Brésil 3-1 Croatie, l’analyse tactique

Après une entame de match catastrophique, le Brésil a su se ressaisir, porté par ses jeunes attaquants Neymar et Oscar. Bien aidée ensuite par des « détails » qui ont tourné en sa faveur, la Seleçao assure l’essentiel en prenant les trois points face à son principal rival dans la course à la 1ère place du groupe A.

Pas de surprise à la découverte de la composition brésilienne. Scolari aligne l’équipe qui avait battu l’Espagne l’année dernière en finale de la Coupe des Confédérations. Offensivement, quelques ajustements sont à relever puisque Oscar débute à droite et Hulk à gauche, laissant Neymar en électron libre en soutien de Fred. Côté croate, Niko Kovac propose un système avec un milieu très joueur : Modric et Rakitic sont devant la défense, laissant Kovacic un cran plus haut en soutien de Jelavic.

En début de partie, les rôles sont très vite définis entre les deux formations : le Brésil prend possession du ballon, et la Croatie installe la première ligne de son bloc (Kovacic-Jelavic) au niveau du rond central. Une approche qui rappelle son match face à l’Espagne lors de l’Euro 2012 : très bien en place défensivement, les Croates avaient ce jour-là craqué dans les dernières minutes après s’être pourtant procurés plusieurs occasions de prendre l’avantage.

Pas attaqué dans sa moitié de terrain, le Brésil met en place son animation habituelle. Luiz Gustavo décroche entre Thiago Silva et David Luiz afin de créer le surnombre face à la première ligne croate. Problème, celle-ci se déplace bien sur la largeur : Kovacic et Jelavic font les efforts pour empêcher les dépassements de fonction des défenseurs brésiliens. A priori, un problème simple à régler pour la Seleçao qui s’appuie beaucoup sur Marcelo et Daniel Alves pour créer les attaques.

La Croatie bloque la relance : 

L’une des grandes forces du Brésil réside en effet dans la capacité de ses latéraux à effectuer la première passe lorsque le jeu est bloqué dans l’axe. Daniel Alves et Marcelo ont en effet les qualités techniques et de créativité nécessaires pour lancer les offensives. Mais face à eux aussi, les Croates réagissent : dès qu’ils sont servis, Perisic et Olic sortent immédiatement au pressing afin de bloquer leur progression.

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Sitôt le ballon perdu, la Croatie se replace dans sa moitié de terrain et forme un 4-4-2.

La Croatie alterne entre 4-4-2 et 4-2-4 en fonction de la circulation de balle brésilienne.

Sans solution dans l’axe, les Brésiliens écartent naturellement vers leurs latéraux pour effectuer la première passe. Mais les Croates réagissent grâce aux sorties de Perisic et Olic, qui pressent Marcelo et Daniel Alves et forcent leurs transmissions.

Derrière cette activité des attaquants, les Croates serrent le marquage et répondent présents dans les duels. Le Brésil est coupé en deux, incapable de franchir la ligne médiane. Les joueurs censés assurer la transition sont invisibles (Oscar, Paulinho, Neymar) entre les lignes adverses. Modric et Rakitic récupèrent les ballons et lancent les contres. En interceptant le ballon dès la première passe adverse, ils se retrouvent face au jeu et, surtout, face à des Brésiliens chargés d’assurer normalement la couverture (Luiz Gustavo, Thiago Silva, David Luiz).

Modric et Rakitic sont alors libres de s’avancer face à une défense brésilienne sur le reculoir. Mieux, ils sont accompagnés par les projections-éclairs de Perisic et Olic sur les ailes, qui dépassent facilement Marcelo et Daniel Alves. En quelques minutes, la Croatie se crée deux occasions et réussit ce qu’elle n’avait pas fait face à l’Espagne : ouvrir le score – Modric pour Perisic qui centre pour Olic (7e), Rakitic pour Olic et le csc de Marcelo (11e) -.

Le Brésil cherche la bonne formule : 

Dos au mur après cette entame complètement manquée, les Brésiliens doivent trouver la solution pour enfin franchir le premier rideau adverse. Luiz Gustavo se tente de s’intercaler entre David Luiz et Marcelo côté gauche. L’objectif est de faire reculer Perisic avec la montée du latéral afin de créer de l’espace pour le milieu de terrain. Mais Kovacic et Jelavic restent au contact de ce dernier et pousse le porteur de balle vers le couloir où le reste du bloc croate conserve l’avantage.

La solution pour le Brésil vient des décrochages de Neymar au milieu de terrain. Lorsqu’il redescend dans l’entrejeu, l’attaquant du Barça n’est suivi par personne (Modric et Rakitic restent en position devant leur défense). Résultat, il perturbe l’activité de la première ligne croate, jusque-là focalisée sur la relance et les latéraux brésiliens.

En décrochant,

En décrochant, Neymar perturbe le travail de Perisic face à Marcelo. Le milieu droit de la Croatie se retrouve avec deux adversaires dans sa zone et doit relâcher son pressing pour ne pas prendre le risque de voir Srna en infériorité numérique.

A l’instar de Luiz Gustavo quelques minutes plus tôt, Neymar exploite les espaces crées par les montées sans ballon de Marcelo et Daniel Alves. A défaut de pouvoir relancer eux-mêmes en raison du pressing croate, les deux latéraux occupent les ailes et laissent leur leader se charger de la première passe. Ils embarquent avec eux Perisic et Olic, ce qui fait naturellement reculer le bloc adverse.

