Bonus de la semaine : Les décrochages de Lisandro

L’Olympique Lyonnais a réussi ses débuts en Ligue des Champions grâce à une victoire opportuniste face à une faible équipe de Schalke. Avant que Bastos n’ouvre la marque, les Lyonnais ont pourtant été les plus inquiétés, notamment sur le côté gauche de sa défense où Kolodziejczak a rapidement montré ses limites face au très bon Farfan. Mais surtout, jusqu’à l’ouverture du score, les locaux avaient eu toutes les peines du monde à approcher les buts de Neuer. Encore une fois, c’est l’apport de Lisandro dans le jeu qui a fait toute la différence. Doucement mais sûrement.

J’avais failli en faire un article à l’issue du match face à Valenciennes samedi soir mais je m’étais abstenu par manque de temps. L’OL a répété face à Schalke les mêmes consignes appliquées en Ligue 1 le week-end dernier. En résumé, la remontée des ballons était orchestrée sur les côtés par des jeux en triangle entre le latéral, son milieu axial et son ailier : Kolodziejczak, Gourcuff, Bastos à gauche, Reveillère, Pjanic et Briand à droite.

Mais lors de leur début de match compliqué, les Lyonnais se sont heurtés à un 4-4-2 allemand qui répondait parfaitement à ce genre de tentatives. La quadrillage du terrain était rigoureux et mettait trois adversaires dans la même zone que les trois préparateurs de l’OL. Exemple, face au couloir gauche lyonnais, on retrouve un trio Morlitz, Jones et Farfan qui venait soutenir ses défensifs lorsque Kolodziejczak poussait ses montées jusque dans les 40 mètres adverses. Même topo à droite.

Au fil des minutes, l’OL s’en est alors remis à la solution Lisandro, plus directe mais surtout plus efficace. Les milieux axiaux de Schalke étant le plus souvent au marquage de Gourcuff et Pjanic, l’attaquant argentin s’est retrouvé dans une zone sans adversaire direct lors de chacun de ses décrochages (ci-dessus). Sa qualité technique aidant (contrôle + jeu court), il a offert une alternative au jeu lyonnais qui passa ainsi de deux meneurs (Gourcuff-Pjanic) à un point d’appui autour duquel Bastos, Briand, Gourcuff et Pjanic se sont mis à tourner.

Les deux derniers se sont aussi signalés (non-représentés sur les schémas) en décrochant à hauteur de Toulalan pour offrir une rampe de lancement plus efficace vers leur attaquant argentin. Lorsque Gourcuff décrochait, Pjanic se rapprochait de Lisandro et inversement. Depuis son banc de touche, Félix Magath avait bien tenté de s’adapter à cette nouvelle donne dans l’animation lyonnaise. En se résignant à faire redescendre Raul à hauteur de Rakitic, il permettait à Jones d’enfiler le costume de sentinelle (voir ci-dessous), avec pour job de suivre à la trace l’attaquant lyonnais.

Malheureusement pour les Allemands, l’expulsion de Howedes en fin de première période a supprimé cette possibilité, obligeant Raul à aller fermer le couloir gauche après la sortie de Deac et l’entrée en jeu de Matip (en défense centrale). Dès lors, l’OL s’est constamment retrouvé avec une solution pour rentrer dans les 25 derniers mètres adverses. Au choix : Lisandro entre les lignes et les axiaux de Schalke ou du jeu à trois sur les côtés… Et même des renversements de jeu, du latéral gauche vers l’ailier droit par exemple, passant par une zone précédemment couverte par le deuxième attaquant de Schalke.

A onze contre onze, ce dernier aurait d’ailleurs pu éviter, ou au moins gêner, la relation directe entre la ligne Toulalan-Milieu et celle Lisandro-décrochage. Un simple travail de harcèlement pour forcer cette relance aurait certainement posé suffisamment de problèmes aux Lyonnais pour rendre les ballons compliqués à négocier pour Lisandro. Mais le jour où Raul fera ça… Bien sur, il y avait aussi la solution d’une sentinelle présente d’entrée de jeu, mais aucun joueur de Magath n’avait véritablement le profil pour tenir ce rôle.

Futur adversaire des Lyonnais dimanche, les Bordelais sont prévenus. La relation Milieu-Lisandro devra être coupée pour en partie annihiler le jeu lyonnais. Cela passera par un important pressing du deuxième attaquant sur le relanceur, un marquage strict de Gourcuff ou Pjanic lorsque ceux-ci décrochent ou l’utilisation de Diarra en véritable sentinelle derrière deux milieux de terrain. Si les choses sont bien faites côté Bordelais, l’OL aura du mal. Et ses futurs adversaires auront une référence sur laquelle bosser pour lui poser des problèmes.

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