Arsenal 2011 / Inter 2010 : les différences-clés

Plusieurs jours sont passés, le carton rouge de Van Persie a été oublié… Peut-être grâce à la lecture de l’analyse de la rencontre qui vous a fait comprendre qu’Arsenal n’avait de toute façon aucune chance d’espérer quoi que ce soit, ou presque, au Camp Nou. Avec le recul, et désolé pour les fans des Gunners pour qui cela peut paraître douloureux, il est temps de revenir sur ce Barcelone-Arsenal en le comparant avec le retour entre l’Inter et le Barça la saison dernière. Car des points communs et de grosses différences sont intéressantes à pointer dans les prestations anglaise et italienne.

Le système :

On démarre par un point commun. Mourinho et Wenger ont, à l’aller comme au retour, utilisé le même système de jeu, le 4-2-3-1. Il s’agit peut-être du système de jeu le plus facile à mettre en place quand un entraîneur souhaite défendre. Chaque joueur a une zone bien précise à couvrir dans sa moitié de terrain et, contre une équipe évoluant en 4-3-3 comme Barcelone, un adversaire direct a priori bien défini pou les milieux de terrain. Les deux axiaux sont sur les deux relayeurs, le meneur est sur la sentinelle, les ailiers suivent les latéraux et ainsi de suite…

Lorsque l’équipe doit se replier autour de sa surface, les options sont multiples. Sur le décalage d’un latéral par exemple, l’ailier va au pressing pendant que le latéral tente l’interception avant le premier poteau. Dans ce cas, les défenseurs centraux coulissent au premier et au second poteau et le milieux axiaux ne doivent pas oublier de couper la solution souvent fatale de la passe en retrait (n’est-ce pas Tino Costa ?). Dans son application, Arsenal et l’Inter ont plutôt bien maîtrisé ce type de repli… Jusqu’à ce que Pedro et Villa ne commence à décrocher pour attirer leur latéral et ouvrir l’espace pour une passe en profondeur dans le dos de ces derniers.

Mais ces déplacements des ailiers catalans ont surtout porté leurs fruits face à Arsenal où Daniel Alves et Adriano ont croqué plusieurs situations de ce type alors qu’une passe dans le rythme suffisait pour corser l’addition. Et pour cause, l’Inter avait une autre force lors de sa qualification au Camp Nou : des milieux axiaux dotés d’une véritable science du placement défensif. Pour rappel, les Milanais avaient débuté la rencontre avec une paire Cambiasso-Motta avant que l’Italien ne se fasse expulser. Derrière, Zanetti a glissé dans l’axe, laissant le marquage de Messi (qu’il avait complètement éteint à l’aller) à Chivu et forçant Milito à défendre sur Daniel Alves.

Les milieux axiaux :

On tient là la principale différence entre l’Inter 2010 et Arsenal 2011. Outre le fait de couper la solution directe entre Ibrahimovic (et oui, ça remonte) et ses milieux de terrain), les deux Argentins n’ont pas non plus hésité à se joindre à la ligne de défense lorsque Xavi ou Keita se projetait pour apporter une solution supplémentaire. Généralement, un seul Catalan montait ce qui faisait passer Cambiasso ou Zanetti dans l’axe aux côtés de Samuel et Lucio. Logiquement, la défense s’adaptait et les latéraux couvraient alors en partie les couloirs. Dans ce cas, les ailiers (Eto’o et Milito) resserraient généralement la première ligne autour de l’autre milieu axial (flèches blanches).

La deuxième grosse différence tactique entre Arsenal et l’Inter se trouve toujours au milieu de terrain et concerne le joueur à la pointe du triangle : Fabregas d’un côté et Sneijder de l’autre. Même en mettant de côté sa talonnade raté offrant le premier but au Barça, Fabregas a réalisé un travail défense très faible comparé à celui du Néerlandais. A onze contre onze comme à onze contre dix, ce dernier n’avait pas arrêté de harceler les milieux adverses qui traînaient dans sa zone. Principale victime, Xavi avait eu beaucoup de mal à trouver les angles de passe pour décaler ses latéraux sur orbite et la circulation catalane était généralement très ralentie.

