Arsenal 1-0 Manchester United, l’analyse tactique

A la base, il y a quelques semaines, cela devait être le match qui déciderait du futur champion d’Angleterre. Finalement, cet Arsenal-Manchester a complètement relancé la course au titre puisque la défaite des Red Devils a permis à Chelsea de revenir à seulement trois longueurs (voir la review de la 35ème journée). En attendant le choc entre les deux formations la semaine prochaine, retour et analyse du choc du jour. Ou l’absence de dernière minute de Fabregas a complètement perturbé les plans mancuniens.

Les compositions :

Blessé au cours d’un entraînement précédant la rencontre, Fabregas s’est installé en tribunes et a pu observer Ramsey prendre sa place dans le onze de départ d’Arsenal. Autour du Gallois, Wenger fait dans le classique puisque aucune autre absence n’est à déplorer au coup d’envoi de la rencontre : Szczesny (53) – Sagna (3), Djourou (20), Koscielny (6), Clichy (22) – Song (17), Wilshere (19), Ramsey (16) – Walcott (14), Nasri (8), Van Persie (10).

Habitué au turnover, Ferguson le limite pour ce match et conserve neuf des onze joueurs qui sont allés battre Schalke en milieu de semaine (voir l’analyse tactique). Giggs et Valencia sont mis au repos et remplacés par Anderson et Nani. Le retour du Portugais dans le onze envoie Park sur l’aile droite : Van der Sar (1) – Fabio (20), Ferdinand (5), Vidic (15), Evra (3) – Nani (17), Carrick (16), Anderson (8), Park (13) – Rooney (10), Hernandez (14).

Un mal pour un bien :

Lors du match aller (voir l’analyse tactique), comme pour tous les gros matchs, Ferguson avait adapté son système de jeu en sacrifiant une pointe pour densifier son milieu de terrain. Cette fois, l’Ecossais décide de reconduire son 4-4-2, qui avait réussi à dominer Arsenal en Cup il y a quelques semaines (voir l’analyse tactique). A l’époque, Fabregas était déjà absent mais Ramsey n’était pas encore prêt pour le suppléer. Or, l’entrée du Gallois a tout changé sur cette troisième confrontation.

En effet, à l’inverse de Fabregas, habitué à évoluer très haut et recherchant les espaces entre les lignes adverses, Ramsey redescend chercher des ballons à hauteur de Song et Wilshere. De fait, le duo habituel, souvent mis sous pression par le milieu de United lors des matchs précédents, se retrouve avec une nouvelle solution proche. Aidés par les montées des latéraux (qui fixent les ailiers dans les couloirs et les empêchent de venir aider Rooney au pressing dans l’axe) et quelques dézonages de Nasri, le trio de l’entrejeu des Gunners prend très vite le dessus face au duo Carrick-Anderson.

Conséquence de cette supériorité numérique d’Arsenal au milieu de terrain, le bloc mancunien a besoin du repli défensif de Rooney pour éviter de trop subir au milieu de terrain et ce, d’autant plus que Song ne se contente pas d’un simple rôle de sentinelle et se projette vers l’avant. Ainsi, comme le montre le schéma ci-dessus, Rooney suit Song à la trace jusque dans ses 30 mètres (et Song en fait d’ailleurs de même dans l’autre moitié du terrain). De fait, à l’avant, Hernandez se retrouve seul face au duo Djourou-Koscielny et n’a pas les qualités pour tenir le ballon en attendant que le soutien n’arrive.

Réponses :

Pour faire face à ce surnombre dans l’axe, Manchester United tente plusieurs formules. La première se résume à une reprise de ce qui avait parfaitement fonctionné face à Schalke 04 et profite de la polyvalence de Park. Lorsque United veut ressortir, le Sud-Coréen rentre dans l’axe et se place entre Anderson-Carrick et Hernandez, permettant ainsi à Rooney de remonter pour toucher le ballon plus haut. Problème, en cas de perte de balle, le côté droit (laissé par Park) est complètement ouvert pour les montées de Sagna.

Juste avant l’ouverture du score de Ramsey, Ferguson décide de prendre des risques et fait entrer Valencia à la place de Anderson. A défaut d’avoir la liaison entre Rooney et Hernandez, l’entraîneur mancunien compte sur la rapidité de l’Equatorien et de Nani pour pouvoir apporter rapidement le danger devant. Mais la présence de deux vrais ailiers ne résout pas les problèmes de United dans l’axe, d’autant plus que Park, replacé à la place d’Anderson, oublie de marquer Ramsey ce qui permet au Gallois d’ouvrir le score.

Les minutes passent et les limites de ce Manchester sont de plus en plus flagrantes. Rooney évolue toujours très bas, les ailiers aussi et Hernandez n’est absolument pas en mesure de résister en attendant ces premiers soutiens. L’entrée tardive de Berbatov à un quart d’heure de la fin offre un léger plus à l’animation mancunienne : plus fort dans le jeu dos au but et la conservation de balle, le Bulgare est à l’origine de quelques mouvements intéressants. Mais Szczesny et la défense d’Arsenal veille et l’entrée de Owen en dernier recours ne changera rien à l’affaire.

Conclusion :

Une fois n’est pas coutume, Ferguson a perdu une bataille. L’imprévu Ramsey, évoluant plus bas que Fabregas, a complètement mis à mal le plan mancunien, forçant Rooney à laisser Hernandez pour aider ses milieux et poussant Park à compenser dans l’axe, laissant libre son couloir. On pourra se poser la question de l’intérêt de ne faire entrer Berbatov qu’à un quart d’heure de la fin alors que son profil était certainement plus approprié dans ces conditions que celui de Hernandez. Gestion des troupes ? Arsenal s’en moque et décroche une victoire intéressante et qui offrira un argument supplémentaire en faveur du départ de Fabregas l’été prochain.

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