[Bandelette – n°7] Numéro 8, numéro 10, meneur ?

Ah, le fameux beau jeu, si difficile à cerner tant il peut prendre des formes différentes. En deux séances-bandelettes, j’ai décidé de vous décortiquer deux belles actions menant à un but complètement opposée l’une de l’autre. Ironie du sort, cela concerne des buts inscrits par les deux rivaux de la Ligue 1 version 2008/2009 : les Girondins de Bordeaux et l’Olympique de Marseille. Premier décryptage ce soir avec l’attaque placée qui a permis aux Bordelais de prendre trois points samedi soir face au Paris Saint-Germain. Et qui me permet en prime d’introduire quelques raisonnements tactiques sur certains postes du football actuel.

BORDEAUX_PLASIL_021209C’était semble t-il l’évènement tactique du week-end : Yoann Gourcuff a fait son retour dans le onze bordelais au poste de milieu relayeur, Laurent Blanc préférant reconduire Plasil en soutien de Marouane Chamakh. Ceux qui me lisent depuis quelques temps déjà connaissent mon avis sur le sujet et ne seront donc pas surpris d’apprendre que ce choix, actuellement, me paraît être le meilleur pour l’équilibre des Girondins. Pour les autres, je vais me répêter : Gourcuff est pour moi un milieu relayeur de formation qui peut évoluer plus haut s’il est dans une forme optimale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. A tout ceux qui s’enflamment contre ce choix de Laurent Blanc, prétextant que Gourcuff est un meneur de jeu, je leur rappellerai que le meneur de jeu des années 2000 n’est plus un numéro 10. Et que le numéro 10 n’est plus, non plus, forcément un meneur de jeu.

bandelettepsg1fTransition parfaite, sur cette action, Yoann Gourcuff tire profit de ce positionnement plus en retrait pour faire la bonne passe qui va lancer tout le mouvement. Représentés en rouge (image 1), c’est l’ensemble du milieu parisien qui est battu sur la transmission de l’international français pour Grégory Sertic. En repiquant dans l’axe, ce dernier attire sur lui son adversaire direct, le latéral droit parisien (image 2) ce qui libère un véritable boulevard à Benoît Trémoulinas. Intelligemment, Sertic évite les gris-gris et se contente de deux touches de balle pour faire sa passe avant que Ceara et Chantôme n’ait le temps de fermer l’angle de passe. Signalé par un trait rouge sur les deux dernières images de la première bandelette, on s’aperçoit que Plasil, le futur buteur, prend de plus en plus ses distances avec Jérémy Clément qui semble ne s’intéresser qu’au ballon.

Décalé, Trémoulinas a le temps de prendre les informations en attendant que Chantôme vienne lui fermer la porte. Le latéral bordelais se sert de la course de Sertic (image 3) pour feinter son vis-à-vis et repiquer vers l’angle de la surface (image 4). Chantôme est battu, Ceara et Makelele tentent de fermer la porte au latéral bordelais et aux abords de l’arc de cercle, Clément a complètement oublié Sertic parti dans son dos. On se retrouve alors dans une situation de deux contre trois dans la surface parisienne. Sakho est au marquage de Chamakh, Traoré n’a personne dans sa zone et Armand ne s’attend clairement pas à voir débouler Plasil dans la sienne. Au moment où Trémoulinas déclenche la dernière passe, le latéral gauche parisien est pris de vitesse par le Tchèque, tout comme Sakho qui ne s’aperçoit que trop tard que le ballon n’arrivera pas jusqu’à Chamakh (image 5 et 6).

bandelettepsg2fHistoire d’en remettre une couche sur ma théorie milieu relayeur/numéro 10, je vais me servir de cette action en exemple, avec une bonne dose de mauvaise foi pour généraliser. Qui fait la passe vers l’avant qui déclenche l’action ? Le milieu reculé, le numéro 8, le relayeur, le meneur de jeu : appelez-le comme vous voulez. Qui la termine sans y participer jusque-là ? Le numéro 10, l’attaquant de soutien. Cette action est un excellent exemple de l’évolution des deux postes dans le football actuel. Le meneur de jeu évolue plus bas pour se défaire du pressing des lignes de défense toujours plus resserrées ; le numéro 10 est aujourd’hui un attaquant de soutien, plus attiré par le but que par la création et l’orientation du jeu : le fameux 9 1/2 quoi… Pour aller au bout de ma pensée, qui devrait vous faire réagir je l’espère, le numéro 10 tel qu’on l’imagine a disparu sur un coup de tête le 9 juillet 2006. Etonnant non ?

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1 réponse

  1. Pakito dit :

    Tu as tout dit, j’aime l’idée d’un Gourcuff en 8, je pense qu’il peut se découvrir un style à la Gerrard, tout en efficacité et en pureté.

    Faut dire aussi que Domenech a eu l’air d’apprécier, ce qui permettrais aux Bleus d’évoluer dans un registre plus offensif puisque Yohann remplacerait Lass’ ou Toulalan, et apporterait une impulsion vers l’avant.

    Vivement la suite !

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