Borussia Dortmund 1-1 Arsenal, l’analyse tactique

A l’instar du groupe H qui s’ouvrait par un Barcelone-Milan AC (2-2), le groupe F débutait en offrant sa plus belle opposition (sur le papier en tout cas) entre le Borussia Dortmund et Arsenal. Les deux équipes se neutralisant (1-1), l’OM en a profité pour s’emparer de la tête du groupe (0-1). Mais c’est l’opposition Klopp-Wenger qui nous intéresse ici.

Les compositions :

Pour le premier match de sa carrière en Ligue des Champions, Jurgen Klopp peut compter sur neuf des onze joueurs de son équipe championne la saison dernière. Sahin est parti, Barrios est blessé. Sinon, tout le monde est là : Weidenfeller (1) – Piszczek (26), Subotic (4), Hummels (15), Schmelzer (29) – Kehl (5), Bender (22) – Götze (11), Kagawa (23), Grosskreutz (19) – Lewandowski (9).

Du côté d’Arsenal, Arsène Wenger doit toujours se passer des services de Wilshere, blessé. Mais il peut compter sur ses recrues de fin d’été : Arteta, Benayoun et Mertesacker sont ainsi lancés d’entrée sur la pelouse du Borussia : Szczesny (13) – Sagna (3), Mertesacker (4), Koscielny (6), Gibbs (28) – Song (17), Benayoun (30), Arteta (8) – Walcott (14), Gervinho (23), Van Persie (10).

Dortmund domine dans l’axe :

Le calcul des Allemands est très simple : plus ils récupéreront le ballon haut et moins ils subiront les assauts adverses, bénéficiant en bonus de ballons de contres rapides face à une défense londonienne qui doit intégrer un nouveau pensionnaire. Ainsi, alors que la ligne de défense reste assez bas pour ne pas laisser trop d’espaces dans son dos à Gervinho ou Walcott, les six autres joueurs de champ se répartissent les tâches pour couper la relation au sol entre la défense et l’attaque londonienne.

Première étape de cette mise sous éteignoir, le marquage des trois milieux de terrain axiaux des Gunners. Ou plutôt l’encerclement. Car en plus de la présence du duo Bender-Kehl, voire de Kagawa, dans la zone de Song, Benayoun et Arteta, le Borussia y ajoute les rentrées dans l’axe de Götze et Grosskreutz pour tenter d’enfermer les milieux de terrain londoniens. En schématisant les tâches : trois joueurs sont au marquage et les deux autres sont au pressing sur le porteur et sa solution la plus proche. Kehl se montre plutôt efficace dans cet exercice ; et Song est particulièrement en difficulté dans ces conditions.

A plusieurs reprises, les ballons gagnés de cette façon par Dortmund aboutissent à des situations difficiles à gérer pour la défense londonienne. Et pour cause, en resserrant les intervalles, Dortmund resserre aussi les distances entre ses offensifs qui peuvent alors rapidement combiner et immédiatement éliminer le milieu de terrain. Autre problème pour la défense d’Arsenal : l’absence de pressing de ses attaquants.

Se positionnant haut sur le terrain lorsque Dortmund relance, Schmelzer et Piszczek repoussent Gervinho et Walcott dans leur camp ce qui laisse Van Persie seul devant. Le Néerlandais ne travaille pas pour gêner les stoppeurs adverses et Hummels ou Subotic peuvent relancer calmement et surtout très proprement pour renvoyer le danger dans le camp adverse. Plusieurs fois, leurs longs ballons par-dessus la défense mettront le feu à celle-ci.

Mais Dortmund loupe le coche :

La domination est là, les opportunités se présentent mais Dortmund ne conclut pas. Maladroits à la finition, les Allemands voient leurs adversaires revenir petit à petit dans la partie. Bloqués dans l’axe, ces derniers vont logiquement passer par les côtés pour multiplier les phases de possession de balle avant de profiter de l’une des erreurs de transmission dans le milieu du Borussia pour ouvrir le score avant la mi-temps.

