Bordeaux patiente

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Je m’excuse pour ce léger retard dans la publication de ce billet, un dimanche plutôt chargé a fait que je n’ai pas pu me poser sérieusement devant mon ordinateur avant maintenant. Au passage, je n’ai même pas pu voir plus qu’une bonne demi-heure du « Grand Match » opposant Lille et Toulouse. J’espère que vous ne m’en voudrez pas de revenir plus en détail sur la prestation de Bordeaux face à Nice, match que j’ai eu l’occasion de voir au stade Chaban-Delmas puisque j’y suis abonné (pour ceux qui prendraient le blog en cours de route, ceci est un coming-out de supporter, mais, soyez rassurés, jamais dans l’exercice de mes fonctions de blogger).

Avant de me pencher sur ce qui fut le grand match de mon après-midi, un petit coup-d’oeil rapide sur les deux autres rencontres dominicales. Au Stade des Alpes, Grenoble a confirmé que la deuxième saison était peut-être la plus dure pour une équipe qui découvre la L1. Les Boulonnais sont d’ores et déjà prévenus. Pour clôturer cette troisième journée, le duel des seconds couteaux (Lille et Toulouse) a accouché d’un match nul des plus logiques. Toulouse peut s’en contenter mais Lille, qui a pris son premier point, devra ramener quelque chose du Parc des Princes la semaine prochaine, ne serait-ce que pour se rassurer. Ces commentaires expédiés (je ne peux pas faire mieux), place au gros morceau : Bordeaux-Nice.

Je suppose que vous en avez vu les résumés et les moments-clés, je ne vais donc pas m’attarder sur ce point. Quatorzième victoire consécutive, la série d’invincibilité à domicile continue, 11 buts inscrits en trois rencontres, les stats de la machine bordelaise impressionne, c’est indéniable. Et pourtant, jusqu’à l’ouverture du score de Jussiê, soit pendant un peu plus de 40 minutes, les Niçois ont posé d’énormes problèmes aux Bordelais. Avec un bloc positionné très haut et extrêmement compact, Didier Ollé-Nicolle avait élaboré un plan très intéressant pour gêner l’animation offensive bordelaise. Manquant cruellement d’espaces dans leur zone d’accélération habituelle (première moitié de terrain adverse), les milieux offensifs bordelais étaient obligés de décrocher pour toucher le ballon. L’équipe était alors coupée en deux : les attaquants collés à la ligne de défense adverse et les autres (offensifs) coincés entre la ligne d’attaque et les milieux de terrain niçois.

Seule faiblesse du choix d’Ollé-Nicolle, le jeu en profondeur. Ca tombe bien, ce sont les appels de balle que les deux attaquants titulaires à Bordeaux (Cavenaghi ou Chamakh) ne sollicitent pratiquement jamais. De toute façon, mis à part Fernando qui était sur le banc hier soir, aucun Bordelais n’excelle non plus dans ce style de passes. Hors-jeu de l’attaquant ou ouverture mal ajustée de Planus et consorts, voilà à quoi ressemblait la fin des approches bordelaises pendant 40 minutes. Seul le côté droit niçois, d’une faiblesse rare en défense, ouvrait quelques portes pour des raids de Wendel et Trémoulinas sans pour autant que les centres pleuvent sur le but d’Ospina. D’ailleurs, les nombreuses montées du latéral gauche bordelais ont ouvert des espaces que s’est empressé de prendre Loïc Rémy, à son avantage face à Planus pour quelques occasions de but, moins face à Ciani pour plusieurs ballons perdus.

40ème minute de jeu, Marc Planus franchit enfin la ligne médiane (zone jusqu’alors réservée au milieu de terrain si vous me suivez). De fait, le bloc bordelais monte d’un cran ; d’une passe à ras de terre, le défenseur trouve Wendel à l’entrée de la surface adverse (zone jusqu’alors inconnue pour un milieu de terrain bordelais). Le Brésilien décale parfaitement Trémoulinas qui profite d’une défense débile de Mabiala pour déposer un chocolat sur la tête de Jussiê dans la surface (zone tout aussi inconnue pour l’autre relayeur girondin). Une passe au sol dans les pieds, dans l’intervalle, qui fend les deux premières lignes niçoises, il aura suffit de ça pour créer les conditions du 1-0. Comme on l’a souvent entendu dire avec le Barça, c’est le plus dur à mettre. Fatigués de leurs efforts pour rester haut sur le terrain, les Niçois vont aller de mal en pis les minutes passant. Le 2-0 vient du côté gauche, le 3-0 d’un alignement défaillant et d’une défense qui recule face au porteur et le 4-0 d’un coup de pied arrêté. Fermez le ban.

La question sera maintenant de savoir si Deschamps s’inspirera des 40 minutes niçoises pour contrer Bordeaux la semaine prochaine. Son recrutement musclé pourrait lui permettre de gêner Bordeaux de la même façon en attendant les Girondins très haut sur le terrain. Vu la prestation de Trémoulinas et Chalmé en défense, un Niang et un Koné en forme pourraient poser d’énormes problèmes à la défense bordelaise. Reste à savoir si le réalisme sera au rendez-vous. Nice ne l’a pas été sur ses offensives en première période et a explosé après le premier but bordelais. Sochaux avait fait pareil après le premier et jusqu’à l’entrée de Charlie Davies, Lens avait connu la même mésaventure après le but du 2-1. En moyenne, Lens, Sochaux et Nice ont en moyenne tenu tête moins d’une mi-temps face au collectif girondin. Marseille est prévenu : il faudra y prendre l’avantage sinon Bordeaux pourrait bien se retouver avec cinq points d’avance sur leur adversaire direct à l’issue de la prochaine journée.

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