de Turin, Immobile est titulaire à la pointe de l’attaque et doit faire oublier Lewandowski, parti chez l’ennemi.

Dortmund, toujours au point sur le pressing : 

Les premières minutes permettent au Bayern de prendre possession du ballon et de mettre en application sa nouvelle animation. La relance se construit autour des trois défenseurs centraux (Alaba, Javi Martinez, Boateng) et des deux milieux de terrain (Gaudino, Rode), qui ont pour mission de se rendre disponible dans l’axe. Face à ce système, le Borussia Dortmund oppose 5 joueurs afin de mettre la pression sur les différentes rampes de lancement adverses. Laissant Kehl assurer la couverture au milieu de terrain, Kirch rejoint Hofmann, Mkhitaryan, Immobile et Aubameyang afin de faire ce travail dans le camp du Bayern. Sur les côtés, les latéraux suivent le mouvement et bloquent leurs homologues bavarois.

Le Borussia Dortmund oppose trois joueurs aux trois défenseurs centraux du Bayern.

Le Borussia Dortmund oppose trois joueurs aux trois défenseurs centraux du Bayern (de haut en bas : Immobile, Hofmann et Aubameyang). Derrière cette première ligne, Mikhitaryan et Kirch suivent les déplacements de Gaudino et Rode, les empêchant de se mettre dans le sens du jeu.

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Sous la pression, Gaudino et Rode sont souvent contraints de remettre en retrait à leurs défenseurs. Les attaquants du Borussia déclenchent alors le pressing pour repousser le Bayern dans ses 30 mètres et forcer le jeu long de Neuer.

Très vite, les hommes de Pep Guardiola ont besoin des décrochages de Gaudino, pas toujours suivi par les milieux de Dortmund, à hauteur de ses défenseurs pour se donner de l’air et conserver le ballon. Mais évidemment, l’équipe manque ensuite de solutions pour progresser. Seul le côté gauche (Alaba à la relance, Shaqiri et Bernat en relais) semble en mesure de franchir la ligne médiane en passant par le sol.

Excepté quelques mouvements dans cette zone, la plupart des remontées de balle du Bayern se font sur du jeu direct à destination des attaquants. Lewandowski et Müller sont évidemment les principales cibles de Boateng, Alaba ou Javi Martinez. Peu en vue au milieu de terrain, Hojbjerg est aussi la cible de renversements de jeu signés Alaba. Devant, Shaqiri et Müller sont très libres entre les lignes de Dortmund et travaillent sur toute la largeur, en soutien de Lewandowski qui reste au contact de la défense adverse et attaque la profondeur.

Problème pour le Bayern, le Borussia se montre aussi très efficace dans le repli défensif et il faut aller vite une fois les joueurs sortis au pressing mis hors de position. Or les Bavarois manquent trop de justesse technique (Lewandowski, Müller) ou pêchent dans leurs décisions (Shaqiri) pour pouvoir mener à bien leurs offensives. Résultat, Langerak ne sera mis à contribution qu’à trois reprises durant toute la rencontre (Shaqiri, 3e – Lewandowski, 47e – Alaba sur coup-franc, 81e). A l’inverse, le Borussia récupère des ballons de contre grâce à son pressing. Poussé à la faute, Alaba offre à Immobile l’occasion d’inquiéter Neuer pour la première fois de la partie (10e).

Le Bayern, un peu moins… 

Gêné par le pressing du Borussia Dortmund, le Bayern fait pourtant bonne impression en début de partie grâce à l’activité de ses milieux de terrain. Le 3-4-3 se montre en effet plutôt efficace durant les premières minutes pour bloquer la transition adverse. Dans l’axe, Gaudino et Rode ont pour mission de sortir mettre la pression sur les milieux du Borussia (Kirch-Kehl), comptant sur les sorties de Boateng, Javi Martinez ou Alaba derrière eux pour bloquer les adversaires qui offriraient des solutions dans leur dos (Mkhitaryan en tête).

Leur rôle est aussi très important lorsqu’il s’agit de bloquer le Borussia dans les couloirs. Les deux hommes ont pour mission d’accompagner les sorties de leurs latéraux (Hojbjerg et Bernat) face à leurs homologues (Schmelzer et Piszczek). En couverture, Alaba et Boateng se retrouvent à gérer les appels des ailiers adverses. En début de partie, Gaudino et Rode prennent le dessus sur leurs adversaires et récupèrent plusieurs ballons, qui ne profitent toutefois pas à leurs attaquants.

