Barcelone 2-0 Valence, l’analyse tactique

Sans surprise, Barcelone s’est qualifié mercredi soir pour la finale de la Coupe du Roi en battant Valence au Camp Nou. Sur la lancée de leur excellente dernière demi-heure de la semaine dernière, les Valenciens avaient pourtant parfaitement débuté la rencontre, leur 4-4-2 et leur pressing gênant la mise en place du jeu catalan. Mais il a suffit d’une ouverture de Messi pour Fabregas et d’une hésitation côté Valence pour ouvrir le score et gripper le système de Emery. Analyse.

Les compositions :

Sorti sur blessure face à la Real Sociedad, Busquets est le grand absent de ce match retour. Il est remplacé par Xavi, laissé au repos à l’aller. Le capitaine du Barça complète le milieu formé par Fabregas et Thiago -qui évolue en retrait- : Pinto (13) – Puyol (5), Piqué (3), Mascherano (14), Abidal (22) – Thiago (11), Xavi (6), Fabregas (4) – Cuenca (23), Messi (10), Sanchez (9).

Du côté de Valence, Unai Emery débute ce match retour de la même manière qu’il avait terminé le match aller : en proposant un 4-4-2 à plat. Feghouli en profite pour être titularisé côté droit. Absent de dernière minute, Soldado est remplacé par Aduriz : Diego Alves (1) – Miguel (23), Rami (4), Victor Ruiz (18), Jordi Alba (17) – Feghouli (8), Albelda (6), Banega (10), Mathieu (22) – Jonas (7), Aduriz (11).

Valence au pressing :

Jusqu’à l’ouverture du score de Fabregas au quart d’heure de jeu, le match est quasiment à sens unique en faveur des Valenciens. Grâce à un gros travail sur la relance barcelonaise, les visiteurs prennent le contrôle du milieu de terrain. Pour y parvenir, les quatre offensifs impriment un pressing concentré sur l’axe. De gauche à droite, Mathieu -ou Alba, les deux permutant souvent-, Jonas, Aduriz et Feghouli se positionnent sur sur les lignes de passes courtes ou à mi-distance pour les trois relanceurs catalans -Piqué, Mascherano et Thiago-.

Derrière, les milieux défensifs -Albelda et Banega- complètent ce travail de pressing en couvrant les déplacements des deux créateurs du Barça -Fabregas et Xavi-. A l’arrière, les défenseurs en font de même concernant les décrochages des attaquants. Si Sanchez et Cuenca restent devant, Messi est lui chassé une nouvelle fois par Victor Ruiz, même lorsqu’il redescend jusqu’au niveau de la ligne médiane. Conséquence de ce pressing très haut des Valenciens, Barcelone ne parvient pas à faire correctement circuler le ballon. Condamnés à allonger, les Catalans en perdent beaucoup (duels perdus à la retombée, sorties en touche etc…).

Avec le ballon, les Valenciens cherchent à profiter de la profondeur sur les côtés et à partir des positions médianes exposées dans cet article. Miguel cherche Ferghouli par-dessus Abidal ; Alba en fait de même avec Mathieu… D’une position excentrée côté gauche au niveau de la ligne médiane, le Français envoie un ballon à Feghouli dont l’appel croisé prend à défaut la défense du Barça. D’une action partie de la droite, Jordi Alba en fera de même en deuxième mi-temps sur un ballon relayé par Jonas. Mais la finition n’est pas au rendez-vous.

Comme souvent en cas de difficultés, Barcelone va s’en sortir grâce à un éclair de Lionel Messi. Pris dans ses décrochages, l’Argentin change de registre et dézone. Il se déplace dans les zones où le pressing et le nombre de joueurs adverses est le plus faible, soit entre l’ailier au pressing -très haut et le latéral au marquage de Cuenca ou Sanchez -au plus bas-. Sur l’ouverture du score, il profite ainsi de cet espace pour se retrouver en un-contre-un avec Victor Ruiz, quasiment face au jeu. Derrière, son talent fait la différence sur l’ouverture et Fabregas profite des hésitations de Miguel et Diego Alves pour faire parler le sien.

Valence, forcé de reculer :

En plus de briser son excellent début de match, l’ouverture du score de Barcelone change aussi les plans de Valence. Si les Valenciens doivent toujours inscrire un but – désormais pour arracher les prolongations-, ils ne peuvent plus se permettre d’en encaisser un autre. Les quatre offensifs arrêtent leur pressing tout terrain dans le camp adverse : c’est désormais un 4-4-2 bien compact qui fait face au Barça, avec une première ligne (Jonas et Aduriz) au niveau de la ligne médiane et la seconde dans son camp, derrière le rond central.

Ses relanceurs libérés du pressing, le Barça s’empare enfin du ballon et du milieu de terrain. Néanmoins, le collectif valencien travaille de manière à fermer l’axe à son adversaire, et ainsi couper la relation entre Xavi-Fabregas et Messi au coeur du jeu. La défense s’étale sur toute la largeur et les six joueurs présents devant de terrain forment un 4-2 bien resserré dans l’axe afin de forcer la montée des latéraux barcelonais pour aider à la construction. Une fois le ballon décalé vers l’un d’entre eux, le milieu de Valence coulisse comme indiqué ci-dessous.