Le facteur Iniesta :

On ne saura malheureusement jamais ce qu’il serait advenu de la demi-finale de 2010 si le numéro huit du Barça l’avait disputée… Mais son poids dans tous les grands matchs (finale du Mondial, Chelsea 2009, Arsenal 2011) peut laisser imaginer que l’Inter n’aurait peut-être pas résisté. Tactiquement, Iniesta aurait notamment pu apporter la capacité de percussion et d’élimination plein axe qui manquait au Barça face à Sneijder et les autres. Xavi et Keita ont beaucoup de qualités mais pas celle-là. Et le second but du Barça face à Arsenal, où Iniesta efface Rosicky venu le presser avant de transpercer le duo Diaby-Wilshere peut donner des regrets aux supporters catalans.


Le but est toujours à 1’54, et s’il est possible d’imaginer Sneijder à la place de Rosicky, le comportement de Wilshere-Diaby est sans doute très éloigné de celui qu’aurait eu la paire Cambiasso-Zanetti…

Suite et fin :

A l’époque de la qualification de l’Inter, beaucoup avaient salué (ou critiqué) la capacité de Mourinho à transformer des attaquants en purs défenseurs (Eto’o et Milito). Cette facette de la qualification milanaise avait repoussé dans l’ombre l’énorme performance défensive du bloc de six (4+2) . Moins d’un an plus tard, c’est justement cette performance qui a tant fait défaut à Arsenal : cette capacité à s’articuler de différentes manières afin à répondre à toutes les situations et à toutes les attaques préparées par l’adversaire (selon la zone, selon le rythme etc…). Et moins d’un an plus tôt, il manquait la présence d’un Iniesta au collectif du Barça pour qu’il puisse varier son jeu et tester autrement la défense de l’Inter…

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2 réponses

  1. Londoner dit :

    j’ajouterai quand meme que Arsenal pour moi en 1ere mi tps gere parfaitement le coup, avec un bloc tres ressere mais pas du tout bas. d’ailleurs il devait y avoir 25 voir maxi 30metres entre van persie et les def centraux. avec une defense positionnee tres haute ! (a 30,40 metres de son but souvent)
    Barcelone se cree 2 occasions (dont un poteau de Adriano je crois) mais Arsenal semble parfaitement en place. Jusqu’a l’erreur de fabregas Wenger pour moi reussit son coup. Faut se souvenir que le Barca a tente pas mal d’ouvertures longues dans les diagonales pr faire reculer ce bloc justement conduisant a de nombreuses positions de hors jeu …

    La ou se fait la grande diff c’est quand Arsenal passe a 10 contre 11, c’est la ou on remarque que notamment les milieux d’Arsenal n’ont pas la science du placement, de la couverture de zones et du blocage des passes qu’ont eu ceux de l’Inter. Zanetti et cambiasso avaient ete monstrueux en effet a cette epoque et Messi etait totalement anhile …

    Iniesta est le facteur cle de ce match. malgre le jeu leche et les dedoublements barcelonais il faut 2 exploits pr qu’ils marquent les 2 premiers buts. le 1er but vient d’une recup haute et d’une passe geniale de Iniesta qui elimine 3 anglais, tandis que le second vient carrement d’un exploit technique. d’ou on en revient aux grands joueurs presents ds les grands moments

    et puis parle quand meme de Ibrahimovic qui est remplace ds le systeme par Villa (mais Villa a gauche pas ds l’axe, occupe par Messi et Pedro a droite avec des permutations frequentes rendant leur deplacement plus difficiles a anticiper. La ou Ibra ne savait que jouer ds l’axe l’an dernier) et face a des defenses regroupes ce qu’il faut ce sont des automatismes de jeu et de deplacement/appel de balle. Villa est parfaitement rode car il joue deja ce jeu la ac l’espagne tandis que Ibra semblait perdu (match fantome contre l’Inter l’an dernier)
    l’exemple c’est le but du 2-1 par Xavi ou iniesta fait la difference mais Villa fait la remise parfaite ds la course …

  2. Ibra, je me suis fait la remarque en discutant de l’article avec un pote en effet :)

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