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Dortmund relance et passe par Kehl. Rode sort à sa rencontre. Bernat attend lui de savoir l’orientation du jeu : si le ballon va sur Piszczek, ce sera à son tour de sortir au pressing.

Derrière les trois attaquants,

Le ballon passe en effet par le latéral polonais qui cherche le relais de Kirch à l’intérieur. Suivi par Gaudino, celui-ci perd le ballon. Grâce à l’activité du trio Bernat-Rode-Gaudino, le Bayern récupère la possession et se retrouve dans une situation intéressante avec Shaqiri qui est immédiatement disponible dans l’axe. Derrière, la couverture est assurée par Alaba (sur Aubameyang) à gauche, Javi Martinez et Boateng dans l’axe et Hojbjerg pour fermer côté opposé.

En vérité, ce plan de jeu du Bayern est efficace en début de partie car il empêche le Borussia Dortmund de jouer verticalement. La phase de jeu analysée ci-dessus est un exemple évident : couvrant Rode et Bernat, Gaudino et Alaba bloquent les solutions qui permettraient au Borussia d’aller très vite vers l’avant (Kirch et Aubameyang) depuis la zone de transition (Kehl, Piszczek). En revanche, la largeur n’est pas aussi bien couverte et Hofmann est complètement seul dans l’axe.

C’est lorsque le Borussia Dortmund se met à utiliser la largeur que les problèmes commencent pour les milieux du Bayern Munich. A tour de rôle, Hofmann, Kirch et Mkhitaryan redescendent dans l’entrejeu pour offrir des solutions aux milieux mis sous pression par Gaudino et Rode. Pas assez soutenus par leurs attaquants, les deux jeunes milieux de terrain sont condamnés à courir après le ballon et à se fatiguer rapidement. L’ouverture du score symbolise à la fois la force du pressing du Borussia et son utilisation intelligente de la largeur pour dépasser les milieux bavarois.

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Tout démarre d’un bon pressing du Borussia Dortmund qui force un long dégagement de Manuel Neuer. Piszczek est à la retombée du ballon. Au lieu de le remettre vers l’avant, le Polonais le dirige dans l’axe vers Kehl, qui sert ensuite Mkhitaryan. Rode et Gaudino ont beau coulisser, le second arrive trop tard sur le meneur du Borussia qui accélère et le dépasse.

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Gaudino et Rode sont éliminés par l’accélération de Mkhitaryan qui se retrouve avec trois solutions : Immobile côté gauche, suivi par Hojbjerg ; Hofmann entre Alaba et Bernat qui se replient et Aubameyang plein axe. Positionné au coeur de la défense, Javi Martinez s’apprête à sortir sur l’Arménien, mais ne parviendra pas à le stopper. Quelques secondes plus tard, après une interception de Boateng, le ballon revient sur Mkhitaryan qui fusille Neuer de l’entrée de la surface de réparation (1-0, 23e).

Mis en confiance par cette ouverture du score, le Borussia Dortmund reste sur sa lancée (pressing dans le camp du Bayern + utilisation de la largeur) tout au long de la rencontre. Que ce soit par du jeu direct ou par des attaques placées, les hommes de Jurgen Klopp s’appuient particulièrement sur leur aile droite et la vitesse du duo Aubameyang-Piszczek. La vitesse du Gabonais pose énormément de problèmes à Alaba lorsqu’il plonge dans le dos de Bernat, chargé de bloquer Piszczek.

A l’inverse, lorsque l’ancien joueur de Valence défend bas dans son couloir, c’est le latéral polonais qui profite d’une certaine liberté, causée par l’absence de repli de Shaqiri sur l’aile. Les attaquants du Bayern ne redescendent en effet pas assez pour soulager leurs milieux de terrain. Le second but du Borussia est ainsi un modèle de combinaisons entre ces deux « droitiers ». Piszczek trouve Aubameyang intercalé entre Alaba et Bernat. L’ancien Stéphanois lui remet le ballon dans la course sur l’aile et file ensuite dans la surface pour reprendre son centre (2-0, 61e).

