Arsenal 0-2 Liverpool, l’analyse tactique

La saison va être longue. Pour sa première à l’Emirates, Arsenal est tombé face à des Reds très solides et sûrs de leur fait au milieu de terrain. Rarement mis en grande difficulté par les Gunners, les hommes de Dalglish ont parfaitement su profiter de l’expulsion de Frimpong en fin de partie et ce, malgré des choix étonnamment conservateurs de la part de leur entraîneur.

Les compositions :

Huit absents, ni plus ni moins. Arsène Wenger doit composer son onze de départ sans spécialiste à gauche de sa défense. Sagna hérite du poste, laissant à Jenkinson le côté droit. Pour le reste, c’est du classique avec une surprise : la présence de Nasri sur la pelouse, en soutien de Robin Van Persie : Szczesny (13) – Jenkinson (25), Koscielny (6), Vermaelen (5), Sagna (3) – Frimpong (28), Ramsey (16) – Walcott (14), Nasri (8), Arshavin (23) – Van Persie (10).

Du côté des Reds, Kenny Dalglish décide de faire deux changements par rapport à l’équipe qui a concédé le nul la semaine dernière face à Sunderland (voir : Liverpool, classicisme et Suarez). Flanagan et Suarez sont sur la touche, respectivement remplacés par Kelly et Kuyt : Reina (25) – Kelly (34), Carragher (23), Agger (5), José Enrique (3) – Lucas Leiva (21), Adam (26) – Kuyt (18), Henderson (14), Downing (19) – Carroll (9).

La bataille du milieu de terrain :

La semaine dernière, la première sortie de Liverpool face à Sunderland avait laissé entrevoir de belles choses au milieu de terrain. Alors positionné sur le côté droit, Henderson rentrait très souvent dans l’axe pour combiner avec Adam et Lucas Leiva et créer le surnombre face aux deux milieux récupérateurs adverses. L’ancien des Blacks Cats en a fait de même face à Arsenal, mais d’une position différente.

Suarez laissé au repos par Dalglish, la première question qui se posait était de savoir qui tiendrait son rôle en soutien de Carroll. Si Henderson démarre la rencontre à ce poste, ses décrochages réguliers pour participer au jeu et créer le surnombre face à la paire Frimpong-Ramsey sont compensés par des déplacements dans l’axe de Kuyt. La réciproque est évidemment vraie : lorsque Kuyt rentre dans l’axe pour participer à la construction des actions, Henderson reste à l’avant pour offrir une solution courte à Carroll au cas où celui-ci serait sollicité en appui.

C’est d’ailleurs l’une des conséquences de taille de l’absence de Suarez. Ni Kuyt ni Henderson n’ont les qualités pour jouer dans son registre, notamment le fait d’être capables de décrocher pour offrir un appui et libérer proprement le ballon en une touche. Sollicité à plusieurs reprises dans cet exercice, Carroll souffre face à la charnière Vermaelen-Koscielny, avant de souffrir face à Vermaelen une fois le Français sorti sur blessure. Sans véritable point de fixation dans l’axe, Liverpool construit ses offensives calmement par les ailes où il bénéficie de son surnombre au milieu de terrain.

Outre le surnombre crée par la présence de Henderson avec Adam et Lucas Leiva, les montées des latéraux pour occuper les couloirs permettent aussi aux ailiers de rentrer dans l’axe pour participer au jeu avec leur trio du milieu de terrain. Si Kuyt évolue logiquement plus haut, Downing participe beaucoup aux échanges dans l’entrejeu. Résultat des courses, le jeu des Reds penche clairement à gauche en première mi-temps. José Enrique, Adam (voir Lucas Leiva) et Henderson ou Kuyt (selon le joueur restant en soutien de Carroll) combinent pour mettre Downing en situation de déborder face à Jenkinson…

Ou pour attirer le bloc d’Arsenal avant de renverser vers Kelly de l’autre côté. Kelly qui combinera ensuite avec l’attaquant de soutien (Kuyt ou Henderson) pour faire la différence face à Sagna. Généralement, Arsenal réussit à bloquer le flanc gauche de sa défense, Arshavin suivant les montées de Kelly. A l’inverse, Jenkinson est plus souvent mis en difficulté car Liverpool n’a pas besoin des montées de José Enrique (qui serait alors suivi par Walcott) pour faire la différence sur le flanc droit de la défense londonienne. Mais malgré cette domination de Liverpool dans l’entrejeu, traduite par une possession à 57/43 en fin de partie en faveur des Reds, les centres n’arrivent pas à destination. Replacé axe droit après la sortie de Koscielny et l’entrée de Miquel, Vermaelen renvoie tous les ballons au premier poteau.

