Borussia Dortmund 0-0 Bayern Munich : Mkhitaryan, l’exemple à suivre

Bien qu’il n’ait pas été décisif, Henrikh Mkhitaryan a réalisé un très grand match face au Bayern Munich samedi dernier. Membre du trio d’attaque du Borussia Dortmund aux côtés de Marco Reus et Pierre-Emerick Aubameyang, l’Arménien a posé beaucoup de problèmes à la défense bavaroise par ses déplacements et son intelligence de jeu. Retour sur son impact dans l’opposition tactique entre les deux formations.

Défense orientée sur l’adversaire : toujours les mêmes espaces à exploiter 

Il faut d’abord commencer par un rappel qui renvoie à un autre article consacré au… Paris Saint-Germain. Comme le club de la capitale, le Bayern Munich utilise une défense orientée sur l’adversaire.

Point positif : elle lui permet d’avoir toujours la possibilité de ressortir sur le porteur de balle adverse (déclenchement du pressing sur les passes en retrait notamment). Point faible : elle peut aussi créer de très grands espaces entre les lignes et les joueurs… Soit des zones que les adversaires peuvent exploiter s’ils parviennent à remporter leurs duels.

Plus de détails : PSG : des faiblesses dans la structure défensive ? 

Le PSG avait notamment été mis en difficulté par les changements de zone de Pedro et Eden Hazard. Ailier sur le papier, les deux avaient à plusieurs reprises repiqué dans l’axe afin d’exploiter des espaces laissés par des milieux parisiens focalisés sur leurs vis-à-vis.

Mkhitaryan a brillé de la même manière face au Bayern Munich. Positionné à droite en début de partie, l’Arménien a profité de la présence de Durm dans le couloir. Le latéral occupait Bernat et lui permettait de repiquer dans l’axe pour se retrouver face à l’un des défenseurs centraux adverses (Alaba ou Kimmich).

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La défense orientée sur l’adversaire du Bayern lui permet d’être proche de l’adversaire mais peut créer des décalages si un duel tourne à l’avantage de Dortmund. Exemple, si Mkhitaryan parvient à devancer son vis-à-vis pour s’orienter dans le coeur du jeu.

Mkhitaryan : jeu de corps et vista

La structure offensive du Borussia était une chose, encore fallait-il que Mkhitaryan y apporte les bonnes qualités pour faire la différence. Tout au long de la partie, l’ancien joueur du Shakhtar Donetsk a brillé sur ses prises de balle, son jeu de corps prenant souvent à défaut ses vis-à-vis tout en lui permettant de rentrer dans le coeur du jeu.

Sa deuxième qualité a été sa clairvoyance alors que l’espace s’ouvrait devant lui. A l’inverse de certains joueurs qui auraient certainement tenté de porter le ballon, Mkhitaryan a bien retenu le principe-clé qui veut qu’une passe permettra toujours d’aller plus vite qu’un ballon porté.

Dès qu’il se retrouvait dans le sens du jeu, sa priorité était de lever la tête pour trouver un partenaire. Dans le meilleur des cas, il lançait Reus ou Aubemeyang en profondeur. A minima, il servait un partenaire à proximité ou envoyait le jeu à l’opposée afin d’exploiter l’espace naturellement abandonné par le Bayern.

Les attaques à trois de Dortmund : 

Avoir un joueur qui lève la tête n’est pas très utile sans partenaire capable de lui offrir des solutions. En l’occurrence, Mkhitaryan a pu s’appuyer sur les déplacements de Marco Reus et la pointe de vitesse d’Aubameyang. Tous les trois, ils ont su exploiter les espaces dans le dos de la défense bavaroise, toujours très haute.

Sur chacune de leurs attaques (ou presque), les attaquants de Thomas Tuchel ont reproduit le même schéma : d’abord faire sortir l’un des défenseurs centraux du Bayern puis ensuite attaquer l’espace dans son dos.

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Séquence n°1 : Dortmund en contre-attaque. Mkhitaryan rentre à l’intérieur pour offrir une solution à son partenaire.

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Son déplacement oblige Alaba à sortir afin d’empêcher sa progression vers le but de Neuer.

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Mkhitaryan contourne juste assez son vis-à-vis pour se créer un angle de passe suffisant pour alerter Aubameyang en profondeur.

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Plus rapide que Kimmich, le Gabonais prend le contrôle du ballon et s’en va défier Neuer dans la surface du Bayern (tir repoussé par le portier).