Comme le PSG face à Brest, elle passe par les côtés pour relancer et au moins tenir le ballon. C’est ainsi que Sagna et Gibbs sont chargés de remonter les ballons jusqu’au niveau de la ligne médiane. Face à eux, le bloc de Dortmund se replace en coulissant (exemple, remontée côté gauche Arsenal) : l’ailier (Götze) vient face au latéral porteur du ballon (Gibbs), le milieu le plus proche (Kehl) s’occupe de son vis-à-vis (Arteta), le second fait de la zone pour couvrir ou presser, Kagawa s’occupe du soutien (Song) et l’autre ailier (Grosskreutz) rentre dans l’axe pour marquer le milieu axial restant (Benayoun).

Si Arteta a quelques difficultés pour se défaire de l’emprise du milieu adverse, Benayoun se montre très intéressant dans l’exercice. Souvent bien servi par Sagna, son coup de rein lui permet à plusieurs reprises de se défaire de son premier vis-à-vis avant de se lancer face au milieu restant ou de libérer pour un appui à ses côtés (Arteta) ou devant lui (Van Persie). Au passage, l’attaquant néerlandais vient aussi prêter main forte à ses milieux de terrains pour tenter de répondre au problème du nombre, toujours en faveur des Allemands. Lorsqu’il décroche, Walcott compense en glissant en pointe (parfois accompagné par Gervinho).

Attaque-défense :

Profitant des ratés de Dortmund à la finition, Arsenal rentre au vestiaire avec l’avantage au tableau d’affichage et une partie qui a commencé à baisser de rythme : en utilisant la largeur du terrain et en se montrant patients, les Gunners ont diminué le rythme de la partie qui était parti sur des bases très élevées. A la reprise, forts de l’avantage, ils ne vont rien changer, se contentant logiquement de défendre leur avantage en attendant une nouvelle opportunité.

Ainsi, comme face à Udinese, Arsenal présente à son adversaire un bloc bas dans le but de limiter les espaces dans le dos de sa défense tout en espérant remporter quelques duels en premier rideau (par ses milieux de terrain) pour tenter de contrer dans la foulée. Le 4-3-3 passe un 4-5-1, qui se transforme en 4-1-4-1 lorsque Dortmund rentre dans les derniers mètres : Kagawa évoluant quasiment sur la même ligne que Lewandowski (soit la ligne qui concerne les défenseurs), Song abat un énorme travail entre les lignes pour compenser, notamment sur les côtés où ses ailiers ne poussent pas le repli jusqu’au bout.

Hyperactifs, Piszczek et Schmelzer abattent un énorme travail d’occupation, et parfois de percussion dans les couloirs. Leur présence permet notamment à Götze de quitter l’aile pour rentrer dans l’axe. Après l’avoir vu en meneur d’un quatuor offensif très resserré pour attirer la défense avant de changer le jeu côté opposé (en première mi-temps), le numéro 11 de Dortmund évolue plus bas au retour des vestiaires : avant d’être officiellement replacé dans l’axe par Klopp à la sortie de Kehl, il travaille déjà en soutien aux côtés de Bender et Kehl pour tenter de trouver des angles de passes en profondeur ou par-dessus la défense londonienne.

Comme évoqué juste ci-dessus, Klopp est le premier à dégainer sur le banc avec un double changement (69e) : Perisic et Kuba remplacent Grosskreutz et Kehl. Le premier s’installe à gauche, le second à droite faisant glisser Götze dans l’axe. A l’entrée du dernier quart d’heure, Wenger répond avec la sortie de Walcott au profit de Frimpong : un remplacement qui conforte l’assise défensive de l’équipe tout en enlevant un atout possible en contre. De toute façon, les Gunners n’en avaient eu aucun jusqu’ici. Et ils n’en auront pas jusqu’à la fin. Mais Perisic et sa magistrale reprise de volée passeront par là pour remettre les équipes à égalité.

Conclusion :

Pour une fois, les enfants étaient dans l’autre camp. Enthousiasmants en début de partie, le Borussia a payé son manque de lucidité dans les derniers mètres. Les Londoniens ont ensuite semblé avoir le contrôle de la partie dès lors qu’ils ont été capables de mettre le pied sur le ballon pour éviter de se mettre en danger. Se montrant réalistes, ils sont passés tout près du bon coup de cette première journée. Mais si le mérite existait, il se satisferait de ce partage des points.

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