[Bandelette n°13] La séance vidéo du but mexicain

Celle du but tunisien m’avait valu d’être cité par la page mondial de Slate.fr alors j’ai décidé de remettre ça : la bandelette d’e-foot.eu fait son retour pour décortiquer l’ouverture du score mexicaine. Pourquoi Marquez a t-il joué dans un fauteuil ? Pourquoi Abidal a couvert Hernandez ? Bref, pourquoi les Français se sont-ils fossoyés comme des gros pitres ? C’est ce que nous allons essayé de comprendre ici et maintenant.

Tout est parti d’une action des plus anodines au milieu de terrain… En tout cas par rapport à ce que les Mexicains nous avaient montré jusque-là. Ce matin dans l’analyse, au moment d’évoquer l’animation mexicaine, je vous avais parlé des décrochages de Guille Franco qui attirait la défense adverse et libérer les flèches Vela et Giovani dans la profondeur. Sur cette action de jeu, Hernandez va faire les deux à lui tout seul. Sur la première image, on le voit donc quitter sa position en n’étant pas suivi par Abidal ou Gallas. A ce moment-là de la partie, les deux hommes avaient peut-être décidés de ne plus suivre les décrochages des attaquants adverses, préférant certainement jouer les couvertures en cas d’appels dans la profondeur…

Avant d’enchaîner, on notera le positionnement du milieu de terrain français, très compact pour enfermer le Mexique dans son couloir (trio Govou, Sagna, Toulalan à droite). A relever aussi, le positionnement d’Abou Diaby qui s’oppose à Torrado pour lui bloquer la profondeur mais n’est absolument pas au courant du décrochage de Hernandez à sa gauche. Résultat, le futur attaquant de United est servi entre le Gunner et Malouda. Sans se poser de questions, il remet en retrait dans une zone qui est complètement désertée par l’équipe de France. Dans celle-ci, Marquez et Torrado ont tout le loisir de faire leur choix, le plus simple étant d’écarter côté droit où un un-contre-un peut déjà se jouer entre Evra et Barrera en bas de l’image.

Le ballon traîne dans la zone sans français. Abidal a le cul entre deux chaises : un pas en avant pour deux pas en arrière. Nous sommes à la 63ème minute de jeu, la France a déjà eu très chaud sur deux ouvertures en profondeur de Rafael Marquez. Torrado le regarde, le Catalan est déjà lancé. Il a senti l’appel de Hernandez dans la profondeur. Abidal aussi l’a senti. Après une hésitation qui lui a fait faire quelques pas en avant au moment du décrochage (image 3), le voilà qui recule pour suivre la course de l’attaquant mexicain (image 4). Mal lui en prend. Alors que Gallas remonte légèrement, Abidal s’enfonce vers le but de Lloris et fera son pas en avant un dixième de seconde trop tard. La suite, on la connaît tous. Elle est visible sur Panenka.fr.

Evidemment, la défense française et son alignement hasardeux (pendant toute la rencontre d’ailleurs) est la cible facile. Mais si l’on y regarde de plus près, on peut se demander pourquoi les Bleus ne défendent-ils qu’à huit sur cette action. En d’autres termes, où sont les deux grands bonhommes du jour, Franck Ribéry et Nicolas Anelka ? Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas la première fois que Marquez se retrouvait dans une telle position. Dans beaucoup d’équipes qui doivent défendre sur une milieu de ce genre, un joueur à vocation offensive est constamment sur son dos, ne serait-ce que pour l’empêcher de trouver la profondeur. Sneijder le faisait dans le système de Mourinho à l’Inter par exemple. En opposant les deux feuilles de match, c’est un rôle qui aurait dû incomber à Ribéry. Cela n’a pas été fait. Et ça a payé à un moment donné.


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2 réponses

  1. Will dit :

    C’est bon cette petite analyse monsieur!

  2. Jeux de foot dit :

    Merci pour l’analyse..V’est un des rares articles ou on parle encore de football et non des acteurs du Dallas à la Française

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