Analyse Italie 2-3 Slovaquie : Ciao !

Il ne faisait pas bon être un finaliste du dernier Mondial cette année. Après la France, le champion du monde italien a dit adieu à la compétition hier après une défaite face à la Slovaquie. Comme les Bleus, la Nazionale quitte l’Afrique du Sud sans avoir gagné le moindre match mais en s’étant au mois accordé un baroud d’honneur dans le dernier quart d’heure de son match face à la Slovaquie. Jusqu’à la dernière seconde, les hommes de Lippi, emmenés par Quagliarella et Di Natale, nous ont fait croire qu’ils pourraient passer « à l’italienne » comme leurs prédécesseurs. Mais pas cette fois. Retour et analyse de ce faux-pas du futur ex-champion du monde.

La feuille de match :

Au coup d’envoi, Lippi décide enfin de décoller Iaquinta d’une aile où il n’est pas à l’aise pour le mettre en pointe. Il permet ainsi à Di Natale de rentrer dans le onze de départ sur le côté gauche. Pepe est à droite. Les deux hommes encadrent un duo Gattuso/Montolivo couvert par De Rossi. Le back four se compose de droite à gauche de Zambrotta, Cannavaro, Chiellini et Criscito, Marchetti gardant les cages. Côté Slovaque, on a droit à un 4-2-3-1 très renforcé au milieu de terrain avec Hamsik en soutien direct de Vittek dans une relation de type Gourcuff/Chamakh.

Première mi-temps :

1′  : De Rossi évolue bien en dernier rempart devant la défense italienne. Le Romain couvre ainsi le travail des deux autres milieux de terrain (Gattuso et Montolivo) qui ont pour rôle de harceler leurs adversaires slovaques dans la zone du rond central pour récupérer des ballons et relancer rapidement vers les attaquants.

3′ : Di Natale est très actif depuis le début de la rencontre. Positionné à gauche lorsque l’Italie n’a pas le ballon, il se mue en un véritable attaquant qui tourne autour de Iaquinta lorsque la Squadra le récupère. Sur le tableau noir, il offre ainsi une solution de passe vers l’avant immédiate en cas de récupération haute de Gattuso et Montolivo. Mais dans les faits, les deux harceleurs peinent à exister dans l’entrejeu. A contre-temps, ils sont facilement mis hors de position par des Slovaques en surnombre dans cette zone du terrain (milieux axiaux, latéraux et décrochages des offensifs) et travaillant sur toute la largeur.

6′ : Première occasion du match. Slovaque. Vittek dévie pour Hamsik qui, entre les deux défenseurs centraux, volleye à côté du but.

15′ : L’Italie abandonne la possession du ballon. Elle compte sur ses harceleurs du milieu de terrain pour contrer rapidement les Slovaques derrière avec Iaquinta et Di Natale.

20′ : Gattuso et Montolivo sont dépassés. Lippi change ses plans. Le schéma reste asymétrique mais Pepe passe sur le côté gauche, Iaquinta s’excentrant côté droit en cas de besoin ou d’espaces à prendre. Gattuso se retrouve lui aussi dans ce couloir, De Rossi monte d’un cran et s’installe aux côtés de Montolivo. Le tout ressemble à un 4-4-2 mais l’amélioration ne se fait pas sentir immédiatement.

24′ : Manque de bol pour les Italiens, une mauvaise relance de De Rossi et voilà l’ouverture du score slovaque par Vittek. 1-0.

36′ : Les Slovaques mettent la pression sur les milieux italiens. Ces derniers ont d’énormes problèmes dans le jeu court de préparation. Du coup, ils allongent vers Iaquinta qui ne prend jamais le meilleur sur Skrtel. Quand les Slovaques remontent, Montolivo vient s’opposer au niveau de Di Natale et Iaquinta mais les Slovaques s’en sortent sans ciller en passant par les côtés. L’Italie court après le ballon et ne peut pas mettre en place ses contre-attaques partant du milieu. Di Natale se retrouve obligé de décrocher au niveau de Montolivo et Pepe pour aider à la remontée du ballon.

Deuxième mi-temps :

46′ : Quagliarella remplace Gattuso. Maggio rentre à droite, Criscito ayant laissé son couloir gauche à Zambrotta. Le 4-4-2 s’équilibre : Quagliarella prend la place de Gattuso à gauche, Di Natale passe dans l’axe et tourne autour de Iaquinta. Pepe reste à droite. De Rossi et Montolivo tiennent l’axe. Et les latéraux, Maggio en particulier, apportent le surnombre en phase offensive.

56′ : Où l’on voit toute l’importance de l’apport offensif du latéral. Pour faire un renversement de jeu, l’Italie devait passer par : le latéral qui tient la balle à gauche, son milieu axial le plus proche, Di Natale en décrochage, l’ailier droit. Lorsque Maggio s’infiltre au milieu de terrain : le latéral gauche, l’axial le plus proche, Maggio qui monte et se retrouve avec deux solutions, l’ailier droit ou Di Natale dans l’espace devant lui. Il choisit la deuxième mais l’attaquant de l’Udinese manque le cadre. Pirlo entre en jeu à la place de Montolivo.

62′ : Partage des tâches entre Pirlo et De Rossi : le Milanais reste en retrait et oriente latéralement tandis que le Romain va apporter son écho aux attaques. L’entrée en jeu du premier permet à l’Italie de sauter deux relais lorsqu’elle veut changer le jeu. Même s’il n’est pas à 100%, cela n’a pas de prix…

65′ : L’Italie rend hommage à Bernard Lions et Horsjeu.net et s’anime comme une fusée à trois étages. Pirlo/De Rossi, Quagliarella/Pepe et Di Natale/Iaquinta. Deux minutes plus tard, Skrtel sauve la Slovaquie en repoussant une tentative de Quagliarella sur sa ligne de but.

71′ : C’est parti pour une session de Hourra Football. La Slovaquie défend mais profite des espaces laissés par les milieux de terrain italiens pour exploser rapidement en contre-attaque. Hamsik et ses potes manquent de conclure deux balles de break. Vu que le reste de l’équipe ne ressort plus vraiment de ses 40 mètres, le ballon revient aussi très vite dans le camp slovaque. Le match s’emballe enfin !

75′ : Corner pour la Slovaquie. Renvoyé. Ca revient. Vittek coupe au premier poteau. 2-0.

Conclusion :

La suite, vous la connaissez et j’étais au téléphone. Du Hourra Football comme on l’aime : les systèmes ont volé en éclats mais, une fois n’est pas coutume, c’est l’Italie qui s’est faite avoir à l’arrivée malgré le magnifique but de Quagliarella. Le Napolitain est d’ailleurs l’un de mes grands regrets de cette Coupe du Monde. Je pense qu’il aurait pu être très intéressant en étant aligné d’entrée avec Di Natale et Pepe. Mais de toute façon, le gros point faible de l’Italie était bien évidemment derrière avec une charnière centrale Cannavaro-Chiellini qui a été complètement dépassée par les évènements. Rendez-vous dans quatre ans.

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