Barcelone 3-1 Manchester United, l’analyse tactique

« On pourrait être compétitifs, mais sans lui, on n’aurait pas autant de qualité: il est unique. » Lui, c’est évidemment Lionel Messi. Les mots sont de Pep Guardiola à l’issue du triomphe du Barça à Wembley. Difficile de lui donner tort sur ce point. Analyse d’un match quasiment à sens unique.

Les compositions :

Si aucune surprise n’est à signaler devant, Pep Guardiola fait un choix à l’arrière avec la titularisation de Eric Abidal côté gauche. L’entraîneur catalan subit aussi l’absence de dernière minute de Puyol qui débute sur le banc, remplacé par Mascherano. Valdes (1) – Alves (2), Mascherano (14), Piqué (3), Abidal (22) – Busquets (16), Xavi (6), Iniesta (8) – Pedro (17), Messi (10), Villa (7).

Du côté de Manchester United, Sir Alex Ferguson décide de faire confiance à l’équipe qui a notamment dominé Chelsea en quarts de finale de cette même Ligue des Champions. L’entrejeu est tenu par le duo Carrick-Giggs. Van der Sar (1) – Fabio (20), Ferdinand (5), Vidic (15), Evra (3) – Valencia (25), Carrick (16), Giggs (11), Park (13) – Rooney (10), Hernandez (14).

Les minutes mancuniennes :

Sans le ballon. Comme à Rome il y a deux saisons, Manchester United débute très bien la rencontre. Dans l’axe, chacun des joueurs a un rôle bien précis. Carrick se retrouve dans la zone d’Iniesta. Le numéro 8 du Barça évoluant naturellement plus haut que les deux autres milieux de terrain, Carrick se retrouve dans une position plus reculée que Giggs qui se charge du marquage de Xavi. Rooney se retrouve lui dans la zone de la deuxième rampe de lancement (Busquets). Sur les côtés, Valencia s’occupe d’un Abidal prudent alors que Park contrôle Daniel Alves et l’empêche de venir porter le surnombre.

Avec le ballon. Tout ce travail accompli sans le ballon, Manchester le fait pour empêcher le Barça de s’installer au milieu de terrain. L’objectif est le même lorsque United récupère la balle. La majorité des ballons cherche à atteindre le plus rapidement possible Hernandez afin de tester la défense centrale barcelonaise. Le bloc mancunien évoluant encore assez haut, le soutien arrive rapidement et, au choix, des situations de un-contre-un peuvent se dégager ou le pressing pour récupérer le ballon perdu peut se mettre en place.

Les décrochages de Messi :

Ses milieux sous pression, Messi ne tarde pas à décrocher pour venir leur offrir une nouvelle solution. Comme face au Real, le Barça évolue alors sans véritable attaquant de pointe, Pedro et Villa restant au large pour fixer les latéraux et les empêcher de suivre les décrochages de l’Argentin. Comme prévu dans l’avant-match, Ferdinand et Vidic ne suivent pas Messi qui se retrouve dès lors dans une position très confortable et permet au Barça de créer le surnombre dans l’axe de la première moitié du camp mancunien.

Busquets, Xavi, Iniesta, Messi : le losange se met en place et les trois derniers cités multiplient les combinaisons autour du duo Carrick-Giggs. Manchester United subit de plus en plus. Les ailiers (Park et Valencia) se recentrent pour soutenir leurs partenaires. Les deux héritent d’ailleurs du devoir de reprendre Messi lorsqu’il se lance dans ses chevauchées depuis la ligne médiane. Problème, en revenant dans l’axe, ils libèrent de l’espace sur l’aile et les ailiers (surtout Pedro à gauche) recevront de nombreux ballons venus du rond central.

Dans la zone de vérité :

Passé ce relais excentré, Barcelone entre alors dans la phase de finition de son action. On l’a vu à plusieurs reprises dans la saison, Manchester n’est pas une équipe que l’on peut facilement inquiéter sur des phases de jeu se terminant dans un couloir (le plus souvent par un centre). Dès lors, c’est dans l’axe qu’il fallait insister et c’est justement ce qu’on fait les Catalans qui n’ont quasiment jamais utilisé les montées de leurs latéraux (sauf lorsque Giggs et Park ont permuté, le Gallois se retrouvant au marquage d’un Daniel Alves plus rapide que lui et obligeant Van der Sar à briller en cours de deuxième mi-temps).

Le jeu latéral du Barça gênait le milieu à deux de Manchester qui se retrouvait mis hors de position dès lors qu’un troisième joueur venait s’insérer dans le circuit de passes faisant circuler le ballon dans l’axe (cf. ci-dessous, l’image arrêtée du deuxième but où Messi décroche pour offrir une seconde solution à Iniesta). De la même façon, c’est ce surnombre qui a aussi permis à Messi d’avoir les espaces nécessaires pour être particulièrement efficace dans ces dribbles. Il lui a en effet offert les quelques secondes nécessaires pour se mettre dans le sens de la marche et lancer son premier dribble pour éliminer son adversaire direct (voir ses réussites dans l’axe).


(Giggs est sur Alves, Evra sur Villa, Park sur Xavi, Carrick sur Iniesta et personne sur Messi).

Conclusion :

Avant le match, l’une des clés annoncés était la capacité du trio Ferdinand – Vidic – Carrick à contenir Messi. En faisant le choix de ne pas aligner un troisième milieu de terrain axial, Ferguson a enlevé Carrick des basques de Messi pour le coller à celles d’Iniesta. Comme prévu, Ferdinand et Vidic ne sont jamais sortis de la défense pour suivre l’Argentin qui a pu se balader à loisir entre les lignes et créer le surnombre face au milieu de terrain mancunien. Ce constat fait, les espoirs anglais étaient quasiment réduits à néant et il a fallu une magnifique action venue de nulle part pour les faire subsister jusqu’à la 54ème minute.

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3 réponses

  1. Flak-gel II Oeil dit :

    Tu les trouves ces petits tableau de stats ?

    Dommage j’avais pas lu les clés du match avant…

  2. Sur l’appli iphone TotalFootballApps :)

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