[Bandelettes – n°4] Les quatre fantastiques de l’OL

En attendant que l’équipe de France prenne ses droits demain soir sur e-foot, j’ai décidé de rester pour un article supplémentaire sur le spectacle offensif exceptionnel offert hier soir par les deux Olympiques. Et je vais particulièrement insister sur le cinquième but de l’OL, chef d’oeuvre collectif du plus beau quatuor offensif du moment. Pour ceux qui débarqueraient de je ne sais où, il est composé de Miralem Pjanic, Michel Bastos, Lisandro Lopez et Bafetimbi Gomis. Cette bandelette est dédiée à tous les gens persuadés que l’OL a un problème offensif lorsque Puel décide d’aligner des ailiers inversés.

OL4fanstastiquesAvant d’entrer dans le vuf du sujet, je vais vous raconter une petite histoire sur la genèse de cet article. C’était mercredi soir, Lyon recevait Liverpool et, pour l’occasion, Claude Puel avait décidé d’aligner le quatuor offensif qui avait laminé Anderlecht au mois d’août dernier : Pjanic en relayeur-meneur, Lisandro sur l’aile gauche, Bastos sur l’aile droite et Gomis à la pointe de l’attaque. Voyant les difficultés lyonnaises pour mettre en danger l’arrière-garde de Liverpool, les consultants de TF1, Jean-Michel Larqué et Bixente Lizarazu pour ne pas les nommer, ont immédiatement pointé du doigt ce choix de l’entraîneur d’inverser ses ailiers et de priver Lisandro de la pointe de l’attaque. Le but marqué par l’Argentin en toute fin de rencontre les a confortés dans leur sentiments initiaux : « les ailiers inversés, c’est pas bien » ou encore « Lisandro, c’est en pointe et nulle part ailleurs ».

ol_om5emeDommage pour eux, l’action la plus aboutie de l’OL face à Marseille me paraît se développer dans l’organisation-logiquement-type de Puel en Ligue des Champions. Voyez plutôt ci-dessus. L’action démarre par une récupération de Gomis aux abords du rond central. L’avant-centre sert Pjanic qui se lance dans un rush balle au pied façon numéro 8. Dans le même temps, Lisandro repique de l’aile gauche vers le centre du terrain pour fixer les défenseurs centraux marseillais. Pjanic s’appuie dessus, l’Argentin sert Gomis qui la remet au Bosniaque parti dans l’intervalle entre Bonnart et les deux Marseillais au marquage de Lisandro. Sur le côté droit, Bastos suit l’action depuis maintenant plusieurs secondes ; voyant Pjanic partir seul face au but, Heinze lâche le marquage du Brésilien. Altruiste, le Bosniaque n’a plus qu’à servir Bastos sur un plateau. L’ancien Lillois termine le travail après s’être remis sur son pied gauche.

Mis à part cet exemple, les preuves de la réussite de ce système offensif s’est déjà vu en début de saison : les « Quatre Fantastiques » avaient notamment été étincelants lors du match aller face à Anderlecht. Bref, tout ça pour dire que Lisandro à gauche et Gomis dans l’axe, ça a et ça peut encore marcher, tout comme Benzema à gauche et Fred dans l’axe à l’époque. D’ailleurs, lorsque l’OL dans cette configuration, il me faisait bien plus peur qu’avec Benzema seul en pointe. Et c’est la même aujourd’hui. Pourquoi ? Tout simplement parce que la présence d’un second attaquant de pointe « de formation » offre des possibilités de permutations beaucoup plus importantes et donc plus de solutions pour déstabiliser la défense adverse. Dès lors, si l’on possède deux pointes de talent dans son effectif dont une capable d’évoluer sur une aile, pourquoi s’en priver ? Surtout si celle-ci a déjà joué dans ce registre dans son ancien club (Lisandro à Porto).

Le cas de Michel Bastos en ailier inversé à droite, je l’ai déjà évoqué sur e-foot.eu (l’article, cliquez ici). Le gros point positif de ce positionnement est de lui ouvrir tout le terrain avec son pied gauche. Avec deux partenaires aussi habiles dans la profondeur que Lisandro et Gomis, un Bastos aligné à droite peut se trouver des positions de passes très dangereuses pour la défense adverse. Ces positions justement, il n’a jamais pu les trouver face à Liverpool, la faute à un côté droit en reconstruction pendant toute la première période. Réveillère et Pjanic sortis tour à tour sur blessure, l’OL a joué à l’envers pendant une bonne partie de la rencontre. Au lieu de remonter sa moitié de terrain par la droite et de renverser à gauche, les Lyonnais ont joué avec Lisandro au milieu de terrain et Bastos dans la profondeur. Par la suite, le changement d’organisation (4-2-3-1 avec Ederson en soutien de Gomis) a modifié le rôle de Lisandro qui devait plus défendre. Et ça, on est d’accord, ce n’est pas son registre.

Du coup, le coaching de Puel qui fait entrer Govou à la place de Gomis et passer Bastos à gauche et Lisandro en pointe tombe sous le sens. Les conclusions tirées hâtivement à la fin de la rencontre n’ont simplement pas pris en compte le contexte de celle-ci. Plutôt que de dire « ça, faut pas le faire » ou « moi, je n’aurai pas fait ça », demandons-nous plutôt pourquoi Puel a démarré le match dans cette configuration. Et les faits de jeu qui l’ont poussé à en changer. Ça fait réfléchir et c’est tout de suite plus intéressant non ? Qu’en pensez-vous ?

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3 réponses

  1. AzurGone dit :

    4 individualités aux origines et parcours différents mais qui arrivent à combiner ensemble de façon spontanée pour signer ce but qui fait penser au Barça…
    Alors certes, toute proportion gardée entre les quatre fantastiques du FC Barcelone saison 2007-2008 (Henry, Ronaldinho, Eto’o, Messi) et les quatre fantastiques de l’OL (Pjanic 19 ans, Gomis 24 ans, Bastos 26 ans, Lisandro 26 ans), il faut noter l’adaptation rapide au groupe, l’altruisme et le sens du but développé par chacun des 4 joueurs.

  2. Theo_17 dit :

    Je trouve que ce but ressemble énormément au premier but de Mirallas il y a 2 ans lors de la victoire 3-1 de Lille à Marseille

  3. AzurGone dit :

    http://www.youtube.com/watch?v=UEXpPmsLu10&feature=related
    En effet, l’égalisation Lilloise est très similaire à ce but.
    A noter que Makoun n’a pas forcément d’autre choix que de faire la passe compte tenu de la sortie de Mandanda.
    Une construction propre au tacticien Claude Puel alors ?

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