Dans le cas où le ballon arrive jusqu’à Abidal côté gauche, le milieu droit de Valence monte sur lui pour à la fois lui mettre une petite pression et lui fermer la profondeur (en rouge). Aux côtés de ce dernier, Albelda et Banega forment un duo compact (en noir) qui veille à constamment protéger la défense centrale. Sans possibilité d’avancer, Barcelone repasse par l’axe pour renverser le jeu. Le cinq contre deux dans son camp lui permet de ressortir sur le milieu axial droit (en blanc).

Celui-ci voit alors venir à sa rencontre le milieu gauche de Valence qui là aussi vient fermer la profondeur et mettre la pression (en rouge). Le milieu de Barcelone joue alors la solution excentrée et sert son latéral qui lui peut avancer puisque sans adversaire direct (en jaune)… Jusqu’à ce que le milieu gauche ne vienne lui fermer la porte. Dans le dos de celui-ci, c’est tout le reste du milieu valencien qui coulisse pour venir protéger la défense (en orange). Au final, Valence recule mais ne rompt pas dans l’axe et c’est là le plus important face au Barça.

En revanche, toute l’équipe subit la pression adverse au moment de la relance. Lorsque l’équipe évoluait haut, les distances resserrées entre attaquants et milieux de terrain rendaient utiles les relances longues sur Aduriz, l’attaquant valencien profitant de l’absence de Busquets pour dominer Thiago et le milieu du Barça dans les airs. Mais maintenant qu’elle évolue beaucoup plus bas, les relances longues sont facilement récupérées par Barcelone. Et sur les relances courtes, les défenseurs catalans sont coupables de plusieurs erreurs grossières au moment d’alimenter leurs milieux. Des erreurs qui ne sont miraculeusement pas converties en buts par Messi et Fabregas.

Sursaut valencien et finition catalane :

Revenu aux vestiaires avec un seul but de retard, Valence entame la deuxième mi-temps avec l’envie de repartir de l’avant. Le pressing n’est pas aussi fort qu’en début de partie mais l’équipe se montre beaucoup plus efficace dans ces remontées de balle et profite toujours de ces fameuses positions, entre l’ailier et le latéral catalan pour lancer ses mouvements.

Pinto doit sortir un premier arrêt face à Jordi Alba (sur passe de Jonas)… Puis Aduriz profite d’une mauvaise sortie de Pinto mais voit son tir sauvé par Mascherano. De son côté, Barcelone se crée des occasions sur des étincelles individuelles (Cuenca, Messi) et des ballons encore gagnés dans les pieds des défenseurs adverses. Finalement, le match bascule définitivement du côté des Catalans après l’expulsion de Feghouli pour un deuxième carton jaune. Cinq minutes plus tard, Xavi est à la conclusion d’un superbe mouvement collectif. Le Barça est en finale de la Coupe du Roi. Et Guardiola va pouvoir nous offrir un merveilleux duel face à Marcelo Bielsa et son Athletic Bilbao.

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7 réponses

  1. Erick dit :

    J’attends ce match Ce match avec impatience entre le maître et l’élève

  2. Superpoy dit :

    J’aurais voulu un duel Emery-Bielsa. Le match étant plus serré, la tactique aurait fait vraiment la différence.

  3. Marco dit :

    Ce qu’on peut retenir de cette analyse, c’est que parfois le résultat va au dela de juste la mise en place tactique. La preuve avec Messi, qui prouve la encore toute son intelligence de jeux et sa polyvalence !
    J’espere également que la finale va être à la hauteur !

  4. The teacha dit :

    Je suis d’accord avec superpoy, un valence-bilbao aurait eu autant de gueule tactiquement.
    Pour en revenir à l’analyse tactique, les relances catastrophiques de la defense de valencia ne sont pas assez appuyées! c’est la 1ere fois que je les vois autant en difficulté technique sur la relance, eux qui sont si bons d’habitude. En dehors des 2 buts,toutes les occaz’ du barca sont donnés par la defense.
    Le calendrier espagnol est bizarre aussi, Valence à joué dimanche soir à 21h30 donc le manque de lucidité dans les relances peuvent s’expliquer aussi.
    Jamais a part contre le Real en quart de finale, j’ai vu le barça autant souffrir comme ça.
    Valencia terminera certainement 3eme du champ, ils le méritent.

  5. Arret_De_Jeux dit :

    Le Barça s’en remet beaucoup au induvidualité pour le moment .. Il n’y a plus la maîtrise « total » des matchs

    Mais le Barça n’a t il jamais aussi bien que quand elle possède un 9 de métier ?

  6. erick dit :

    A l’époque de Eto’o, même si ça remonte à pas longtemps, c’était efficace en tout cas lol

  7. François dit :

    Valence avait les moyens de passer face à Barcelone que ce soit à l’aller ou au retour, mais malheureusement beaucoup d’équipes ratent le peu d’occasions qu’elles arrivent à se procurer.
    Barcelone s’éssouffle en ce moment ce qui s’explique avec leur effectif un peu léger (environ 20 joueurs je crois ?)
    Puis le 4-4-2 expérimenté par Madrid il y a quelques semaines fut une réussite qui a donné des idées aux adversaires des catalans, notamment Valence.

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