Le début de la combinaison entre Piszczek et Aubemeyang pour le second but du Borussia Dortmund :

Le début de la combinaison entre Piszczek et Aubemeyang pour le second but du Borussia Dortmund : le latéral avance jusqu’à forcer la sortie de Bernat, qu’il va ensuite dépasser sur la remise d’Aubameyang.

La réaction de Guardiola : 

Avant que Dortmund ne fasse le break, Pep Guardiola avait pourtant correctement réagi sur le plan tactique. A la mi-temps, la domination de Dortmund était telle que le Bayern avait besoin des décrochages de Shaqiri dans l’entrejeu pour ressortir les ballons. Le Suisse semblait être le seul joueur capable de résister au pressing adverse grâce à sa vélocité. Au retour des vestiaires, son coach a donc décidé de faire entrer en jeu Lahm à la place de Müller (46e) afin de passer en 3-5-2 et de bénéficier d’un joueur supplémentaire dans l’entrejeu (tout en permettant à Shaqiri de rester devant).

L’objectif est double : la présence d’une sentinelle doit à la fois favoriser les sorties de balle et faciliter la fermeture de la largeur. En première mi-temps, Gaudino devait décrocher pour se défaire de la pression des milieux adverses. Lahm fait désormais naturellement ce travail et permet à son partenaire de jouer plus haut. Défensivement, l’ex-capitaine de la Mannschaft doit protéger les arrières des deux autres milieux, qui se couvraient mutuellement en première mi-temps lorsqu’ils allaient fermer les couloirs (ex : première mi-temps, Rode sort, Gaudino couvre, personne sur la largeur / deuxième mi-temps : Rode sort, Lahm couvre, Gaudino sur la largeur).

Lahm entre en jeu devant la défense afin de soutenir Gaudino et Rode.

Lahm entre en jeu devant la défense afin de soutenir Gaudino et Rode. Shaqiri et Lewandowski se retrouvent ensemble en attaque.

Le Bayern n’a besoin que de deux minutes pour se créer une énorme occasion de but dans cette configuration. Lahm en est à l’origine : sans adversaire pour le presser, il trouve Shaqiri en une passe qui transperce le milieu de terrain du Borussia. Le Suisse offre ensuite une balle de but à Lewandowski qui bute sur Langerak (47e). Il n’en faut pas plus pour que Jurgen Klopp procède à l’ajustement nécessaire pour mettre un joueur dans la zone du nouvel entrant.

En l’occurrence, il demande à son avant-centre de rester dans la zone de Lahm, quitte à laisser Dante (entré en jeu à la place de Javi Martinez) sans adversaire direct. Cela permet au Borussia Dortmund de garder le contrôle et une présence face aux trois milieux du Bayern Munich, tout en s’appuyant sur la couverture de Kehl devant la défense. Comme en première mi-temps, l’ensemble du bloc peut avancer en cas de passe en retrait vers Dante ou Neuer afin de forcer la relance adverse.

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Entré en jeu à la place d’Aubameyang, Ramos reste dans la zone de Lahm, complétant le travail de Mkhitaryan et Kirch face à Gaudino et Shaqiri (repositionné au milieu de terrain suite à la sortie de Hojbjerg, qui a fait passer Rode latéral droit, 59e). Sur les côtés, Immobile et Hofmann bloquent toujours Alaba et Boateng.

Anecdotique, la dernière demi-heure est contrôlée sans difficulté par le Borussia Dortmund, malgré l’entrée de Götze côté Bayern. A l’instar d’Arsenal face à Manchester City lors du Community Shield, les « outsiders » ont fait la meilleure impression lors de cette Supercoupe. Dortmund semble assez prêt à ne pas laisser filer beaucoup de points en ce début de saison, même si l’absence de Lewandowski pourrait se faire ressentir (Immobile est encore loin de son meilleur niveau).

Côté Bayern en revanche, le changement de système soulève plusieurs questions. Mis en difficulté par Aubameyang, Alaba est en plein apprentissage du poste de stoppeur. Même si à terme, son aisance technique devrait en faire une rampe de lancement redoutable, il pourrait d’ici là avoir quelques problèmes face à des attaquants athlétiques. Au-delà de ce cas particulier, c’est l’animation défensive de l’équipe qui pose le plus de questions, et particulièrement au milieu de terrain où Gaudino et Rode ont vite souffert. Les revoir à l’oeuvre avec des attaquants plus impliqués défensivement permettrait déjà d’y voir plus clair… en attendant le come-back des champions du monde.