A partir du moment où ils ne récupèrent plus le ballon sur la première passe brésilienne, les Croates n’ont plus de ballons de contre à exploiter. Le Brésil monte d’un cran, peut faire circuler le ballon sur la largeur et surtout répondre aux ballons perdus par un pressing immédiat sur le nouveau porteur de balle. Résultat, les sorties de balle sont moins propres pour la Croatie, qui ne peut en plus pas se reposer sur le jeu long vers Mandzukic (suspendu) en attaque.

Neymar-Oscar : 

Après un début de match manqué sur son côté droit, Oscar dézone à son tour pour aller travailler avec Neymar au milieu de terrain. En plus de gagner des duels sur son aile, le meneur de jeu de Chelsea apporte une autre solution à ses défenseurs pour mettre son équipe dans le sens du jeu. Troisième homme dans l’axe, Paulinho se contente lui d’accompagner les actions de ses partenaires en se projetant vers les buts de Pletikosa.

oscar

Au tour d’Oscar de reculer avec le même objectif que Neymar : franchir la ligne médiane dans le sens du jeu et faire reculer le bloc croate en stoppant l’agressivité de Perisic et Olic.

Si elle ne concède pas vraiment d’occasions dans sa moitié de terrain, la Croatie est désormais à la peine pour remonter son bloc et les Brésiliens profitent des percussions de leurs attaquants pour obtenir des situations intéressantes (coups-francs…).

On touche là à un choix tactique de la part de Niko Kovac, qui a fait le choix logique de sécuriser son arrière-garde en conservant ses quatre défenseurs sur la même ligne. Les décrochages de Neymar et Oscar auraient en effet pu être compensés si Perisic et Olic avaient continué leur pressing au lieu de suivre les montées des latéraux brésiliens. Dans ce cas, ce sont Vrasljko et Srna qui auraient bloqué les couloirs face à ces derniers, laissant leurs défenseurs centraux en couverture face à Hulk et Fred.

Cette option était évidemment très risquée en raison de la capacité des Brésiliens (Neymar, Oscar…) à faire la différence en un-contre-un. Le choix plus défensif de Kovac a permis à la Croatie de tenir durant les temps forts brésiliens, mais il l’obligeait aussi à subir dès lors que le Brésil trouvait la solution au milieu de terrain (absence de Mandzukic, sorties de balle plus difficiles…). Mais l’ouverture du score rapide est allée dans son sens.

Deuxième mi-temps : 

Au final, le Brésil a profité de trois situations favorables pour inscrire ses buts (au-delà de l’arbitrage). Le premier est issue d’une remontée de balle rapide (Oscar, Neymar dans l’axe), face à un bloc croate pas encore replacé. Sur le second, le penalty obtenu par Fred trouve son origine dans un duel remporté par Oscar sur l’aile droite. Enfin, le dernier but du joueur des Blues découle d’un ballon récupéré au milieu de terrain, là encore face à un bloc complètement désorganisé.

Neymar, 1-1 (29e) :

Neymar, 1-1 (29e) : après une remontée de balle rapide, les Brésiliens attaquent la paire Modric-Rakitic. Oscar fait la différence et arrache le ballon dans le rond central, Neymar en profite ensuite pour ajuster une frappe qui trompe Pletikosa.

Plus équilibrée en terme de possession de balle, la deuxième mi-temps a permis de découvrir la Croatie avec le ballon. Modric et Rakitic assuraient évidemment la construction dans l’entrejeu, soutenus par les relais offerts par Kovacic pour éviter la pression de Paulinho, Neymar ou Oscar. Une fois encore, les Croates cherchaient à finir sur les ailes avec l’activité d’Olic et Perisic. Ils se sont crées quelques situations intéressantes mais ont manqué de lucidité dans le dernier geste (mésentente Olic-Jelavic). A voir comment seront gérées les rencontres face au Mexique et au Cameroun : il ne serait pas étonnant de voir Kovacic retrouver un poste plus reculé sur le terrain afin de libérer complètement Modric et Rakitic.

De son côté, la Seleçao peut remercier ses deux vedettes, Neymar et Oscar, qui ont su la tirer vers le haut après sa très mauvaise entame de match. Individuellement, ils sont les seuls à avoir réellement brillé. Titulaires au coup d’envoi de ce Mondial, Paulinho, Hulk et Fred sont complètement passés à côté de leur sujet. L’entrée de Hernanes en deuxième mi-temps a apporté un surplus de créativité intéressant au milieu de terrain et en vue de la suite de la compétition.

L’extra en vidéo :

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3 réponses

  1. TitiHenry dit :

    Sympa l’article, j’espère qu’il y en aura bien d’autres.

    Sinon je trouve dommage d’avoir fait jouer un Rakitic aussi loin du but, j’aurais préféré le voir plus haut, avec Modric à la première passe.

  2. Salama abdellah dit :

    Je vous remercier pour l’analyse du
    Match j’espère avoir les remarques qui entraîneurs de déférente écoles de football à fin d’enrichir l’analyse

  3. Salama abdellah dit :

    Je vous remercier pour l’analyse du
    Match j’espère avoir les remarques des entraîneurs de déférente écoles de football à fin d’enrichir l’analyse

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