[Bandelette n°10] « La verticalitééééééééé ! « 

AdNe vous inquiétez pas des nombreux accents aigus, c’est un petit clin d’oeil personnel. Imaginez juste quelqu’un en train de hurler ce titre dans un stade quelconque qui pourrait être le plus grand de France. Faute d’inspiration, j’attendais France-Espagne pour vous proposer une analyse béton. Coup de bol ce soir, le trio Kaka-Grafite-Robinho a sorti une action magique face à l’Irlande, le dernier adversaire des Bleus. Toute en utilisation de la profondeur, une arme qui a cruellement manqué aux Bleus lors du match retour face aux « Boys in Green ». Allez, hop on décortique !

Avant d’entrer dans le détail de l’action, un petit mot sur les forces en présence comparées à celle alignées par Raymond Domenech le 18 novembre dernier au Stade de France. Pas la peine de vous faire relire mon analyse du barrage retour (enfin, au cas où elle est ici), je préfère vous faire un résumé de ce qui nous intéresse en quelques lignes : les Irlandais étaient venus avec un bloc très compact composés de deux lignes de quatre derrière ayant pour but de ne laisser que très peu d’espaces pour les infiltrations d’Anelka, Henry ou Gourcuff entre elles. Résultat, on avait eu la tristesse de voir des offensifs français bloqués après leurs décrochages face à la première ligne irlandaise, Anelka et Henry traînant parfois dans la même zone que Lassana Diarra. Ayant pour consigne de rester devant pour peser sur la défense centrale, Gignac s’était du coup retrouvé complètement esseulé et n’avait pas touché une bille jusqu’à sa sortie. Sans point d’appui et sans détonateur dans l’axe, les Français étaient condamnés à passer par les côtés où ils se sont ensuite souvent enfermés, par manque de vitesse.

Au départ de cette bandelette, on distingue parfaitement les deux lignes de quatre joueurs sur lesquelles s’étaient heurtés les Français pendant une centaine de minutes. Bon, on balaie tout de suite les critiques faciles : oui, ce n’était cette fois qu’un match amical et oui, les Irlandais étaient sans doute moins agressifs hier soir qu’en novembre dernier. Maintenant que ces remarques sont faites, si j’en vois un qui poste un commentaire de ce genre, je peux tout à fait l’insulter… Bref, au départ de l’action : Robinho légèrement excentré côté gauche sert Kaka plein axe. Le Galactique voit venir à lui le milieu axial droit irlandais au moment de se mettre dans le sens du jeu. Entre les deux lignes, on distingue Grafite, suivi par le défenseur axial gauche pour sa part. Calme jusqu’ici, le tempo s’accélère brusquement grâce au décrochage de l’attaquant de Wolfsburg qui va recevoir le ballon de Kaka.

Au lieu de rester immobile et de voir son attaquant tenter de se retourner face aux deux défenseurs centraux de l’Irlande, Kaka prend l’espace et sollicite le une-deux avec son partenaire. Monté au pressing pour empêcher la passe, le milieu axial droit irlandais tente de le suivre mais le Madrilène est plus rapide et peut recevoir la remise en une touche de Grafite. Ce une-deux déstabilise une première fois le bloc irlandais : alors que son partenaire de l’axe était au marquage de Kaka, le milieu axial gauche n’est pas venu coulisser pour fermer la petite brèche. Tout le bloc irlandais ayant reculé, Robinho repique dans la zone de l’axial droit irlandais et peut recevoir la talonnade de Kaka dans la pieds, dans la course et surtout dans le bon tempo. On arrive ici à la deuxième phase de désorganisation du bloc des Verts, celui qui va arriver au but. Vous noterez qu’en plus de la solution axiale que va choisir le (re)star du Santos, les deux ailiers brésiliens sont libres de tout marquage.

En un une-deux, Kaka et Grafite ont gagné une quinzaine de mètres ; sur le deuxième, quasiment copié-collé, Robinho et Grafite vont gagner les dix mètres restants pour se retrouver en position de tir. Et le plus étonnant, c’est qu’ils vont appliquer exactement le même schéma que celui tenté et réussi quelques secondes plus tôt. Plein axe, Robinho est assez rapide pour libérer son ballon entre les milieux axiaux gauche et droit de l’Irlande. La suite suit : les deux défenseurs centraux irlandais s’intéressent uniquement à Grafite et ne suivent pas la montée du milieu de terrain. Intelligent, celui-ci s’engouffre sur le côté droit de la défense, déjà bien perturbé par la montée de Kaka. Ensuite, c’est la classe qui parle : en deux touches de balle dont une autre talonnade, Grafite met dans le vent ses deux gardes du corps et offre un caviar pour son coéquipier qui termine par une frappe enroulée du gauche.

C’est bien, c’est beau, c’est propre. Deux une-deux et une talonnade, il n’a pas suffit de grand chose aux Brésiliens pour faire voler en éclat un bloc réputé en France pour sa solidité depuis maintenant cinq mois. Ne soyons pas de mauvaise foi, des joueurs de la classe de Robinho et Kaka, la France n’en a sans doute pas. En tout cas, elle

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4 réponses

  1. Jibou dit :

    Ce n’était cette fois qu’un match amical et les Irlandais étaient sans doute moins agressifs hier soir qu’en novembre dernier.

  2. Plé dit :

    Très bonne analyse…

    Je suis assez curieux de savoir ce qui aurait permis à l’Irlande d’éviter ce but… Hormis l’erreur individuelle du milieu axial gauche…

  3. Florent dit :

    @Jibou : Pitre :)

  4. Bastien dit :

    En même temps, il faut bien avouer qu’il n’a pas tout à fait tort le Jibou… :)