AS Rome 0-1 Inter Milan, l’analyse tactique

Le titre hors de portée, la campagne européenne terminée, la Roma et l’Inter n’ont plus que la Coupe d’Italie pour remporter un titre cette saison. Les deux formations, entraînées par deux jeunes entraîneurs (Montella et Leonardo), se sont retrouvées ce mardi soir au Stadio Olimpico pour disputer la première demi-finale aller de la compétition (la seconde opposera Palerme au Milan AC). Après 90 minutes, l’Inter sort avec plusieurs avantages : au niveau comptable grâce au magnifique but de Stankovic et sur le plan tactique avec un plan de jeu qui a corrigé les failles constatées face à Schalke la semaine dernière.

Les compositions :

Battu par Palerme le week-end dernier, Montella décide de faire plusieurs changements dans son onze de départ. Si De Rossi et Pizarro sont inamovibles dans l’entrejeu, Totti, Menez et Rosi sortent du onze de départ au profit de Borriello et Vucinic qui étaient entrés en jeu samedi, ainsi que Perrotta. Derrière, Juan fait son retour dans l’axe aux côtés de Burdisso : Doni – Cassetti, Burdisso, Juan, Riise – Pizarro, De Rossi – Taddei, Perrotta, Vucinic – Borriello.

Côté Milanais, Leonardo fait lui aussi tourner son groupe mais y ajoute en plus un changement d’organisation de jeu. Le losange au milieu de terrain laisse sa place à un 4-2-3-1. Écarté du groupe qui a fait le déplacement à Parme, Maicon fait son retour et éjecte Chivu du onze de départ. A la pointe de l’attaque, Milito est préféré à Eto’o et Pazzini qui ont joué samedi : Julio César – Maicon, Lucio, Ranocchia, Nagatomo – Stankovic, Cambiasso – Zanetti, Sneijder, Pandev – Milito.

Zanetti ou le concept de l’ailier bas :

Les premières minutes de la rencontres en disent beaucoup sur les intentions des deux équipes. L’Inter essaie de presser haut, la Roma est plus attentiste. Au centre de ce combat, Davide Pizarro est la principale cible du pressing adverse. Sneijder et ses coéquipiers essaient à tout prix de l’empêcher de trouver Borriello dans la profondeur. L’ancien attaquant du Milan AC profite du bloc haut milanais pour partir dans le dos des latéraux et ainsi jouer des duels avec Lucio ou Ranocchia.

A l’inverse, l’Inter est moins direct et construit le jeu en priorité par les côtés. Aux côtés de Cambiasso lorsque l’équipe doit défendre, Stankovic se porte vers l’avant dès que possible, l’Inter passant alors d’un 4-2-3-1 à un 4-1-4-1 avec le seul Cambiasso en couverture. Sur les côtés, les paires se forment. A gauche, c’est du grand classique avec l’ailier Pandev attiré vers l’intérieur et Nagatomo qui dédouble. A droite, le duo Zanetti-Maicon est beaucoup plus original. Et mérite une analyse plus approfondie.

Pour bien démarrer, il faut commencer par une description des forces en place sur cette aile droite de l’Inter. Concernant les duos dans les couloirs, Zanetti (4) et Maicon (13) sont opposés à Riise (17) et Vucinic (9). Assez libre en phase offensive puisqu’il n’hésite pas à rentrer dans l’axe pour chercher Borriello (flèche jaune), le Monténégrin est focalisé sur le marquage de Maicon lorsque la Roma n’a pas le ballon. A l’instar de Sarpei la semaine dernière (voir l’analyse tactique de Schalke-Inter), il est là pour l’empêcher de prendre de la vitesse.

Mais à l’inverse de la première mi-temps du match de Ligue des Champions, Maicon a cette fois un partenaire devant lui : Javier Zanetti. Loin de l’ailier de débordement ou de percussion, le capitaine de l’Inter est avant tout là pour se rendre disponible et servir de rampe de lancement au Brésilien. Zanetti navigue ainsi entre la ligne de touche et le rond central, sans véritable adversaire direct : Riise ne sort que très rarement de sa ligne de défense en raison de la tendance de Milito à prendre les espaces sur cette aile.

