Rapport : FC Barcelone, les débuts en 3-4-3

Ou les débuts du 3-4-3. Privé de Alves, Puyol et Piqué, le Barça a donc innové pour sa première dans la Liga 2011/2012. Pep Guardiola a lancé Fabregas dans le grand bain, tout comme Thiago Alcantara. Résultat, les deux hommes ont particulièrement brillé aux côtés de Messi : le premier débloquant son compteur, le second inscrivant un but et délivrant deux passes décisives. Pourtant, la machine a mis du temps à se mettre en route. Mais une fois lancée…

Les compositions :

Comme évoqué en introduction, Pep Guardiola doit composer avec plusieurs absences. Outre le fait de lancer Fabregas et Thiago, il laisse Xavi et Villa sur le banc ; à l’arrivée, il débute la rencontre avec pas moins de six milieux de terrain, si l’on estime en plus que Pedro, Sanchez et Messi sont de véritables attaquants : Valdes (1) – Mascherano (14), Busquets (16), Abidal (22) – Keita (15), Thiago (11), Iniesta (8), Fabregas (4) – Messi (10), Sanchez (9), Pedro (17).

Du côté de Villarreal, Juan Manuel Garrido lance sa recrue venue de l’Udinese, Zapata, sur le flanc droit de sa défense. Libéro en Italie, le Colombien est aux côtés du duo Musacchio-Gonzalo qui évolue dans l’axe. Marchena et Bruno évoluent juste devant, laissant Borja Valero en pointe du milieu de terrain. Rossi et Nilmar sont aussi présents au coup d’envoi : Diego Lopez (13) – Zapata (12), Musacchio (4), Gonzalo (2), Oriol (3) – Marchena (5), Bruno (21) – Nilmar (7), Borja Valero (20), Cani (10) – Rossi (22).

Du 3-4-3 et de sa réponse :

25 minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Barcelone pour ouvrir la marque face au Sous-Marin Jaune. Il a suffit d’une accélération dans l’entrejeu, permis par un décrochage de Pedro entraînant un changement de l’organisation habituelle pour mettre le premier rideau adverse hors d’état de nuire. Derrière, Thiago a réalisé le raid parfait pour ouvrir le score, terminant en solo ce qu’il aurait pu finir par une passe pour Fabregas et Messi.

Avant cela, le round d’observation avait permis d’observer l’animation de ce Barça new-look. Et finalement, celle-ci ne tranche pas trop de celle entrevues sur les derniers mois de compétitions. Absence de latéraux pour dédoubler oblige, Pedro et Sanchez restent collés aux ailes afin d’étirer la défense ou de bénéficier d’espaces si celle-ci se resserre (Pedro vs Zapata). Dans l’axe, on retrouve les deux lignes habituelles : l’une avec la sentinelle (Keita) et un milieu relayeur à sa droite (Thiago) ; l’autre, censée se positionner entre les lignes adverses, avec Iniesta, Messi et, c’est la nouveauté, un joueur supplémentaire en la personne de Fabregas aligné à la pointe du losange.

Les trois hommes se cherchent constamment dans une zone allant des 40 mètres aux 25 derniers mètres adverses (au coeur du milieu de terrain). Leurs échanges sont faits pour fixer la défense en attendant de délivrer, au choix, vers Pedro ou Sanchez qui ont alors un un-contre-un à effectuer sur l’aile ou vers un partenaire venu en projection de l’arrière pour prendre la profondeur. Le plus souvent, les trois joueurs évoluent sur deux lignes : deux au niveau du milieu adverse et un dos à la défense en pivot. Au fil des minutes, d’autres joueurs viennent participer à ce jeu plein axe. Pour preuve, les deuxième et troisième buts sur du jeu à trois et le cinquième avec Thiago venu de l’arrière.

Mais avant cela, il a fallu ouvrir le score. Car Villarreal a offert une opposition intéressante pour contrer les deux lignes chargés de faire le jeu côté Barça. Organisé en 4-2-3-1, Villarreal oppose ainsi Borja Valero et Cani en premier rideau face à Keita et Thiago qui évolue dans le registre de Xavi en début de partie. Derrière, la ligne Marchena-Bruno tente d’éteindre Iniesta-Fabregas tandis que les stoppeurs s’adaptent aux déplacements de Messi. Puis aux déplacements des trois joueurs lorsqu’ils commencent à permuter. Très axiale et verticale, la préparation barcelonaise a du mal à accélérer sur le premier quart de la partie, Villarreal ne cédant que très rarement dans les duels.

Retour à la 25ème minute et à l’origine de l’ouverture du score. Alors que le Barça jouait jusqu’ici très vite vers l’avant, Pedro décroche de sa position très avancée pour offrir un simple appui à Fabregas dans l’entrejeu. Une remise en une touche de balle qui met complètement hors de position le bloc adverse. Car il a donné le temps à Thiago de franchir le premier rideau de Villarreal (il est devant Cani et Borja Valero) pour s’aligner avec Fabregas et Iniesta. Ces deux derniers sont toujours marqués, mais lui ne l’est pas. Une passe de Fabregas et une feinte d’Iniesta plus tard, il est lancé au but, dépasse le dernier milieu défensif et ajuste son tir en profitant de deux courses en profondeur.

3-4-3 sur la défensive :

S’il a fonctionné en diesel en phase offensive, le 3-4-3 a été un véritable cauchemar pour la relance de Villarreal. Habituée à repartir de l’arrière (et tout simplement à jouer au football), celle-ci a dû passer la majeure partie de son temps à envoyer des ballons par-dessus le milieu de terrain adverse. Et pour cause, le passage en 3-4-3 permet au Barça d’envoyer six joueurs au pressing. Dès que l’équipe perd le ballon, Keita et Thiago sont notamment les premiers à jaillir pour devancer de possibles solutions de passes pour le porteur de balle adverse. Une fois la menace repoussée sur les côtés, le reste du bloc resserre l’étau jusqu’à ce que le ballon ressorte côté catalan.

Nécessitant une grosse densité de joueurs dans un petit périmètre, le Barça laisse forcément des espaces dans son camp, d’autant que seul trois joueurs évoluent véritablement en couverture. Villarreal trouve ainsi plusieurs situations sur son aile gauche (côté Mascherano) où Rossi remporte quelques duels intéressants. Déchargé des tâches défensives, faute d’adversaire direct, Nilmar n’a en revanche pas existé dans la zone de Abidal. Plein axe, Busquets s’est chargé d’écoper et de fermer de manière plus conservatrice que Keita, qui donnait le tempo du pressing une ligne plus haut.

Conclusion :

Alors, le 3-4-3 plus fort que le 4-3-3 ? Après quelques minutes difficiles, la formation a semble inarrêtable une fois mise en route avec, pour point très fort, le triangle formé par Iniesta, Fabregas et Messi, capable de faire la différence au coeur du bloc adverse et sans apport venu de l’extérieur. Mais les apports sont en plus venus : Pedro et Sanchez ont étiré la défense pour ouvrir des espaces aux joueurs venus de l’arrière, Thiago en tête. Solide la plupart du temps, la défense a été inquiété sur quelques longs ballons ; des difficultés qui laissent pointer une interrogation en cas de présence d’un très grand attaquant (tant par la taille que par le talent) pour s’imposer dans les duels, le 3-4-3 ayant permis ce soir à un soutien de rester devant (Nilmar). Une interrogation qui peut être balayé par le rappel des absences de Puyol et Piqué sur ce premier match de la saison. Bref, premier essai concluant. Evidemment.

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