 

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6 réponses

  1. franz dit :

    Bonjour,

    Merci pour l’article, très bien comme toujours.

    J’ai une question sur ce 343-352 :
    autant je comprends comment ca peux marcher quand l’équipe à le ballon et dans les phases de pressing haut. Autant je ne comprends pas comment ca peux fonctionner sur une phase defensive pur contre une equipe avec 2 joueurs de couloirs?

    franz

  2. gvani dit :

    Moi la question que je me pose c est pourquoi bernat et son homologue côté droit n était pas ciblé par les relances ?

  3. sammy1939 dit :

    je t’explique

  4. sammy1939 dit :

    je t’explique le 3-4-3 de pep ressemble à celui de louis van gaal en coupe du monde le 5-3-2 les latéraux qui monte et desend on double voir plus de role sur cette formation 1-participer a la construction de jeu avec les milieux de terrain ajouter le sur nombre en milieu pour soulager le pressing des milieux (RODE GAUDINO) 2-defendre pour faire un bloque de 5 joueurs (ALAB BOATENG JAVI PIERRE BERNAT)en defense et 3-attaquer comme des latéraux normaux aider les avant centre et entré en surface adverse si il le faut ! mais le probléme qui ce pose en cas de contre rapide qui vas defendre les couloirs ? alaba ? boateng ? mais javi vas ce retrouver seul face au milieux offensive et l’avant-centre adverse ! en quelle que sort 3-5-3 devient 5-3-2 en phase defensive certe c’est bien mais ce n’est pas bon quand tu as des attaquent pas rapide comme lewandwaski et muller le contraire des pays-bas qui eux avez robben pour jouer les contres et attaquer en profendeur.
    le probléme avec la formation du bayern hier c’était les deux milieux terrain GAUDINO et RODE qui était dépasser par la vitesse de mekhtiryan et aubameyang et laisser les 3 defenseurs centraux seul face aux attaques adverse en plus pierre-emile-højbjerg ce n’est pas son role de jouer les cauloirs donc sont coté était libre pour ne pas dire vide ! en ce qui concerne bernat il arriver a couvrir mais alaba nettoyer derriére lui est c’était pas facile pour alaba defendeur l’axe et le couloir bref non seulement pep a fait une gaffe hier et meme les joueurs était dépasser par l’envie et la détermination et le pressing des BVB qui eux couvrez parfaitement leur terrain par le célèbere 4-2-3-1 qui a fait le bhoneur du bayern en 2013.

  5. franz dit :

    Merci Sammy1939, COM interressant.

    Mais ca n’est pas clair :
    « en quelle que sort 3-5-3 devient 5-3-2 en phase defensive »
    tu dis que le 352 deviens 532 ?[ou que le 343 deviens 352 (qui des 3 ‘attaquants’ descend dans ce cas)]

    Ca ne réponds pas à ma question. En effet, en phase déphensive, avec le le 3.4.3; avec le bloc de 5 que tu cites ALAB-BOATENG-JAVI-PIERRE-BERNAT(3.2) plus 2 millieux latteraux on obtient un 5.2 qui est toujours en sous nombre dans les couloirs contre un 4.4.2 ou un 4.3.3 sauf à faire descendre les ailliers du trio offensifs comme pour un 433.
    Mais étant donner que ce 343 a évoluer en 352, je ne suis pas sûr que cela soit la solution mise en place…

    Mais, bon, ca doit être une histoire de compensation je suppose…
    D’autant que le projet ca doit justement d’éviter les cas de possessions offensives de l’adversaire…

    Franz

  6. je vois que pep a appliquer un systeme tactque qui ne marche pas avec la quliter des joueurs parceque ce systeme 3-4-3 en phasn offencif demande une grande vivacite aux joueurx surtouts les attaquants et ceci ca marche pas avec muller qui a ete epuiser en coupe du mande
    et d un autre cotè dans le plan defensif le probleme et dans l axe centrale des milieus de terrain defensif
    finallement PEP n a pas choiser les joueurs qui applique sont systeme de jeux

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