Bordeaux 1-1 Paris SG, l’analyse tactique

De retour les Girondins ? En accrochant un PSG qui a certainement manqué de fraîcheur sur la fin, les joueurs de Francis Gillot ont en tout cas confirmé le renouveau entrevu lors de leur victoire à Ajaccio lors de la précédente journée. Très efficaces durant la première demi-heure, ils ont surtout trouvé les ressources en début de deuxième mi-temps pour ne pas sombrer alors que les Parisiens poussaient plus que jamais.

Les compositions :

Côté girondin, Francis Gillot avait annoncé la couleur en conférence de presse : on ne change pas une équipe qui gagne, même quand ce n’est qu’à Ajaccio. Ciani fait donc de nouveau les frais du retour de Chalmé dans le onze, qui replace Sané dans l’axe aux côtés de Planus. Gouffran et Diabaté restent devant : Carrasso (16) – Chalmé (21), Sané (6), Planus (27), Trémoulinas (28) – Nguemo (7), Plasil (18), Ben Khalfallah (8), Maurice-Belay (18) – Gouffran (9), Diabaté (14).

Côté parisien, c’est aussi l’équipe-type du moment qui est reconduite par Antoine Kombouaré. Le quatuor offensif tant redouté est bien présent, tout comme les bonnes surprises parisiennes du moment, Ceara et Camara, respectivement préféré à Jallet et Lugano qui sont tous les deux sur le banc. Toujours blessé, Matuidi est supplée par Sissoko : Sirigu (30) – Ceara (2), Camara (6), Sakho (3), Tiené (5) – Sissoko (23), Bodmer (12) – Menez (7), Pastore (27), Nenê (10) – Gameiro (19).

Bordeaux comme Brest :

Il y a quelques semaines, Brest était allé faire une très jolie démonstration, le temps d’une mi-temps, au Parc des Princes. Manquant à plusieurs reprises l’occasion d’ouvrir le score, les Brestois s’étaient finalement fait punir à vingt minutes de la fin, sur une accélération de Ménez côté gauche conclue par le premier but de Pastore en L1. Depuis, le projet de jeu d’Alex Dupont a plusieurs fois été cité en exemple par différents adversaires du PSG. Dimanche soir, les Girondins en ont repris plusieurs ingrédients.

Ainsi, les Marine et Blanc débutent le match de la meilleure des manières en imposant un gros combat dans l’entrejeu à la paire Sissoko-Bodmer. Très en vue durant la première demi-heure, Gouffran se démène entre les deux rampes de lancement du jeu parisien pour les gêner un maximum et limiter leur influence. A un degré moindre, Diabaté y va aussi de son pressing. Ce travail des attaquants bordelais permet à Nguemo-Plasil de maîtriser sans grande difficulté les déplacements entre les lignes de Pastore. Au final, Bodmer et Sissoko sont obligés d’écarter sur les côtés pour trouver leurs latéraux libérés.

Une fois servis, ces derniers font face à un bloc bordelais construit pour empêcher un retour vers l’intérieur du terrain (via une passe en diagonale visant l’intervalle entre Maurice-Belay et Nguemo par exemple). Tout cela en raison du repli vers l’intérieur des deux ailiers girondins (Maurice-Belay et Ben Khalfallah) qui se place ainsi lorsque les ailiers parisiens rentrent eux aussi dans l’axe pour se rapprocher de Pastore. Ainsi, une fois le ballon sur l’aile, Paris semble condamné à avancer sur celle-ci. Quand c’est le cas (en jaune sur le premier schéma), le bloc bordelais coulisse et, l’agressivité aidant, récupère la plupart des ballons.

De l’axe vers les ailes :

Très efficace dans l’entrejeu, les Bordelais misent tout sur la rapidité de leurs couloirs une fois le ballon récupéré. Dans l’axe, le repli de Gouffran le rend quasi immédiatement disponible pour Nguemo et Plasil. Pastore ne travaillant que très peu défensivement, c’est un trois contre deux en faveur des Girondins qui se crée dans l’entrejeu. Le triangle formé par Gouffran, Nguemo et Plasil profite de sa supériorité numérique pour prendre le dessus sur Sissoko et Bodmer : la vitesse d’exécution prend ici le dessus sur la présence athlétique.