 

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Séquence n°2 : nouveau contre. Gundogan ressort le ballon et trouve Aubameyang entre Alaba et Kimmich.

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Le Borussia répète le même schéma alors que Kimmich sort sur Aubemeyang. L’avant-centre remet à Mkhitaryan qui trouve Reus dans le dos du défenseur du Bayern.

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Séquence n°3 : sur un pressing du Bayern. Le contrôle orienté de Mkhitaryan lui permet de fausser compagnie à Alaba.

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Dès que la passe est possible, Mkhitaryan lance Aubemayang en profondeur.

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Séquence n°4. Servi par Schmelzer, Mkhitaryan s’appuie sur Gundogan qui lui remet le ballon dans l’espace plein axe.

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Il se défait ainsi du marquage de Kimmich et peut aller chercher Durm à l’opposée.

Bayern : le problème Xabi Alonso 

S’il a majoritairement remporté la guerre du pressing et du milieu de terrain, le Bayern n’a pas passé une soirée tranquille. Comme on vient de le voir, les Bavarois ont été pris dans le dos par certaines attaques rapides du Borussia.

Du haut de ses 19 ans, Kimmich a sauvé les siens plusieurs fois alors qu’Aubameyang semblait filer au but. Sur ces séquences, le cas de Xabi Alonso peut vite devenir problématique. Le n°6 du système mis en place par Guardiola doit en effet être en mesure de couvrir les sorties de ses défenseurs centraux lorsqu’ils doivent gérer les décrochages d’un attaquant adverse.

Or l’Espagnol n’est pas d’une grande utilité dans les grands espaces. C’est d’ailleurs certainement pour cela que Guardiola a fait venir et depuis régulièrement utilisé Arturo Vidal à ce poste. Le Chilien a d’ailleurs par moments repris ce rôle durant la deuxième mi-temps face à Dortmund. La capture ci-dessus le montre d’ailleurs en position de 4ème défenseur alors que Kimmich est sorti sur Mkhitaryan.

Mkhitaryan-Reus-Aubameyang : un trio pour en inspirer d’autres ? 

Un « meneur » de jeu capable de servir deux flèches en profondeur… Le trio est loin d’être original, mais a donc son intérêt face au plan de jeu défensif du Bayern Munich. Loin d’être un hasard, la BBC et la MSN sont les deux équipes qui ont fait tomber l’équipe de Guardiola en Ligue des Champions : Benzema et Messi dans le rôle des relais, Bale-Cristiano et Suarez-Neymar pour attaquer les espaces.

Encore en lice en Ligue des Champions, le PSG en est-il capable ? Avec Di Maria et Pastore, il peut compter sur deux experts en through-balls (passes en profondeur) pour alimenter les attaquants… Mais excepté Cavani et ses appels de balle, ces derniers manquent de vitesse (Ibrahimovic) ou d’intelligence (Lucas) pour être des menaces constantes pour la défense bavaroise.

Enfin, puisqu’il s’agit de l’actuel adversaire du Bayern en Ligue des Champions, parlons de la Juventus. A l’aller, son 4-4-2 avait eu du mal à exister offensivement en première mi-temps. La raison ? Les décrochages de Dybala étaient faciles à suivre pour le n°6 du Bayern (Vidal), laissant Mandzukic entre Alaba et Kimmich. Allegri avait justement rectifié le tir à la pause en demandant à Mandzukic d’évoluer dans la zone de Kimmich. Cela avait forcé ce dernier à se livrer tout en appuyant sur la zone laissée libre par un Lahm dédié au marquage de Pogba.

Plus de détails : Juventus 2-2 Bayern Munich : le duel Allegri-Guardiola

Que Vidal ou Xabi Alonso se retrouvent dans le rôle du n°6, la clé pour Allegri sera de trouver le bon circuit pour forcer Alaba et Kimmich à se découvrir. Reste à savoir comment le coach italien décidera d’animer cela et avec quels joueurs…

 

 

 

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3 réponses

  1. Kaiser dit :

    Arrête ✋ est ce que toi tu est aussi doué que les entraîneurs

  2. Abdulkhalim dit :

    Kaiser, quand on ne sait pas apprécier un bon travail on se contente de ne rien dire où de contrôler ce qu’on peut dire .Il n’est peut être pas doué pour un entraîneur mais si tu lisais juste ce qu’il partage avec nous (et personne ne lui force) tu comprendrais beaucoup de choses. j’espère Laisser que tu n’écoute pas le foot avec ton poste FM.

  3. Kaiser dit :

    J ai compris Je m excuse

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