Arles-Avignon (face à Toulouse), quel est ton projet ?

Seize recrues, une équipe à construire de A à Z, des déclarations déjà fracassantes, des joueurs pas tous au même niveau physique : j’étais dans l’obligation de suivre au moins une rencontre du début de saison d’Arles-Avignon. Histoire de voir la bestiole. Pour ne pas prendre n’importe quel match, j’ai choisi celui des extrêmes, entre des Arlésiens déjà derniers et un Téfécé désormais seul en tête du championnat. Et je n’ai pas été déçu, il y a des choses intéressantes dans cette équipe.

Les bases :

Qui dit onze de départ complètement renouvelé entraîne forcément la mise en place d’un schéma de jeu basique, au moins pour les premiers matchs. Face à Toulouse, Arles-Avignon s’est donc organisé dans un 4-4-2 des plus classiques au coup d’envoi. Rapide présentation des joueurs : Planté dans les buts ; de droite à gauche, Ayasse, Mejia, Erbate et Fanchone en défense ; Piocelle et Basinas dans l’entrejeu ; Dja Djédjé à droite, Meriem à gauche ; Kermorgant en soutien et Charisteas à la pointe de l’attaque.

A la découverte de ce onze de départ, j’ai rapidement dégagé quelques points sur lesquels je me suis particulièrement intéressé : le partage des tâches entre les deux attaquants (Kermorgant et Charisteas) et le comportement des joueurs de couloir, les ailiers (imaginant un Meriem plus attiré par l’intérieur et un Dja Djédjé collant à la ligne de touche) et les latéraux (peu offensifs vu les conditions). La paire de l’entrejeu (Basinas-Piocelle) ne me paraissait pas avoir une capacité suffisante pour porter des solutions devant.

L’animation offensive, en quelques clés :

Les deux attaquants ? Dès les premières minutes de la rencontre, les rôles étaient très clairement définis. Charisteas restait dans l’axe et en pointe et Kermorgant travaillait sur tout la largeur de la première moitié du camp toulousain. Plus précisément, le Grec est là pour jouer les duels (notamment dans les airs) et l’ancien joueur de Reims décroche entre les lignes toulousaines pour proposer des solutions dans les intervalles (que ce soit sur des relances axiales ou des ballons venant des ailiers).

Les ailiers ? Si Meriem a souvent touché le ballon sur l’aile à la médiane avant de revenir à l’intérieur, Dja Djédjé n’a pas du tout opéré comme l’ailier pur tel que je l’avais imaginé. En phase offensive, il s’est souvent retrouvé en position de deuxième attaquant, tournant autour de Charisteas lorsque Kermorgant décrochait pour organiser le jeu. Sur les contres, sa vitesse était recherchée en priorité par ses dix autres coéquipiers. A noter que les deux ailiers ont permuté en cours de première période.

Les latéraux ? Très peu utilisé, mis à part sur des montées où ils étaient sûrs de pouvoir créer le décalage. Aucun risque n’a été pris à ce niveau-là.

Sans le ballon, SO-LI-DA-RI-TE :

Rien de bien innovant là non plus. Arles-Avignon a logiquement défendu en se basant sur deux lignes à plat de quatre joueurs chacune, les ailiers redescendant à hauteur des milieux axiaux. Kermorgant apporte parfois son soutien lors des dépassements de fonction des défensifs adverses tandis que Charisteas traîne autour du rond central pour gêner quelques relances. A noter qu’ils sont aussi les deux solutions privilégiés de relance, le premier au sol, le second dans les airs. Deuxième remarque, les latéraux qui vont parfois au pressing sont dans le meilleur des cas couverts par les milieux axiaux.

Le point fort :

Annoncé en manque de rythme, Charisteas n’a pas eu besoin de beaucoup bouger pour faire mal aux défenseurs toulousains. Pendant une bonne partie de la rencontre, il a dominé de la tête (surtout) et des épaules tous les Toulousains qui sont venus se frotter à lui dans le domaine aérien. Il a ainsi dévié de nombreux ballons de relance arlésiens mais ils n’étaient pas assez nombreux autour de lui pour en profiter pleinement. Lui-même avait d’ailleurs du mal (logique) à suivre les actions derrière. Mais avec lui en tant que pivot, Arles-Avignon a un atout très intéressant à exploiter. Reste à savoir s’il est aussi dominateur dans la surface de réparation.

Le point faible :

Si on n’a pas vu le Grec dans la surface, c’est surtout parce que très peu d’actions ont abouti sur les ailes. Il y a bien les deux centres en retrait en milieu de première période mais, plus généralement, le volume de jeu des ailiers a été très insuffisant. Plus que dans la percussion, c’est dans la circulation du ballon qu’ils ont été défaillants. Redescendant très bas en phase défensive pour aider leurs latéraux, Meriem et Dja Djédjé ont le plus souvent manqué d’application dans leur propre camp pour aider leurs défensifs à relancer et à se défaire de la pression quasi-constante des Toulousains. Résultat, Arles a dû s’entêter dans l’axe à plusieurs reprises… Et s’est notamment fait punir sur l’ouverture du score de Braaten.

La suite…

N’ayant pu regarder la deuxième période dans de bonnes conditions (il faut bien se nourrir, ndla), il m’a simplement paru que le passage en 4-3-3 (Kermorgant out pour N’Diaye) a réglé une partie du problème des ailiers légers à la relance en les faisant monter d’un cran tout en ajoutant un milieu de terrain dans l’axe (replacement de Meriem) pour s’en charger. L’ancien Monégasque s’est d’ailleurs montré beaucoup plus à son avantage dans ce deuxième schéma et ce, malgré une mi-temps dans les jambes. A l’arrivée, Arles-Avignon s’incline mais paraît avoir des armes intéressantes pour la lutte pour le maintien, Charisteas en tête et 4-3-3 à revoir.

1 réponse

  1. alex dupond dit :

    Un Super blog comme je l’ai apprécie, bravo, encore bravo .

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