[Bandelette n°8] De l’art de la contre-attaque

Chose promise, chose dûe, voilà la deuxième bandelette de la semaine, coincée entre deux articles Ligue des Champions. Après l’attaque placée bordelaise, place au décryptage de la contre-attaque marseillaise de samedi dernier à Nice conclue victorieusement par Mamadou Niang. Elle va nous permettre de mettre en avant le sens du jeu de Fabrice Abriel, la qualité de passe de Lucho mais aussi les errements de la défense niçoise sur son côté gauche. C’est parti !

Comme d’habitude quelques mots sur le sujet d’étude avant d’entrer dans le vif du sujet. Des trois équipes françaises engagées en Ligue des Champions, l’Olympique de Marseille me paraît être la mieux armée pour pratiquer un jeu direct et de contre-attaque. C’était d’ailleurs déjà le cas lors des deux saisons de l’ère Gerets. . Là où Lyon et Bordeaux n’ont que très peu d’attaquants capables de prendre la profondeur, le meilleur élément de l’OM, Mamadou Niang est un spécialiste. On peut aussi citer Baky Koné. Ajoutez à cela des milieux plus à l’aise lorsqu’il s’agit de lancer le jeu et de profiter des espaces plutôt que de devoir prendre à défaut des défenses regroupées (Abriel, Cheyrou, Lucho ?) et vous comprenez peut-être un peu moins pourquoi le devise du club est « Droit au But ». L’action leur permettant d’ouvrir le score au stade du Ray est un modèle du genre.

omnice1Tout part d’un coup-franc plutôt dangereux pour les Niçois. Mounier se charge de le frapper, passe le mur Abriel mais se heurte à Bonnart, premier marseillais présent dans la surface de réparation. Sans adversaire sur lui, le latéral se retrouve dans le sens du jeu et avec cinq Niçois déjà hors de position car montés pour être à la réception du coup-franc. A 80 mètres des buts d’Ospina, c’est  une situation de cinq contre cinq qui se met en place (en dehors de Bonnart, il y a un Marseillais pour un Niçois dans la surface). Abriel s’excentre côté droit et attire Mounier sur lui, l’ancien Lyonnais espérant bien l’empêcher de se mettre dans le sens du jeu pour ralentir le contre. Manque de bol, Abriel le sent venir et remet immédiatement la balle à Bonnart d’une belle talonnade… Désormais lancé, le latéral remonte le premier tiers du terrain avant de lancer son partenaire de couloir qui a pu se remettre dans le sens du jeu.

Spectateur de la combinaison de ses deux partenaires, Lucho remonte tranquillement le terrain, oubliés par des Niçois qui cherchent avant tout à se replacer. L’ancien joueur de Porto prend de l’importance une fois le ballon passé la ligne médiane. Moins rapide que Gace à la course (image 4), Abriel le sollicite plein axe à une quarantaine de mètres des buts d’Ospina (image 4). Pas de Niçois dans sa zone, face au but et dans la moitié de terrain adverse, le meneur marseillais est dans des conditions optimales pour être décisif. Et il l’est grâce à l’oubli de repli du latéral gauche azuréen, jusque-là au marquage d’Abriel. Au moment où celui-ci fait sa passe pour Lucho, Gace l’oublie, ralentit et ferme pas l’angle de passe du une-deux. Lucho se retrouve alors avec un véritable couloir pour décaler Abriel. Il le fait en délivrant une balle parfaitement dans la course de l’ancien Lorientais. Lancé vers le but face à des Niçois en train de reculer, Niang grille la politesse à tout le monde et n’a plus qu’à profiter du caviar de son coéquipier.

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Vous l’avez sans doute compris, sur cette action, tout se joue sur les trois premières touches de balle. Sans l’inspiration d’Abriel à 80 mètres d’Ospina, il n’y a pas de contre-attaque, pas de but. Comme quoi, la décision ne se fait pas forcément dans les derniers mètres… Car après, le développement de l’action est un véritable classique du fameux « contre rondement mené ». C’est propre, juste techniquement, parfaitement dans le tempo ; bref, c’est une action comme l’OM n’en a que trop rarement fait sur cette première partie de saison. Et d’après, c’est un signe des premiers véritables automatismes entre les offensifs de la formation de Didier Deschamps. En début de saison, et au fur et à mesure des blessures de Lucho, j’avais repoussé l’arrivée  à 100% de l’OM au mois de janvier. Affaire à suivre !

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1 réponse

  1. 12 décembre 2009

    […] au tour de Marseille et d’un contre d’école à être décrypté en deux bandelettes (l’article – le vote). Les Olympiens étaient aussi en vedette sur le blog mardi soir avec l’analyse de […]

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