Benfica 0-1 Chelsea, l’analyse tactique

Le coup parfait. Difficile de qualifier autrement la performance des Blues sur la pelouse de l’Estadio da Luz hier soir face au Benfica Lisbonne. Mis à mal dans l’entrejeu, les joueurs de l’intérimaire Di Matteo ont su faire le dos rond avant de profiter de l’énorme point faible de l’adversaire : son côté avec Emerson, l’ancien Lillois, complètement dépassé par la vitesse de Ramires, son adversaire direct.

Les compositions :

– Excepté Garay, blessé et remplacé par Jardel, Jorge Jesus a pu compter sur son équipe-type de Ligue des Champions. Benfica s’est donc présenté en 4-2-3-1 avec un entrejeu doté d’excellents techniciens et passeurs, de Javi Garcia à Aimar en passant par Witsel et Gaitan : Artur (1) – Maxi Pereira (14), Luisao (4), Jardel (33), Emerson (3) – Javi Garcia (6), Witsel (28) – Bruno Cesar (8), Aimar (10), Gaitan (20) – Cardozo (7).

– Chez les Blues de Chelsea, Roberto Di Matteo a dû composer avec la petite blessure au genou contractée par Didier Drogba le week-end dernier. L’Ivoirien est remplacé par Torres. Lampard et Essien, qui était de la victoire face à Naples, sont aussi sur le banc de touche : Cech (1) – Paulo Ferreira (19), David Luiz (4), Terry (26), Cole (3) – Mikel (12), Raul Meireles (15) – Ramires (7), Mata (10), Kalou (21) – Torres (9).

Benfica joue, Chelsea patiente :

Les premières minutes de la rencontre ont vu les outsiders prendre la mesure de leurs adversaires. Dans l’entrejeu, les milieux du Benfica ont abattu un très gros travail sur la relance adverse (en rouge). Organisés sur deux lignes (Aimar et Cardozo devant Javi Garcia et Witsel), les quatre axiaux de la formation portugaise s’opposaient ou serraient le marquage face aux quatuor chargés d’assurer la relance du côté des Blues (Terry, David Luiz, Meireles et Mikel).

La relation défense-milieu étant coupée par Aimar et Cardozo, Chelsea a dû se résoudre à passer par les côtés pour atteindre la ligne médiane. Tout se jouait alors sur des deux-contre-deux dans les couloirs. Les milieux axiaux de Benfica sortant sur toute tentative de passe dans l’axe à destination de Meireles (pressing de Javi Garcia) ou Mikel (pressing de Witsel), Chelsea devait se résoudre à mettre rapidement de la profondeur dans son jeu pour procéder en attaques rapides. Si cela a vite fonctionné sur l’aile droite (Ramires dominant déjà un Emerson, vite dépassé), l’excellent repli défensif du Benfica ne laissait pas assez de temps aux Blues pour finir le travail par des décalages dans les vingt derniers mètres.

Au final, dès le début de la rencontre (et jusqu’au coup de sifflet final), le jeu de Chelsea s’est résumé à des longs ballons à destination de Fernando Torres. Le but était évidemment de sauter un milieu de terrain où le Benfica mettait la pression, tout en espérant que les déviations de l’Espagnol trouvent ses partenaires d’attaque (Mata en soutien). Mais Torres n’est pas Drogba et l’attaquant des Blues a eu des difficultés à exister dans ce registre, les défenseurs du Benfica lui rendant quelques centimètres. Il faut aussi signaler que sur chaque long ballon, Javi Garcia reculait pour se rapprocher de ses défenseurs et enfermer les deux attaquants des Blues (en rouge). En phase défensive, le Benfica se retrouvait alors entre 4-1-3-2 et 4-1-4-1 selon le positionnement de Aimar qui redescendait parfois pour aider à la sortie des ballons, créant le surnombre pour empêcher le pressing adverse.

Chelsea a mis un petit quart d’heure pour trouver la parade en transformant sa relance. Au lieu de baser sa relance sur deux lignes de deux joueurs dans l’axe, les Blues passent en 3-1, avec les décrochages de Mikel à hauteur de Terry et David Luiz (en jaune). Le Nigérian n’est pas suivi par son adversaire direct, ce qui libère des positions de passes (Terry, David Luiz et Mikel se retrouvant face à Aimar et Cardozo). Dès lors, Chelsea peut faire tourner plus sereinement le ballon dans sa moitié de terrain, allonger quand il le souhaite ou alors tenter de construire en sollicitant Torres ou Mata entre les lignes adverses (au sol cette fois). Une fois servis, les deux Espagnols peuvent mener les actions avec le concours des deux joueurs de couloir (en orange).

Benfica pousse, Chelsea marque :

Malgré quelques moments chauds sur les buts de Cech, les deux équipes se séparent dos à dos à la mi-temps. A la reprise, les Portugais reviennent plus forts et prennent plus de risques offensivement. Jusqu’ici, le jeu se développait principalement sur l’aile droite, avec le duo Gaitan (gaucher) – Maxi Pereira (droitier) en débordement soutenu par Witsel. Côte gauche, Bruno Cesar ne prenait pas de risque en envoyant des centres en profondeur (pas de débordement pour ne pas laisser Emerson seul dans le couloir…) ; le Brésilien cherchait parfois Aimar dans l’axe, l’Argentin tentant à son tour de réaliser la bonne passe en profondeur pour Cardozo ou Gaitan dans la surface londonienne.

Au retour des vestiaires, Jorge Jesus a fait le choix de placer définitivement -ils avaient déjà permuté en première- Bruno César à droite et Gaitan à gauche pour mettre ce dernier en position de débordement face à Paulo Ferreira. Chelsea n’a pu que constater les dégâts et voir le flanc droit de sa défense enfoncer à plusieurs reprises mais Terry et David Luiz sont restés maîtres dans leur surface. Session de coaching : Matic et Rodrigo sont entrés en jeu et Witsel est passé à droite. Sur une action, toujours côté Gaitan -à gauche-, un jeu à trois se lance entre l’Argentin, Emerson et Rodrigo. Il n’aboutit pas. Rodrigo et Gaitan sont derrière le ballon et ne peuvent pas défendre. Ramires est lancé face à Emerson, il le dépose. Le décalage est fait. Torres dépose à son tour Jardel sur l’aile droite. Et l’Espagnol de réaliser un amour de centre pour tromper les défenseurs revenus en catastrophe pour trouver Kalou qui ouvre le score. Hold-up.

Conclusion :

Les Portugais n’ont pas eu la force de se remettre de ce coup de poignard. Plus ambitieux, plus véloces et peut-être même plus techniques, ils ont chèrement payé leur côté gauche, trop faible pour un quart de finale de Ligue des Champions. En face, Chelsea n’a pas montré grand chose mais est resté solide et a tout simplement évité les erreurs. Pour franchir le dernier carré, ce ne sera certainement pas assez. Mais cela devrait aussi marcher dans une semaine à Stamford Bridge.

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1 réponse

  1. 2 avril 2012

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