De cette façon, il est une solution facile à trouver pour ses défenseurs. Lorsqu’il décroche, Maicon compense en montant et lui offre une solution (flèche grise) ; Riise restant très bas la plupart du temps, Vucinic est obligé de suivre le Brésilien. Rapidement, De Rossi (16) se rend compte qu’il se doit de réagir sous peine de voir le latéral de l’Inter en capacité d’arriver lancé dans le couloir. Le capitaine de la Roma dézone pour couvrir… Et il libère ainsi des espaces dans l’axe pour Stankovic (5). Et lorsque le Serbe monte, Zanetti glisse sagement en soutien/couverture (flèche blanche).

La réponse de la Roma :

Après avoir été dominé au milieu de terrain en grande partie à cause de ce triangle sur son côté gauche en première mi-temps, Montella décide de corriger le tir au retour des vestiaires. Véritable attaquant de soutien en première période, Perrotta est moins visible sur le plan offensif. Désormais, Borriello est principalement soutenu par les incursions dans l’axe des deux joueurs de couloir (Vucinic et Taddei). Les latéraux sont dès lors plus présents sur les phases offensives (Cassetti trouvera notamment plusieurs positions de centre, Riise moins en raison du repli de Zanetti) et c’est tout le bloc romain qui monte d’un cran.

La blessure de Borriello à l’heure de jeu va perturber ce nouveau plan qui permet à la Roma de faire face au Milan. Jusque-là, l’animation était attiré par le but adverse : on avait Vucinic vers l’axe pour solliciter des une-deux avec Borriello et Taddei plus enclin à créer des situations de décalage pour Cassetti dans le couloir droit (avec Vucinic et Borriello dans la surface de réparation). Derrière, Perrotta était présent au pressing et sur les seconds ballons, Pizarro ratissait et organisait le jeu tandis que De Rossi apportait parfois sa présence à l’avant tout en gardant un oeil sur la relation Maicon-Zanetti.

L’entrée de Ménez à la place de l’ancien Milanais transforme l’animation. Le Français est moins attiré par le but et se lance dans des courses transversales qui le font arriver sur l’aile droite où il est plus enclin à enchaîner débordement et centre. Problème, si celui qui remplace Vucinic à gauche reste principalement sur les côtés, la Roma a besoin d’une présence supplémentaire dans l’axe pour être à la réception de ses centres. Perrotta reprend donc le rôle jusqu’à son remplacement par Fabio Simplicio qui en fera de même.

Dès lors, des espaces se libèrent au milieu de terrain et, à plusieurs reprises, les Intéristes se retrouvent avec des contres à négocier. Pour les lancer, on retrouve le plus souvent Maicon dans le couloir droit puisque son adversaire direct a l’habitude de dézoner en phase offensive. De l’autre côté, la tâche revient généralement à Sneijder qui joue les relais entre ses relanceurs et le duo Pandev-Milito (puis Pazzini). Dans ces conditions, les vingt dernières minutes nous offrent un spectacle sans bataille dans l’entrejeu mais les défenses resteront maîtres des deux côtés.

Conclusion :

Un match pas déplaisant, marqué par un but merveilleux et une réponse très intéressante aux problèmes qu’avait connu le 4-2-3-1 de l’Inter à Schalke. Une fois de plus, Zanetti a été parfait dans toutes ces compensations et ses deux partenaires les plus proches ont su en profiter (Maicon, actif malgré de la maladresse dans le dernier geste, et Stankovic, tout bonnement excellent). En face, la Roma avait, semble t-il, une formule intéressante pour contrer l’Inter en début de deuxième mi-temps mais la blessure de Borriello a rendu les choses plus compliquées.

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1 réponse

  1. Guess dit :

    Super analyse encore une fois.

    Avec les félicitations du jury.

    Keep goin’

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