[Bandelette n°15] Le but d’Iniesta en finale de la Coupe du Monde

C’est le but le plus important depuis quatre ans, ça vaut bien une petite bandelette non ? Même si elle est tardive je le reconnais. En préambule, je vais me permettre de répondre humblement aux Néerlandais qui estimaient avoir été volés, l’arbitre offrant un six mètres à Casillas alors qu’il y avait corner pour les Pays-Bas à ce moment-là du match. Ce que Sneijder et ses potes avaient oublié, c’est que le gardien espagnol a complètement manqué son dégagement et leur a rendu immédiatement le ballon. Qu’ils ont perdu pour la suite que l’on sait. Regardez plutôt.

Après une récupération dans l’entrejeu de Sneijder, les Pays-Bas (à dix contre onze à ce moment du match) repartent sur l’aile gauche. Le ballon arrive jusqu’à Elia sur l’aile gauche qui se retrouve en position de jouer le un-contre-un face à Ramos. Le déplacement vers l’intérieur de Navas (au bout du trait jaune) semble rendre difficile le soutien court du relayeur et Fabregas (à hauteur de Busquets, ligne orange) est prêt à sauter sur toute passe qui tenterait d’arriver à Van Persie, marqué de près par Puyol.

Elia vient de tenter et de perdre le un-contre-un. Après quelques dribbles face à Ramos, Fabregas est venu en soutien pour fermer la porte aux Néerlandais à l’intérieur. Les deux Espagnols couvrent la récupération de Puyol du pressing d’Elia. Le défenseur du Barça se retrouve avec deux solutions dans le jeu court et sur son bon pied. Navas et Xavi, les deux milieux offensifs les plus proches de l’action sont prêts à recevoir le ballon (entourés de rouge) et n’ont qu’un seul adversaire direct dans leur zone. La relance s’annonce propre.

Et elle arrive sur Jesus Navas, collé à sa ligne de touche. L’ailier « aux yeux de loup » (merci Christian Jeanpierre) se retrouve avec plusieurs solutions. Il peut remettre dans l’axe, soit à Fabregas en retrait ou à Xavi qui est sur la même ligne que lui. Mais ces deux solutions permettraient aux Néerlandais de resserrer le pressing en attirant Sneijder (marron). Par ailleurs, l’Espagne est en surnombre en cas de perte de balle dans le couloir. Il n’en faut pas plus à Navas pour tenter sa chance le long de la ligne avec un magnifique crochet extérieur.

C’est le jackpot. Navas efface son premier adversaire et prend tout le monde de vitesse. Les Pays-Bas étant dix, la défense ne prend pas le risque de monter plus tôt que dans son propre camp et la sentinelle restée en couverture retarde au maximum son déplacement vers le porteur de balle pour éviter d’ouvrir un angle de passe trop important. Sneijder, Elia et Van Bommel ont en plus suivi Navas. Alors que le premier aurait peut-être pu se contenter de se replier plein axe… Navas repique intérieur et attire Braafheid (le latéral gauche) venu à sa rencontre.

Avec une petite dose de réussite, le ballon qui sort du duel Navas/Braafheid/Van der Vaart atterit dans les pieds d’Iniesta aux abords du rond central. Mis à part Robben, c’est tout le milieu de terrain néerlandais qui a été mis hors de position par la course de l’ailier du FC Séville (Sneijder, Elia, Van Bommel et Van der Vaart). Tout le monde étant côté gauche, Iniesta poursuit le changement de jeu opéré par Navas et talonne immédiatement pour Fabregas qui a suivi le mouvement depuis l’axe du terrain.

Là où la différence se fait. Même sans le ballon, Navas poursuit sa course latérale. La raison ? Peut-être qu’il ne s’en aperçoit pas mais il embarque dans son sillage Braafheid, censé couvrir le côté gauche de la défense néerlandaise. Personne ne compense son déplacement qui protège la défense centrale : Sneijder est arrêté (en haut de l’image) et les autres milieux de terrain, y compris Robben qui s’est replié pour géner Fabregas, ne se préoccupent que du ballon. Iniesta sent parfaitement le coup et se lance dans l’intervalle.

On en arrive alors au déclenchement du mouvement final. Comme vous pouvez le constater, trois Espagnols sont intercalés entre les trois défenseurs et les cinq milieux de terrain néerlandais. Braafheid n’est pas supplée. Le ballon arrive alors à Torres qui devrait être aveugle pour ne pas voir qu’Iniesta est démarqué. La suite suit logiquement et l’Espagne est championne du monde. On retiendra de cette action : l’énorme travail de Jésus Navas, la fluidité de l’action grâce à Iniesta et Fabregas et surtout l’oubli total de compensation du milieu néerlandais, Sneijder en tête… Ballon d’Or vous dites ?

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