Des trois Bordelais présent dans l’axe, le joueur libre de tout marquage doit ensuite écarter sur les ailes. Ce sont les joueurs de couloir qui ont pour mission de créer la première différence dans le camp parisien, le premier décalage. Si la paire Chalmé-Ben Khalfallah a des difficultés (techniques et physiques), celle formée par Maurice-Belay et Trémoulinas fait très mal à la défense parisienne. Le premier repique dans l’axe et fixe parfaitement latéral et milieu défensif parisien. Le second profite lui des boulevards laissés par le non-repli d’adversaire direct face à lui pour débouler côté gauche et adresser, notamment, le centre de l’égalisation pour Gouffran (13e).

Le côté gauche bordelais enverra de nombreux centres dans la surface adverse, sans Girondin à la réception malheureusement pour lui. On touche là le principal problème des Girondins en première mi-temps : la présence, ou plutôt le manque de présence dans la surface adverse. Si Gouffran fait souvent le déplacement, Diabaté peine à suivre les actions qui partent très vite une fois lancées depuis le milieu de terrain. Idem pour Ben Khalfallah lorsque le jeu passe à gauche. Enfin, les deux milieux de terrain restent eux en retrait pour couvrir en cas de ballon perdu sur l’aile (comme Culma et Grougi au Parc d’ailleurs…).

Paris prend l’ascendant :

Aux alentours de la demi-heure de jeu, alors que le score est déjà scellé, Paris reprend l’ascendant. Hyperactif depuis le coup d’envoi, Gouffran connaît une baisse de rythme qui va permettre au milieu parisien de jouer plus tranquillement. Le danger approche des buts de Carrasso mais il faut surtout attendre la deuxième mi-temps pour voir les Parisiens prendre réellement le contrôle de la partie, et ce pour une petite vingtaine de minutes.

Cette domination parisienne s’explique d’abord par l’incapacité des Girondins à reprendre la deuxième mi-temps comme ils avaient démarré la première. Les quinze minutes de repos n’ont pas été suffisantes pour les attaquants bordelais. Conséquence, le bloc girondin joue plus bas et les Parisiens prennent le contrôle du rond central. Ils sont désormais quatre joueurs à jouer les rampes de lancement : Bodmer et Sissoko évidemment, mais aussi Camara et Sakho. Ce quatuor s’étend sur la largeur du terrain ce qui permet aux deux latéraux d’évoluer naturellement plus haut, dans le camp adverse.

Bordeaux plus bas, c’est aussi moins de profondeur pour Gameiro qui change de registre. L’ancien Lorientais décroche désormais pur travailler entre les lignes et en une touche de balle. Ses échanges de la sorte avec Pastore et les milieux offensifs parisiens perturbent le marquage girondin et des situations de décalages se créent dans les couloirs. Cet ensemble oblige les milieux offensifs bordelais à redescendre travailler défensivement. Bordeaux tient le choc mais peine à ressortir : la présence parisienne dans son propre camp met la pression sur sa relance et les longs ballons balancés sont immédiatement récupérés par les Parisiens restés en couverture.

Fin de l’histoire :

Les Girondins finissent par rééquilibrer les débats sans avoir pris de but sur l’énorme temps fort de leurs adversaires. Sans créer vraiment le danger sur les buts de Sirigu, ils réussissent à tenir le ballon dans le camp adverse en remontant par les côtés (dans le dos des latéraux adverses, couverts ensuite par les axiaux). Les vingt dernières minutes voient ensuite la rencontre baisse en intensité : les remplacements tardent alors que l’on sent pourtant un manque de fraîcheur en attaque des deux côtés. Finalement, ces derniers interviendront trop tard pour avoir un réel impact, malgré une frayeur pour Sirigu sur un centre de Ben Khalfallah (Modeste trop court).

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4 réponses

  1. sss dit :

    Quelle belle analyse, impressionnant, ça fait plaisir à lire.

  2. Je sais, ça traîne un peu là. ^^

  3. goose dit :

    merci pour ce blog vraiment instructif et tellement agréable à lire. Enfin un peu de tactique ça change de larque et di meco…
    merci encore

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