Arshavin et Nasri ont les clés :

Lorsqu’ils n’ont plus le ballon, les Reds se replacent dans leur moitié de terrain. En début de partie, c’est une ligne de cinq joueurs à plat (avec parfois des sorties de Henderson sur le porteur) qui fait face à la relance des Gunners. Il faut attendre le milieu de la première mi-temps pour voir ses derniers entreprenants dans les trente derniers mètres adverses.

Ce repli rigoureux des Reds dans leur moitié de terrain (au niveau de leurs 40 mètres) a pour conséquence d’offrir une certain sérénité au duo Ramsey-Frimpong, constamment en surnombre dans l’axe malgré quelques montées de Henderson au pressing. Les choses se corsent au moment de rentrer de s’enfoncer dans le camp adverse. Les deux lignes défensives des Reds sont extrêmement resserrées et bloquent les solutions de passes vers le quatuor offensif. Walcott et Van Persie, censé être les deux joueurs les plus offensifs, sont ainsi quasiment introuvables en première mi-temps (3 et 6 ballons joués).

A l’inverse, Nasri et Arshavin tentent d’offrir des solutions en plus des montées de Sagna et de Jenkinson sur les cotés qui permettent au moins d’occuper les couloirs et d’empêcher la ligne de cinq des Reds de se refermer dans l’axe pour mettre la pression sur Frimpong et Ramsey. Bref, Nasri est le premier à décrocher. Suivi à la trace par Lucas Leiva, le Français réussit plusieurs reprises à faire la différence en solitaire pour effacer le premier rideau des Reds. Malheureusement, arrivé lancé devant la défense, il ne réussit jamais à faire le bon choix, tentant à plusieurs reprises sa chance de loin.

De son côté, Arshavin profite des montées régulières de Sagna pour rentrer dans l’axe et offrir une solution entre l’ailier et le milieu axial de Liverpool le plus proche. Souvent servi, le Russe a néanmoins beaucoup de mal à enchaîner dans cette position intermédiaire, mis en difficulté par le repli rapide des milieux et le besoin de jouer très rapidement. A l’inverse, Van Persie réalisera superbement le même type de déplacement en deuxième mi-temps, Walcott repiquant dans l’axe pour prendre sa place en pointe dans le même temps. A l’arrivée, outre ce mouvement bien précis, Arsenal se montre surtout dangereux grâce aux accélérations de Nasri, imité à deux reprises par Frimpong qui, venant de l’arrière sans adversaire direct sur le dos, pose quelques problèmes aux Reds. Mais s’ils franchissent le premier rideau, le manque de soutien et le surnombre en faveur des Reds les empêchent d’enchaîner dans les vingt derniers mètres.

Frimpong out, Suarez in :

Malgré ces difficultés tactiques, Arsenal semble plus à son avantage en deuxième mi-temps. Les transmissions sont plus rapides et Van Persie est même tout près d’ouvrir le score, profitant d’un gros pressing (à la limite du correct) suivi d’un bon service d’Arshavin. Malheureusement pour les Gunners, une minute plus tard, Frimpong est exclu pour un second carton jaune (qui lui pendait au nez depuis le premier, pris en tout début de partie). Réduit à dix, Arsenal perd un récupérateur et un relanceur. Wenger corrige le tir quelques minutes plus tard avec l’entrée de Lansbury à la place d’Arshavin. Nasri est désormais la seule cible pour accélérer le jeu. Et Van Persie est plus que jamais seul devant.

De son côté, Dalglish lance Suarez lors de l’arrêt de jeu provoqué par l’expulsion de Frimpong. Etonnamment, l’Uruguayen remplace Carroll et évolue donc seul en pointe. Au même moment, Kuyt est remplacé par Raul Meireles. Le Portugais travaille de la même manière que son prédécesseur, permutant avec Henderson sur le côté droit. Mais surtout, il noue une excellente relation plein axe avec Suarez. Plus vif que Carroll, l’Uruguayen reprend le registre qui était le sien face à Sunderland ; à savoir un appui dans l’axe entre les deux lignes adverses. Et il réalise presque un sans-faute, en plus de son implication plus ou moins directe sur les deux buts.


by Guardian Chalkboards

Conclusion :

En grosse difficulté pour ressortir de sa moitié de terrain, sans solution devant, Arsenal finit par logiquement craquer dans le dernier quart d’heure sur des enchaînements parfaits des offensifs adverses. S’il est difficile de passer outre tous les pépins qui ont émaillé la rencontre et la pré-saison des hommes de Wenger, la défaite n’est pas à imputer au mauvais sort. Arsenal n’a eu que très peu la main sur les 90 minutes de jeu, dominé notamment dans une zone du terrain (le milieu) où il avait l’habitude d’écraser ses adversaires il y a quelques mois. Une semaine difficile commence pour les Gunners…

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1 réponse

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